> i I r ' r r-*£ , < « *T * (jAAAAJUL.b >~; >.. , tgQC39b> ^3S$$ I» LE REDIGE ET PUBLI KU'KNAUHiS ORCHIDEES 1 1 GUIDE PRATIQUE DE CULTURE i - i ;: la ■" PAU IË LUCIEN LINDEN f| *■ Adminisli nteur- Directeu r de • L'Hortit-ultu re Internationale • raJ '" Secrétaire de • L'Orchidéennr • i AVEC LA COLLABORATION DE MM. : a £ J. Lindi n, Canne du Iîi vsson, de Lansb i , (i. Wakoi gué, Comte de Mur an, Ma . ÉM. RODIOAB, l'istK, A. COQNIAUX, O. JORIS, A. \'i\ Im-i HOOl . Fr. Di 5BOIS, D« (i. VON Ili.l RDT, E. BERGMAN, E. S. Kami, a. Dai i emaoni . Ch. Van Wambbki . A. Bli d, «. s « , |to^'i- Vas I.Varjbnbw9KY, Cahuzac, D r Capart, James O'Brien, ^ jn f J. DDTRIBI I' rBRDONCK, O. DB KlRCHSBBRO, Vicomte DE NOVION, G. TRUFFAUT, | D. TRBYBRAN, Ci. KlVuls, II. CORBBVON, D r Max ReICHENHBIM, g g " A. Dai in Ki, F. Keoeljan, O. Hai.ii>-. G. Mitbau, A.di la Dbvansaye, R. Johnson, " | (s ■■• CE I Bi chère, A. Hubbrt, dbMeulena ...g [S .i; ,, G. DlRETTI, A. VAN DEN HBEDE, A. WlNCQZ, G. KITTEL, [| Baron de MbilBAND, D« Mi i i i IK, l> r V.is L'ai rwi i ai m r, J. NûTZLI, E. 13akti:l <* | et la Cheà de Culture de < L'HORTICULTURE In TLKNATIONALE. » 2ra li :l à- si I :: ;: | £ 6 mc Année. — 1895 ■s GAXI) 3| ! S ^ IMPRIMERIE BUG. VANDER HAEGHEN, RUE DES CHAMPS Sp rai '• o* S I ; MDCCCXCV 2 - S] * année. |6 MARS 1895 Numéro 121. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE Cl LTURE IFL É ID I O- É ET IP TT B L I É LUCIEN LINDEN Aiiniinistnitinir-nin'ctctir de LHOBTIOUMUKI Internationale Secrétaire de L'Orchidéknnk AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Llndon. Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Mnx Garnier, Ém. Rodigaa, Funck, A. Cogniaux, G. Joria, E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desboia. D' G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, Ch.Van Wambeke, A. Bleu, D r Van Cauwelaert, Ch.Vasseur, Comte de Bousies, J. Nôtzli. Cahuzao, D r Capart, James O'Brien, J. duTrieu deTerdonck. O. de Kirohaberg, Vicomte de Novion, G. Truffaut, D. Treyeran, G. Rivoia, H. Correvon. D r Max Reichenhcim, A. Dallière, F. Kegeljan, O. Ballif. G. Miteau, R. Johnson, C. EUnor, Ch. de Bosschere, A. Hubert, A. de la Devansaye. FI. Claes, do Menlonaere, F. délia Porta, G. Diretti. A. van den Heode, A. Wincqz, G . Kittel. Baron do Meylhand, D r Muller, Henri Hermieux, O. Altenhoff, E. Bartel et lea Chefs do Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de l'Abonnement : 10 francs par an POUR TOUTE LUNION POSTALE l'iii'iiit 1<» 1" ot le 1<( «1© ohaqve moiis O* HMBONIVE AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES tr ii i-'i-.i 1 1 . ■• - m. i). doin, ftditeur, -, i •: ,.-.• ,i.- r< ).t.-,.n, l'AHis. 0»nd, Inipr. 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Diri i ri, A. van dbn Hi i di . A. Wincqz, G. KlTTEL, B«»DI Ml VI HAND, I " M II, U.K. HENRI HERMIEUX, O. ALTENHOFF, E. BAI et lei Chefe de Culture de i L'HORTICULTURE INTERNATIONALE.» 6™ ANNÉE GAND [MPRIMERIE EUG. VANDER HAEGHEN RUE DES CHAMPS "«95 16 MARS 1895 r PETITES NOTES SUR LES ORCHIDÉES D'AMATEUR SOPHRONITIS CERNUA. -- Aucune collection ne devrait être dépourvue de cette charmante petite espèce, l'une des Orchidées qui demandent le moins de soins et de peine, et l'une des plus gentilles parmi les plantes miniatures, qui ne prennent pas de place et ornent d'une façon attrayante le faîte du vitrage. Encore plus modeste que son célèbre congénère le S. grandiflora, le S. cernua a de petits pseudobulbes plats appliqués les uns contre les autres, et se prête ainsi admirablement à la culture sur bloc. Ses fleurs, petites réduc- tions de Laelia, sont grandes par rapport aux organes végétatifs, et ont un coloris rouge éclatant, moins pourpre et plus vermillon que dans le S. graiuli- flora, relevé de jaune clair à la gorge du labelle. Cette espèce se cultive en serre froide et doit être seringuée fréquemment. * * * BATEMANIA COLLEYI. On ne rend pas suffisamment justice à cette plante, qui n'est pus connue comme elle devrait l'être; pourtant son seul défaut est d'être assez ancienne déjà. Ainsi qu'on pourra le voir en se reportant à la Lindenia, où elle a été figurée, cette plante a une floraison très gracieuse et d'un très bel effet. Les fleurs, au nombre de cinq environ par grappe, se présentent très bien, en racème fiexueux un peu élevé au-dessus des pseudobulbts. Elles sont assez grandes, d'un brun rougeatre brillant et luisant, avec le labelle tacheté de rouge sur fond blanc jaunâtre; le vert sombre des pseudobulbes les fait très bien ressortir. La floraison de cette espèce se produit au mois de mars, et dure longtemps. Pour le port, cette plante rappelle assez les Maxillaria, et sa floraison a un peu le même caractère, quoique les pétales ne soient pas allongés comme dans beaucoup de Maxillaria. Au point de vue botanique, le Batemania est plutôt voisin des Zygopetalum, et c'est â ce genre qu'ont été rattachées par Bentham LE JOURNAL DES ORCHIDEES toutes les autres espèces qui composaient auparavant le genre assez confus des Batemania, de sorte que le B. Colleyi est le seul qui reste authenthique. Au point de vue de la culture, le B. Colleyi doit être traité comme les Paphinia. * * * VANDA MASSAIANA. — Un abonné nous demande des renseignements sur cette plante ; c'est une forme rentrant dans la section du V. Batemani ou Stattropsis lissochiloides, et qui a été introduite par M. Auguste Linden en 1S88; elle est restée très rare depuis lors. * * * CYPRIPEDIUM ROTHSCHILDIANUM. — Lors du référendum ouvert par ce journal en 1890 pour le classement des plus beaux Cypripedium, cette espèce n'a pas été classée au rang qu'elle méritait, et ce résultat ne peut s'expliquer que par le fait qu'elle n'était pas suffisamment connue. Aujourd'hui qu'elle l'est davantage, j'estime qu'elle serait placée probablement au deuxième rang, immédiatement après le C. Stonei platytaenium. Ses fleurs, qui ont une très longue durée, sont d'un coloris superbe et produisent un effet très imposant par leur disposition en grappe au nombre de trois ou quatre. Peu d'espèces ont des dimensions aussi grandes; certaines belles formes que nous avons admirées aux meetings de L'Orchidéenne, mesuraient 59 milli- mètres de largeur au pavillon, et 149 millimètres de longueur de pétales. La gravure ci-jointe, que le Journal des Orchidées doit à l'obligeance de son confrère le Gardeners' Chronicle, montre bien la splendeur de cette espèce. Le C. Rothschildianam appartient au même groupe que les C. Stonei, C. praestans et C. pliilippincnse; il réclame, comme ces espèces, beaucoup de chaleur et d'humidité; après l'achèvement de la pousse de l'année, il est bon de lui donner des arrosements moins fréquents pendant deux mois environ, tout en tenant compte de ce fait que les Cypripedium ne pourraient évidem- ment pas supporter un repos aussi prononcé que les Orchidées à pseudobulbes. Puis une nouvelle pousse se développe, et la floraison apparaît vers l'été sur la pousse de la saison précédente. * * * MESOSPINIDIUM (Cochlioda) VULCANICUM GRANDIFLORUM. — Cette espèce est certainement une des Orchidées qui font le plus d'effet dans la serre - T. ÇAf{OCHf\0// LE JOURNAL DES ORCHIDEES froide, où les coloris blancs et jaunes des Odontoglossum font merveilleuse- ment ressortir son rose magenta pourpré, nuance à peu près unique dans la famille et remarquablement belle. La forme de ses fleurs est très élégante, et les dimensions qu'elles atteignent dans la véritable variété grandiflorum, sont égales à celles de Y Odontoglossum crispum, quoique les segments soient beau- coup moins larges, comme on le sait. Le genre Cochlioda n'est guère étendu, mais il est certainement un des plus attrayants qui existent. Le C. vulcanica et le C. Nôtzliana, avec leurs coloris si distincts et si riches, possèdent un éclat exceptionnel. Culture en serre froide, comme pour les Odontoglossum, en récipients de petite taille posés ou suspendus près du vitrage. * * * DENDROBIUM TRANSPARENS. — Le nom spécifique de ce Dendrobium n'est pas une recommandation, et je crois que la plupart des amateurs qui ne connaissaient pas encore la fleur ont dû être fâcheusement impressionnés la première fois qu'ils ont vu le nom ; il serait injuste cependant de dédaigner cette très gracieuse espèce. C'est une sorte de miniature du D. nobile, d'un coloris très analogue au sien, mais plus bleu avec les fleurs plus petites et ayant moins de substance. En revanche, elles sont extrêmement nombreuses, et la plante forme un petit buisson tout chargé de fleurs, d'un effet très attrayant. Sa culture est la même que celle du D. nobile. * * * ODONTOGLOSSUM BLANDUM. - - Un correspondant m'envoie un petit fragment d'inflorescence de cette espèce en me demandant si c'est l'O. cir- rhosum. Ces deux Odontoglossum, en effet, présentent entre eux une certaine analogie ; mais le contraste des couleurs est plus vif et plus beau dans l'O. blandum, et ses fleurs sont plus petites. Il a, lui aussi, les sépales et les pétales blancs tachetés de pourpre brunâtre, mais le labelle, au lieu d'être triangulaire, pointu en avant, comme dans le cirrhosum, est élargi à la partie antérieure ; cet organe est blanc tacheté de pourpre, avec le disque jaune vif. L'O. blandum, comme l'O. cirrhosum, se cultive dans une partie de la serre froide un peu moins aérée et un peu plus tempérée que celle qui convient aux crispum. * * * if) MAKS 1K05 ONCIDIUM CONCOLOR. Alors que la plupart des Oncidium produisent des fleurs d'un coloris mélangé de jaune et de brun, YO. concolor présente la particularité d'avoir des fleurs entièrement jaunes, d'un beau jaune vif, avec le revers des segments d'un jaune pâle mat. Ces Heurs, en outre, sont grandes, bien étoffées, avec le labelle très ample, et elles sont produites en grand nombre sur des grappes d'une disposition très harmonieuse. C'est en somme une des espèces qui donnent le plus d'éclat aux serres pendant la première partie du printemps. La culture qui lui convient est celle de la serre tempérée-froide. * * DENDROBIUM FINDLAYANUM. Un amateur m'envoie un fragment de bulbe de cette espèce, bien chargé de fleurs grandes et bien colorées. C'est .1 vrai dire un peu tôt encore, et la plante de mon correspondant était légère- ment en avance, car l'époque de floraison régulière est vers le milieu ou la fin de II: Les Dendrobium de cette section, à bulbes curieusement noueux portant à chaque nœud un petit bouquet de fleurs, sont ravissants en général, et le />. / indlayanum compte parmi les plus beaux. Il est de croissance et de florai- son vigoureuses. Ses fleurs, à segments larges et étoffés, à labelle arrondi très ample, ont les pétales et les sépales blanc de lait, maculés de rose magenta aux pointes; le labelle est blanc avec la pointe maculée de rose plus vif et la gorge ornée d'une grande macule jaune orangé. Cette espèce, originaire du Moulmein, réussit bien dans la serre chaude aérée, de préférence suspendue près du vitrage, avec autant de lumière que possible, sans être cependant exposée aux rayons directs du soleil pendant l'été. Elle demande beaucoup d'eau pendant la saison de végétation, comme la plupart des Dendrobium. TRICHOSMA SUAVIS. — Cette Orchidée est actuellement en fleurs chez plusieurs amateurs, quoique chez d'autres elle fleurisse à d'autres époques de l'année, notamment a la tin de l'été ; cela dépend de l'achèvement de la pousse. Les fleurs sont relativement petites, mais elles sont charmantes, d'un coloris très beau, bien groupées en petites grappes serrées, et elles ressortent à merveille sur le vert foncé des feuilles qui surmontent les pousses. Elles sont, de plus, très agréablement et doucement parfumées. 1 / . u'a pas de pscudobulbes, mais des tiges revêtues d'écaillés à la IO LE JOURNAL DES ORCHIDEES base, et surmontées de deux ou trois feuilles. Il réussit bien en serre tempérée, placé près du vitrage avec beaucoup de lumière, mais sa culture diffère de celle qui convient aux Cattleya de cette serre en ce qu'il doit recevoir des arrosages assez fréquents même après l'achèvement de ses pousses ; en effet, n'ayant pas de réserves, il ne saurait supporter la sécheresse et n'a pas besoin de repos bien prononcé. Mas de Vallia. l'aération des serres M. le D r Max Reichenheim a eu l'obligeance de me faire parvenir un numéro de la Gartenflora, de Berlin, dans lequel il a publié une étude sur « l'utilité d'une ventilation perfectionnée de nos serres à Orchidées pendant l'hiver. » Cette étude, très détaillée, très documentée, dans laquelle M. Reichenheim expose, non pas de simples et abstraites théories, mais le résultat d'essais effectués par lui dans sa collection, mérite l'attention des cultivateurs d'Orchi- dées; comme son étendue ne me permet pas de la traduire in extenso, je me bornerai à la signaler à mes lecteurs, et à la résumer brièvement. * , M. Reichenheim constate d'abord les grands progrès accomplis de notre temps dans la construction et l'aménagement des serres, au point de vue notamment de l'éclairage et du chauffage ainsi qu'au point de vue de la nutrition des plantes (choix du compost). En ce qui concerne la ventilation, il n'en est pas de même, du moins dans la théorie générale. Les dispositifs adoptés sont devenus plus maniables et de nature à rendre la tâche du jardinier aussi aisée que possible ; mais il semble que le principe soit resté le même définitivement, comme s'il n'était plus susceptible de perfectionnement, et que l'on n'ait pu rien imaginer désormais, pour renou- veler rapidement et complètement l'air d'un local chauffé, en dehors de cette conception primitive : faire une ouverture au point le plus élevé et une au point le plus bas, pour l'évacuation de l'air vicié et l'introduction de l'air pur. Mais il est indiscutable, comme le dit M. Reichenheim, que les appareils de ventilation les meilleurs en apparence ne rendent aucun service lorsqu'on les l6 MARS 1895 tient fermes, et c'est ce qui a lieu forcément dans nos serres, lorsque la tempe- rature extérieure s'abaisse au-dessous de o", ou même moins en ce qui concerne les compartiments tempérés et chauds. Lorsque le froid se prolonge pendant plusieurs semaines, comme cela arrive assez fréquemment dans nos climats, les serres restent closes pendant le même laps de temps, et si l'on veut aérer, on constate vite les inconvénients de cette tentative. Il est vrai que l'on peut proposer théoriquement d'ouvrir simultanément un ventilateur en haut et un en bas, de telle façon que l'air chaud vicié s'échappe par le sommet et que l'air froid s'introduise par le bas en s'échauffant à son passage sur les tuyaux du thermosiphon. Mais ce fonctionnement n'est pas aussi certain dans la pratique que dans la théorie, et lorsque la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur est très grande, l'air froid se préci- pite du sommet dans la serre au grand détriment des plantes. En ce qui concerne les Orchidées, la question a une importance toute parti- culière, parce que les plantes réclament un air très pur et très humide; et quoique l'humidité leur soit moins nécessaire pendant l'hiver, époque où elles Bont en repos, l'air des serres ne doit cependant pas être trop sec. M. Ki.k HBNHBIM remarque avec raison que la culture des Orchidées ne pré- sente pas de difficultés particulières; beaucoup supportent, mieux que toute autre famille de plantes, des erreurs de traitement incroyables; mais il faut néanmoins tenir compte des besoins de chaque espèce si l'on veut obtenir de bons résultats. Qu'un Camellia, un Azalée, une Cinéraire perde une feuille, cet accident n'a pas grande importance; la feuille est vite remplacée; mais quand une Orchidée à feuilles persistantes perd une feuille, comme elle en a un très petit nombre, la plante perd souvent une année et manque sa floraison, surtout si c'est la jeune pousse qui a souffert, et même si le mal n'a pas de conséquences graves, l'aspect de la plante est toujours gâté par les feuilles tachées ou coupées. « Les taches sur les feuilles et la courte durée de la floraison des Orchidées, notamment des Cattleya, sont presque toujours dues à une trop grande humi- dité de l'atmosphère de la serre, » écrit M. Rbichbnhbim; et je suis tout à fait d'accord avec lui pour ce qui concerne la floraison, quoique la chaleur contribue aussi pour beaucoup à faire passer les fleurs prématurément. Quant aux taches des feuilles, je me permettrai de faire quelques réserves. 11 est bien certain que, comme le dit M. RBICHBNHBIM, l'humidité est une condition nécessaire au développement des moisissures, que les bactéries de la LE JOURNAL DES ORCHIDEES moisissure qui existent partout ne peuvent développer leur activité que dans l'humidité; mais on peut observer que, d'une part, il est indispensable que l'air des serres soit humide, et que d'autre part l'humidité n'est pas la seule condition nécessaire, sans quoi toutes les plantes, toutes les racines moisiraient. On ne peut songer dans les cultures à soustraire les plantes à l'humidité; c'est donc en réglant les autres conditions de la végétation qu'il convient plutôt d'éviter et de combattre la moisissure. Comte de Moran. (Sera continué.) REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES CATASETUM MACULATUM VAR. LUTEO-PURPUREUM Cogn. Sépales oblongs-ligulés, assez longuement acuminés, pourpres. Pétales obo- vales-oblongs, brièvement acuminés, pourpres dans la moitié supérieure, d'un blanc pourpré dans la moitié inférieure avec- de nombreuses petites macules d'un pourpre foncé. Labelle notablement comprimé latéralement, plus étroit vers l'ouverture qu'au milieu, à bords sans échancrures mais avec de très fines dents, d'un jaune orangé dans toute la partie antérieure, devenant plus pâle vers les bords postérieurs où il y a en outre des points pourpres, passant au vert tout au fond de la poche. Colonne d'un blanc jaunâtre, avec de nombreux points pourpres. * * * CATASETUM BUNGEROTHI VAR. AURANTIACUM Cogn. - - Fleurs très amples. Sépales et pétales blancs, légèrement nuancés de jaune, surtout à l'extérieur. Labelle très large, obscurément triangulaire, émarginé au sommet, à bords ondulés et finement dentés, d'un jaune orangé pâle devenant beaucoup plus vif vers le centre et surtout dans la cavité de la poche. Colonne d'un blanc un peu jaunâtre. — Figuré dans la Lindenia, vol. X, pi. 454. * CATASETUM SPLENDENS VARIÉTÉS NOUVELLES. — Trois variétés remarquables de cet hybride naturel se sont encore montrées dans ces derniers temps à L'Horticulture Internationale : i° Var. album L. Lind. et Cogn. La grappe que nous avons reçue porte i d MAI; : i | neuf fleurs. Sépales d'un blanc un peu venlâtre. Pétales plus blancs, étroite- ment obovales. Labelle nettement tourné vers le haut, à bords finement denticulés-frangés, d'un beau blanc de crème, avec le fond de la poche seul un peu jaunâtre. Figurée dans la Lindenia, vol. X, pi. 455. Wir. Aliciae L. Lind. et Cogn. Sépales d'un rose vif. Pétales également d'un rose vil, ovales-lancéolés, longuement acuminés. Labelle d'un blanc pur, sauf une très légère teinte rosée sur le bord antérieur, et un peu de jaune- tout au fond de la poche, qui est assez large et à sommet arrondi. Colonne- un demi-centimètre plus longue que dans les autres formes, blanche, finement ponctuée de rose dans le tiers inférieur. — Dédiée à S. A. S. Madame la Princesse de Monaco, et figurée dans la Lindenia, vol. X, pi. 457. 3 Var. atropurpurcuvi L. Lind. et Cogn. Fleurs entièrement d'un pourpre très foncé, sauf la cavité de la poche du labelle et la partie supérieure de la colonne, qui sont d'un jaune orangé. — A fleuri sur la fin de décembre; figurée dans la Lindenia, vol. X, pi. 456. * * CATASETUM STUPENDUM Cogn. • Pseudobulbes coniques, un peu comprimés, annelés, hauts de dix centimètres. Feuilles allongées (38 cm.), oblongues-spathulées, un peu aiguës, longuement atténuées inférieurement. Grappes dressées, multiflores. Fleurs amples, assez longuement pédicellées. Sépales étroitement lancéolés, très aigus, à bords repliés en dedans, d'un brun foncé un peu pourpré avec une légère teinte verdâtre sur les bords, le dorsal dressé, les latéraux très étalés et un peu défléchis. Pétales linéaires-lancéolés, longuement acuminés, connivents avec le sépale dorsal, d'un brun foncé nuancé de vert. Labelle pendant, très charnu, un peu plus court que les sépales laté- raux, obovale-arrondi, non lobé, à bords assez longuement fimbriés, à limbe assez convexe, présentant un peu au-dessus de sa base un sac étroit et profond; face supérieure d'un beau vert clair avec de petites macules d'un brun pourpré, blanc autour de la poche; face inférieure brun foncé vers la base, le reste vert maculé de brun pourpre. Colonne dressée, épaisse, un peu rétrécie inférieure- ment, longuement rostrée au sommet, longue en tout de 5-5 '/. centimètres, d'un jaune verdàtrc, un peu maculée de brun pourpre: antennes allongées, la droite projetée en avant, la gauche flexueuse et rejetée à droite. Cette bien curieuse espèce, qui appartient à la section Myanthus du genre, a été introduite du Pérou. A. COGNIALX. 14 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES DENDROBIUM INFLATUM Rolfe. — Nouvelle espèce introduite de Java l'année dernière et qui y a fleuri pour la première fois au mois de juin 1894. Elle appartient à la section Pedilonum; ses fleurs relativement grandes sont blanches, avec une macule jaune près du sommet du labelle et une trace de rose pourpré sur l'onglet. Kew Bulletin, 1895, p. 6. * * * BULBOPHYLLUM DISCIFLORUM Rolfe. — Espèce remarquable intro- duite du Laos par L'Horticulture Internationale, et ayant fleuri pour la première fois dans cet établissement en octobre dernier. Elle présente la parti- cularité d'avoir les sépales connés à la base en formant un disque plat avec lequel la base des pétales est également soudée ; le nom spécifique fait allusion à cette particularité de forme. Les pétales semi-transparents sont blancs, avec une nervure médiane rouge-brun et quelques taches brunes sur les bords; les sépales sont couverts d'un grand nombre de petites macules rouge-brun sur fond jaune verdâtre clair. Le labelle est presque complètement couvert de petits verrues brun-pourpré cachant le fond plus pâle. Kew Bulletin, 1895, p. 7. * * * MAXILLARIA SANGUINEA Rolfe. — Espèce distincte et très gracieuse introduite du Chiriqui par M. James O'Brien, chez qui elle a fleuri pour la première fois en avril 1890. Elle est voisine du M. tenuifolia. Les sépales sont d'un rouge brunâtre, avec les pointes jaunes, les pétales sont jaune pâle, tachetés et marbrés de rouge-brun, et le labelle est carmin avec la crête pourpre noirâtre. Kew Bulletin, 1895, p. 8. Max Garnier. ORCHIDÉES EN AUSTRALIE Nous trouvons dans des notes envoyées au Gardencrs' Chronicle par un cor- respondant des Nouvelles-Galles du Sud d'intéressants renseignements sur la culture des Orchidées dans ce pays. L'auteur cite notamment un Dendrobium Bensoniae dont il a obtenu 140 fleurs, la plupart disposées par grappes de trois, un Cypripedium caudatum dont les pétales pendants mesuraient plus de 68 centimètres de longueur, un Cypripedium barbatwn, un Cattleya Mossiae, un 16 MARS 1895 15 Dciidrobium D'Albertisi, etc. Il décrit également l'arrangement d'une serre à Orchidées, et ce passage mérite d'être cité : « C'était d'abord un hangar couvert de broussailles pour la culture des Fougères; mais depuis, je l'ai recouvert d'un vitrage, car j'ai constaté que c'était nécessaire pour cultiver des Orchidées tempérées. Le côté sud (qui correspond à votre côté nord, et est le plus exposé aux vents froids) est une muraille en briques, recouverte pour l'effet rustique de morceaux de ce qu'on appelle terra-coita lumber (débris de terre-cuite), et contre laquelle se trouve une banquette inclinée ayant à peu près 60 centimètres de hauteur en arrière et 15 centimètres en avant, bordée également de débris de terre-cuite. Sur cette banquette sont plantées diverses Fougères froides, des Bégonia et des plantes ornementales; sur les morceaux de terre-cuite du mur, à la partie inférieure, des fougères naines; et sur les morceaux les plus élevés, des Orchi- dées, principalement des espèces Australiennes, qui promettent de prospérer. Je ne sais si les débris de terre-cuite ont déjà été employés en Europe pour la culture des Orchidées; si non, je les recommande vivement à l'attention des cultivateurs d'Orchidées comme drainage, spécialement dans les paniers et corbeilles, et aussi pour y cultiver les Orchidées directement. On peut décrire ces morceaux comme de la ponce d'argile. Ils contiennent dans leurs pores une grande quantité d'eau, à l'état doux et bien utilisable, à peu près de la même façon que le charbon. Comme vous le savez sans doute, ces débris sont fabriqués en mélangeant de l'argile grasse avec une quantité à peu près égale de sciure de bois ou de fibre végétale, qui laisse sa cendre après la combustion, de sorte que la matière est très poreuse. Je me sers de cette matière à peu près entièrement à la place des débris de tessons pour le drainage. Les racines d'Orchidées qui ne réclament pas beaucoup de soutien paraissent s'y complaire. J'ai actuellement en fleurs un Dendrobium du groupe undulatum, des lies Salomon, qui ne saurait guère être distingué du type par ses tiges et ses feuilles, mais a les fleurs très distinctes. Les sépales (tordus) ressemblent beau- coup à ceux du /). Johannis, mais sont d'un brun chocolat foncé. La gorge et le labelle, d'un blanc crème, sont très abondamment marqués de lignes es de la même couleur que les sépales. Le labelle porte quatre lamelles très proéminentes, et les fleurs ont à peu près la même grandeur que dans le D. Johannis, du même groupe. J'ai plusieurs autres Orchidées de cette partie du monde qui n'ont pas 16 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES encore fleuri dans ma serre, entre autres un Phalaenopsis. J'ai aussi quinze à vingt Orchidées différentes de la Nouvelle-Guinée. Malheureusement les exem- plaires sont généralement très petits. Une entre autres, que je crains bien de perdre, est très distincte des autres Orchidées. La collection d'où elles pro- viennent pour la plupart fut presque entièrement détruite par l'eau de mer. Cette dernière plante a la tige analogue à celle d'un Vanda très grêle, plus mince qu'un crayon, longue de 30 centimètres, les feuilles semblables à celles d'un Vanda mais plus courtes, longues de 5 à 7 centimètres, mais minces. Il y avait aussi une autre plante, du genre Vanda ou Saccolabium. J'ai remarqué dernièrement dans votre journal une description du D. Mac- gregori, et je crois l'avoir dans ma collection. Une Orchidée qui n'a absolument pas voulu pousser dans ma serre, ainsi que chez tous mes amis, c'est YOdontoglossiim grande. D'autres Odontoglossum prospèrent bien. Quant à cette espèce, j'ai essayé de la cultiver dans la serre que j'ai décrite plus haut, mais il semble qu'elle commence à languir dès son arrivée, et elle ne forme aucune pousse nouvelle. La température dans cette serre varie de 5 à 1S C. en hiver; en été, pendant la nuit, elle est ordinairement de 15 , quelquefois plus, et pendant le jour, de 21 à 32 C. Je viens de recevoir une fleur d'une Orchidée de la Nouvelle-Guinée qui, à part les pétales et sépales blanc crème, forme aussi exactement que possible le pendant du Dendrobium de la Nouvelle-Guinée dont je parlais plus haut. Le labelle et la gorge sont marqués de la même façon, mais plus légèrement, et les lamelles du labelle sont aussi très analogues. Je ne saurais à quoi com- parer la plante (tiges, etc.) de cette Orchidée de la Nouvelle-Guinée; les fleurs m'ont été adressées par un correspondant du Queensland septentrional. » H. D., Sidney. LE 56 e MEETING DE L'ORCHIDÉENNE » a eu lieu les 10 et II mars et a obtenu son succès accoutumé. Les principaux exposants étaient MM. Ch. Van Wambeke, Miteau, Comte DE Bousies, Madoux, G. Warocqué, de Lansberge, Van Imschoot, D'Capart, Linden, Rodigas, Vasseur, de Lombaeede, Moens et Knight (Directeur des Jardins Royaux de Laeken). Les visiteurs étaient extrêmement nombreux et ont admiré les superbes Orchidées exposées ainsi que les serres de L'Horticulture Internationale, qui n'ont jamais été aussi belles ni aussi riches qu'actuellement. i6 MARS t8g5 «7 PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE l l COLLECTION D'ORCHIDÉES du Jardin Botanique de Washington a failli, paraît-il, passer un mauvais quart d heure pendant les grands du mois de janvier dernier. Pendant la nuit du 13 au 14 de ce mois, la chaudière du therniosiphon a crevé ; dés que cet mi .1 été constaté, le directeur a réuni tous le.** jardiniers cl a t'ait improviser des feux dans les serres au moyen de poêles ordinaires. Les nuls du samedi au lundi furent sur- veiller le thermomètre, et l'un employa également de petits p. nies a la ga/olinc, jusqu'au moment ou la nouvelle chaudière qui avait été commandée eut ele mise en place, l'as une Orchidée n'a souffert. L'ancien therniosiphon fonctionnait depuis qua- ans. PANIERS ET CORBEILLES A ORCHI- DEES, Un correspondant du Gardtn and l'oral, de New-York, rend compte d'essais o| par un amateur de Chicago relativement .1 la culture des Orchidées dans des paniers. Cet ama- teur. M. Si un NINOl R, l'eu satisfait des formes ordinairement adoptées, avait entrepris de con- struire lui-même des corbeilles plus gracieuses; il se seri il d'abord des bois de cèdre, de pitchpin, de cerisier, d'érable, etc.. mais il finit pardonner la préférence au bois de Cyprès, qui est presque aussi durable que le cèdre rouge JtMIptrus virgi- mutin) et beaucoup moins cher. DE C. — Nous regrettons beaucoup de ne- pouvoir vous fournir le premier volume du Jour- nal ,/,j Orchiditt, qui est épuisé depuis plus de ma, Quant au second volume, il nous en reste encore une douzaine d'cxempl.. 1 LORA1SON DU PHALAJ NOPSIS "iPHRO- 1*1 11 . Un correspondant du Cardtners' Chro s rit .1 cet excellent journal : Il peut éire intéressant de remarquer que les inflorescences du P. Aphrodite ne se présentent pas toujours de la même façon. En novembre 1893, une plante de nos serres, qui portait cinquante (leurs épanouies, avait son inflorescence longue et ramifiée, semblable à celle du P. SchilUriana. Au mois de mars suivant la même plante avait une inflorescence avec quatorze Heurs, mais cette fois en forme de racème, ce qui est, à mon avis, beaucoup plus beau qu'une grappe ramifiée. CALORIFUGES (A. R.). — Non, vous n'auriez aucun intérêt à appliquer sur vos tuyaux de chauf- fage un calorifuge quelconque. Les calorifuges sont destinés à empêcher la chaleur de s'échapper, à la conserver à l'intérieur ; or les tuyaux ne sont pas destinés à retenir la chaleur, mais au contraire à la dégager par radiation pour la communiquer aux serres. Il est bien certain qu'en recouvrant les tuyaux d'un calorifuge vous aurez une moindre dépense de combustible à votre foyer, puisque la chaleur restera dans les tuyaux et dans l'eau ; mais aussi vos seiies seront moins chauffées, ce qui n'est pas ■ nient le but que vous vous propose/. Quand on veut diminuer le chauffage dans une serre, il suilit de fermer les vannes d'un ou plu- sieurs tuyaux, ou mieux encore, à ralentir la marche du foyer du thermosiphon. A UN < JARDINIER TRÈS SOIGNEUX. Il est certainement très rccommandable de laver la terre fibreuse et le sphagnum avant de composer leur mélange. Les pois et les tessons doivent aussi être bien lavés avant d'être em- I LA LIVRAISON DOUBLE de la Limirria. contenant huit des principales espèces nouvelles atasetum récemment introduites & Bruxelles, a produit une grande sensation. Ainsi que nous l'avions préwi, et d'ailleurs éprouvé nous-mêmes, une ne supposait que ce genre ancien pouvait léser*, er de si grandes et si merveilleuses surprises. Les journaux anglais et français traduisent cette impression générale et expriment l'admiration de LE JOURNAL DES ORCHIDEES tous les Orchidophiles devant cette superbe série de nouveautés. UN REDACTEUR D'UN JOURNAL HOR- TICOLE gantois le prend de haut — il est vrai qu'il aurait de la peine à le prendre autrement à moins de s'asseoir — avec un « Chroniqueur lior- ticole » belge pour lui dire que tout est pour le mieux du monde dans la meilleure des Sociétés de Botanique et d'Agriculture. . . et que le programme des expositions, ordinaires ou extraordinaires, du Casino est la perfection même, l'idéal du genre. Tout beau, mon cher Monsieur Josse, pensez- vous réellement qu'il en soit ainsi? Je crois que vous vous êtes attelé à la défense d'un bien mauvais procès et que l'honorable Pré- sident du Casino est beaucoup trop clairvoyant pour vous donner gain de cause. Nous voyons bien, lui et moi, le savant écrivain et l'horticulteur simonien, de temps à autre, les Orchidées d'un œil différent et nous pouvons nous critiquer mutuellement , avec une malice même spé- ciale — qui ne doit entamer en rien notre estime réciproque, ni les relations si courtoises que nous avons eues jusqu'ici — mais je suis persuadé que sur le terrain pratique comme sur celui du progrès, nos idées doivent se rencontrer et se sourire sou- vent (c'est du moins ainsi que cela devrait être). J'ai donc la conviction très intime qu'il est le premier à reconnaître que beaucoup de réformes s'imposent en matiè.e d'exposition, même et sur- tout à Gand, ce grand centre de l'horticulture belge. Et comme je le sais d'esprit très ouvert, très éclectique, j'attends de lui, de la Société qu'il préside avec une souplesse de talent et une énergie rares, l'application des réformes pratiques, réalisables, qui lui seront signalées avant 1898. J'espère bien que la dernière quinquennale gan- toise de ce siècle enterrera les vieilles coutumes, les « anciens errements. » J'en ai une quasi- certitude et j'attends avec confiance. JE SUIS TRES HEUREUX DE CONSTATER que le Journal des Orchidées a doublé le cap du renouvellement des abonnements par un beau fixe et qu'il est arrivé au port avec beaucoup plus de passagers qu'à son dernier débarquement. Le nombre des abonnés s'augmente considérablement d'année en année. C'est là une marque de sympathie et de satis- faction des abonnés qui ne peut me laisser indif- férent et que je dois reconnaître en tâchant d'amé- liorer de plus en plus le journal. UN ABONNE QUI REVIENT D'ANGLE- TERRE m'adresse une longue étude critiquant vivement un grand établissement d'importation des environs de Londres. Je ne puis publier cette note pour des motifs qu'on appréciera faci- lement, mais je puis dire que je désapprouve complètement une culture qui consiste à emma- gasiner sous les gradins et les tablettes des quan- tités immenses de vieille tannée sentant mauvais, remplie de champignons et d'insectes. Cela me paraît tellement extraordinaire que j'ai de la peine à l'admettre. Il me semble que mon abonné doit avoir mal vu — ? Je l'ai dit souvent : un des premiers principes, dans la culture des Orchidées, est la propreté la plus rigoureuse, l'air le plus pur, et rien ne vaut l'eau fraîche répandue en abondance sur des scories propres qui recouvriront le sol, sous les tablettes et gradins. Il faut éviter tout ce qui peut empester l'air, moisir les pousses, attirer et rete- nir les insectes. * * LES ENVOIS DE FLEURS ont encore été ex- trêmement nombreux cette dernière quinzaine. J'ai reçu des fleurs réellement superbes, surtout des Cattleya Trianae, provenant de nos dernières importations, qui placent décidément cette espèce à la tète du genre. J'ai communiqué directement avec la plupart de mes gracieux expéditeurs, mais je ne puis m'empêcher de relater ici une variété, de nouveau hors ligne, que mon excellent ami le Dr FISCHER veut bien dédier à ma fille aînée et nommer : Cattleya Trianae Luciennae, en souvenir de notre bonne et vieille amitié. C'est une fleur blanche immense; le labelle presque tout rond avec.au centre, une seule tache jaune orangé à reflets métalliques. C'était superbe ! Le D r Capart — les médecins ont une veine toute particulière — m'a remis une fleur d'une variété qui fleurit pour la troisième année et qui est bigarrée d'une façon étonnante, de rose foncé sur rose pâle. De M. Cavron est arrivé une grande fleur de Cattleya Schroederae, d'une tendresse de coloris infinie. Très belle variété. De M. Ragot est venue une fleur d'un Odon- toglossum très sombre qui nous rappelle l'O. Ne- vadense. C'est une forme très remarquable. M. le Dr Max Reichenheim m'a adressé deux superbes fleurs d'Odontoglossum : Un O. Halli leucoglossuiu admirable et un O. crisputn hybride, maculé rouge, formant une variété de tout pre- mier ordre. * LE PROCHAIN MEETING DE « L'ORCHI- DÉENNE » aura lieu le 24 mars prochain. » * UN CYPRIPEDIOPHILE. — Notre collabo- rateur, M. G. Miteau, habite à Jette-St-Pierre, près Bruxelles. Adressez lui vos critiques directe- ment, mais attendez-vous à une riposte vive et venant d'une bonne plume. l6 MARS 1895 1 ; A UN • JEUNE CULTIVATEUR. » — Le meilleur moyen Je p roté ger les tuteurs cl les étiquettes est Je les taire bonilKl dans l'huile de lin. Laisser bien sécher avant de s'en servir. l'aire de même pour les paniers en bois. NOUS POUVONS ANNONCER, dès mainte- nant, que des cours de culture pratique seront institue! i L'Horticultobb Lntrnaiihn.mi. deux fois par mois, à partir du mois d'octobre prochain et seront donne) alternativement par le Directeur de cet établissement et les chefs de sections. Nous y reviendrons. UNE EXPÉDITION QUI PROMET A SAN SALVA1 I0R. Je mil à même d'ajouter aujour- d'hui une page comique, et d'ailleurs parfaitement documentaire, au grand livre des introductions de plantes. C'est une histoire qui a pour moi une saveur toute particulière, que j'espère faire goûter .1 nies lecteurs. On connaît l'acharnement mis par une maison d'Angleterre à suivre depuis quelques années les traces de nos collecteurs et l'histoire de M. EK1C- sns, Forqi 1 . Ovbrsluys et Perthuis envoyés à Pcrnambouc, après des recherches énormes pour retrouver leur piste, pour glaner les Cattltya 11 a- rocqiu iiini laissés par les explorateurs M. BlTNOB- 1. Cl ABS. On se souvient des polémiques violentes soulevées à ce sujet, des poèmes de haut goût et des injures dont nous fûmes abreuvés alors, tout cela parce que nous avions osé dire que le C. Waroupuanaètaft l'ancien UMata, alors que la maison anglaise, niant l'évidence devant les • (emplâtres rlcuris que nous avions exposes .1 Londres, soutenait que c'était elle la réintroduc- trice (I.S mois après nous!) et que ses plantes, collectées ans mêmes endroits que les nôtres el absolument identiques, étaient les seuls vrais C Itibiiita des < Swatnson's kuniing grouttdsl! » Une chose m'étonne encore aujourd'hui, c'est de voir la bonne grâce avec laquelle les compa- triotes de celte maison se sont laissé berner. Dire que pas un n'a protesté depuis! On avait entas,, légendes sur légendes; tout cela a passé Ce n'est pas en Belgique, oh non, qu'on soutiendrait ainsi ses compatriotes? Mais poursuivons. — J'ai raconté autrefois que les collecteurs de la maison anglaise qui parcou- raient la province de Pernambouc étaient munis d'une planche du Cattltva Rat et le recherchaient partout, questionnant tout le monde pour savoir si l'on n'avait pas rencontré une plante sem- blable ; j'ai même dit que l'un d'eux s'était adressé de cette façon à M. Ci.aks, notre collecteur, qu'il avait rencontré en chemin de fer el qu'il prenait pour un voyageur en quinquina d'une maison de A free d'investigations de tout genre, la mai- ion anglaise apprit que M. BtlMOI RO 1 II. en quit- tant la province de l'crnambouc, était parti pour l'ara et de là à Manaos, et qu'il collectait dans le lias Pérou ; et comme les manifestes des jour- naux maritimes avaient signalé de nombreuses cai sses reçues par nous de ces parages, il était évident pour la maison anglaise que le Caillent Kr.i devait provenir de la. Vite, MM. OVER- ■•! 1 v s et Pbbtbuis furent envoyés sur les traces de M. Ul NGKKOIH; aussi, quand nous reçûmes de M. Claes, resté a l'crnambouc, une dépêche nous informant qu'OVERbLL'YS était parti pour Manaos par Para, nous savions ce que cela vou- laitdire ; nous prévînmes immédiatement M. lit N- GLKOTll de l'arrivée prochaine sur ses terrains de chasse d'un ou deux collecteurs anglais, et bien nous en prit, car M. Bunoeroth par retour du courrier nous écrivait : « (Juel bonheur que j'ai reçu il y a quelques < jours voir, Litre dans laquelle vous me donniez « le nom de Ov&RSLUYS ! te Monsieur m'avait « fait saluer de la côte par deux amis en leur < disant qu'il voyageait pour la mime Société que « moi.' Il voulait aussi par ce faux truc entrer « dans ma confiance, heureusement que j'ai rien < votre lettre à temps — ces collecteurs sont donc « de nouveau sur mes talons.... » Voilà comment la maison anglaise importa le Catlleya Rex et les autres plantes que nous avions collectées au Pérou. Mais c'est ici que l'histoire se corse et devient amusante. Un jardinier allemand qui s'est établi au San Salvador nous fit l'année dernière l'expé- dition de quelque 25 caisses, ne contenant que de vieilles Orchidées qui ne valaient pas les frais du transport, à peu près toutes celles que produit ce pays archi-exploré. Le manifeste du journal maritime ayant de nouveau parlé, et indiqué celte expédition, on s'imagina à St-Albans que nous avions un nouveau collecteur dans une mine d'Orchidées nouvelles, et on télégraphia à Ovek- SLUYS qui décidément est devenu spécialiste dans ce genre de filatures et qui dépensait inutile- ment beaucoup d'argent au Pérou depuis que M. Bt'MiEKOTH était rentré en Europe, de partir sans relard pour San Salvador! Nous connaissions depuis quelques semaines l'envoi de cette dépèche, et nous nous en étions fort amusés à Bruxelles, toul en craignant d'avoir été mal informés ; que nenni ! Un de nos meilleurs collecteurs, M. EDOUARD Kl.ABOCII, qui est rentré ce mois-ci, nous dit avoir vu dans le registre des passagers à Panama le nom d'OVEKsLl Vb, venant du Pérou et embarqué en novembre der- nier pour San Salvador! Bon voyage, Monsieur DUHOLBTl Il va donc arriver des merveilles du San Sal- vador, grâce à nous! Morale. — Nous l'emprunterons à La Fon- taine : Tel. comiiie dit Mtiliu, euide engcigiur autrui {lui souvent s'enseigne soimime. LE JOURNAL DES ORCHIDEES A UNE LECTRICE ASSIDUE. — Un excel- lent moyen de prolonger la floraison de vos Catt- leya est de mettre vos plantes en fleurs dans des appartements peu chauffés où la température ne descend pas au-dessous de 8° centigrades. Évitez la poussière, le soleil et les courants d'air. Arrosez les plantes avec une très grande modération et avec de l'eau qui ne sera pas trop froide. Je dis bien les plantes, mais n'aspergez jamais les fleurs, ce serait, au contraire, un bon moyen pour les pointiller de taches noires et les faire passer rapidement. L'HORTICULTURE OCCUPERA UNE PLACE IMPORTANTE à la XlIIme Exposition de la Société Philomathique de Bordeaux. Outre l'exposition permanente dans les jardins, il y aura douze séries de concours, se succédant de quin- zaine en quinzaine, du 10 mai au 31 octobre 1895, les concours s'ouvrant les 10 et 25 de chaque mois. Le Commissariat général belge ayant institué une Commission horticole belge dans le but de favoriser la participation de nos nationaux aux concours de Bordeaux, son bureau a fait les démarches nécessaires pour obtenir l'autorisation d'organiser une exposition générale et unique des produits de i 'horticulture belge. Cette démarche a pleinement abouti. L'exposition belge s'ouvrira du 15 au 19 mai, dans un local spécial exclusivement réservé aux plantes et aux fleurs de notre pays. En outre, il sera loisible à la commission belge d'organiser son Exposition comme elle le jugera le plus favo- rable aux intérêts de ses commettants. Chaque amateur ou horticulteur pourra donc composer son apport aux mieux de ses intérêts, sans avoir à se préoccuper du programme éma- nant de la Commission de Bordeaux. Bordeaux est un des centres les plus importants de la France ; au point de vue horticole surtout, nos compatriotes ont tout intérêt à se faire con- naître par l'envoi de leurs plus beaux produits qui auront, en outre, à subir la comparaison avec ceux des pays concurrents. Il s'agit donc de faire beau et grand. La Commission belge est en pourparlers avec celle de Bordeaux pour obtenir des conditions de transport spéciales pour les plantes ; déjà la gra- tuité en retour leur est accordée. Les amateurs et les horticulteurs belges qui désirent prendre part au Grand Concours de Bordeaux, sont invités à faire connaître leurs intentions à un des membres du bureau de la Commission horticole belge : M. Lucien Linden, président, à Bruxelles ; M. Romain De Smet, à Gand ou M. Charles De Bosschere, à Anvers. Ils voudront bien faire connaître en même temps la nature et le nombre des produits qu'ils comptent envoyer. Nous leur ferons connaître, à bref délai, toutes les conditions de participation. UNE LECTRICE QUI CULTIVE ELLE- MÊME me demande si j'ai beaucoup d'abonnées qui sont dans le même cas qu'elle. « J'ai, dit-elle, un grand tablier qui me recouvre entièrement, des gros gants, et je mets les mains à la pâte comme un simple jardinier, je voudrais que vous me voyez ainsi et je me demande ce que vous penseriez de moi... ? » Je pense, chère lectrice, que c'est un véritable vandalisme que de vous recouvrir ainsi entière- ment et de mettre de gros gants. Je pense aussi que l'expression mettre la main à la pâte, sent un peu trop le ménage pour être d'un véritable cultivateur — à moins qu'elle n'ait été employée à dessein pour montrer que les deux peuvent marcher de pair. — Mais vous avez parfaitement raison , on ne peut éprouver de véritable plaisir avec les Orchidées, qu'en les cultivant soi-même. Vous n'êtes pas du reste la seule dans ce cas et je crois bien que le Journal des Orchidées compte parmi ses lectrices assidues, une vingtaine de dames qui cultivent elles-mêmes, sans se recouvrir entièrement pour cela. J'espère pouvoir venir vous surprendre prochainement au travail et vous dire alors franchement ce que je pense de votre toi- lette spéciale et de votre manière de cultiver vous-même les Orchidées. L. L. PRIME ABSOLUMENT GRATUITE AUX JARDINIERS. — Le succès toujours croissant du Journal des Orchidées me permet de mettre, cette année, CENT ABONNEMENTS ABSOLUMENT gratuits à la disposition des patrons déjà abonnés eux-mêmes, qui sont satisfaits de leur jardinier et ce aux conditions suivantes : 10 Un abonnement sera servi directement et bona fide au jardinier de tout amateur déjà abonné lui-même au Journal. 2° Un abonnement sera également servi gratuitement à tous les jardiniers occupant bona fide la même place depuis 5 ans et qui nous sera demandé par son patron, même si celui-ci n'est pas abonné au Journal. 11 est bien entendu que le chiffre de cent ne pourra être dépassé. Ce sont donc les cent premiers inscrits qui bénéficieront de cette prime. l 18 Prix d'honneur et Médailles PERE» & FILS ;Uoitu'Lillaw.L-i.j tuilliilX /G, Rue d'Algérie, lu (° P ■ x- -%r o r»x ■ >fg '•rtfÊEAL DE" DftA] Al'TUCé AKTI< I lilr.-, Q] -nlli-iil 1* La VoyvrauA tri 'm»h i V I I. . h-t. <7 ptimuk i « i - 1 1- i i « un il iTloft i iiLr*- «,,,„„„, .1 //.,,,. .... L» 11- If .In. /•/„„/,, .1, rolltttloi iiniilt . i Initnnnrati i /'loi. H ni 1,1 i,h,\ InUrmonli dtê puMealtonâ d< . > fturt. Il eel envoyé Franco sur demande 5 CATALOGUES PAR AN Tonno hnmma ''' "'" bonne famille, âgé de 28 ans, UBIWb UUIIWIB, de bonne édneati t de bonne in- struction, bien an courant de toutes lee cultures el spé- cialement •!•--. ' Irchidées, demande place, soil pour diriger établissement, soil comme régisseur. Prêtent, i It-stos. S'adresser au bureau du Journal sous les initiales l'.M. 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Arthurianum, '2 pousses insigne '/., Fairieanum). Argus multicolor, 2 pousses Barbatum nigrum, 3 pousses .... Crossianum, 2 pousses . Boxalli atratum, 3 pousses Bragaianum, 2 pousses . • (Hirsutissimum coerulescens X Boxalli atratum i Cardinale, 8 pousses » (Sedeni ■' Schlimi . Ciliolare superbum » Claudi » (Spicerianum vernixium \. Clothilde Moens » (Haynàldianum Leeanum). Chamberlainianum, 2 pousses .... » Crossianum superbum, 3 pousses ...» i insigne venustum I. Ceres, 3 pousses » i Spicerianum hirsutissinum). Calurum, 2 pousses » (lonoifolium ■ Sedeni). Callosum grandiflorum, 2 pousses ...» Curtisi. 2 pousses » Polystigmaticum, 2 pousses » ( Spicerianum venustum). Pétri, 3 pousses » Parishi, 2 pousses » Robinianum, 2 pousses » Roebeleni, 1 pousse » Robustum, 2 pousses » Schroderae splendens » (caudatum Sedeni). Sallieri Hyeanum, 3 pousses » Superbiens Lindeni, 2 pousses .... » Schomburgki. 2 pousses » Spicerianum nigrum, 2 pousses. ...» Thibautianum, 2 pousses » Harrisianum Vaulei . Selligerum roseum, 2 pousses » Barbatum philippinense). Wallaertianum. 3 pousses » (Harrisianum villosum). Williamsi, 2 pousses » venustum Harrisianum). 75 30 40 30 25 20 25 50 15 20 1U.I 100 10 30 125 10 20 15 30 25 15 100 15 75 50 40 25 15 30 20 40 25 40 Tonsum, 2 pousses Weathersianum, 3 pousses . . {Leeanum superbum hirsutissimum). Victoria-Mariae, 1 pousse Diericksianum, 2 pousses . Dauthieri villosum . Curtisi var. amoenum, 2 pousses Exul var. superbum, 4 pousses . Godseflianum. 2 pousses . {Boxalli ■' hirsutissimum i. Insigne Chantini, 3 pousses . » Mooreanum, 3 pousses . » aureum, 3 pousses Denisianum, 2 pousses .... (Boxalli atratum X Spicerianum). Expansum, 3 pousses .... Fascinator, 2 pousses .... (Spicerianum X hirsutissinum). Grande, 2 pousses (Roezli caudatum). Latbamianum superbum, 2 pousses (Spicerianum ■ villosum). Lawreneeanum biflorum, 2 pousses Leeanum Burford Lodge, 2 pousses » superbum, 2 pousses . » magnificum, 2 pousses giganteum, 2 pousses. Marmorophylluni, 2 pousses . {Hookerae X barbatum). Morganiae, 1 pousse .... ( s/om'i S su-perbiens). OEnanthum superbum, 3 pousses (Harrisianum Mauleî). Orphanum. 2 pousses .... (barbatum X Druriji). Proestans, 1 pousse Politum, 2 pousses [barbatum superbum '•. venustum). Callophyllum, 3 pousses . (barbatum X venustum). Regale, 2 pousses (Maulei 'Xpur/iuratum \. Melanophtalmum, 3 pousses ■ Charlesworthi, 3 pousses . Euryandrum superbum . (barbatum X Stonei), Reticulatum, 2 pousses Fr. 15 125 20 150 50 10 30 15 25 20 100 30 150 30 50 10 30 25 30 75 20 50 50 100 40 20 20 30 50 10 75 40 OFFRE D'AUTRES CYPRIPEDIUM SUR DEMANDE. i" AVRIL 1895 21 CAUSERIE SUR LES ORCHIDÉES LXXXIV. - Mes Orchidées préférées. -- Les Cypripedium i.s'nirfi, voir vol. V, p. J75 Une des qualités les plus précieuses des Cypripedium c'est la lixité. Tels ils lleurissent une année, tels ils fleuriront l'année d'après, tels ils fleuriront toujours. Les dimensions de la fleur varieront seules suivant que la pousse sera plus ou moins vigoureuse, suivant que la plante aura, par la culture autant que par l'âge, acquis une puissance plus grande, une aptitude florale plus accentuée. Ici pas de mécomptes possibles, pas de désillusions à craindre. L'acheteur d'une variété de prix, d'une de ces variétés qui se paient des cen- taines et des milliers de francs et les valent, est assuré de posséder toujours exactement la variété qu'il a achetée, la fleur nouvelle ressemblant trait pour trait à celle de l'année précédente et ne la surpassant que par son volume et par son étoffe. Beaucoup d'Orchidées, et des plus brillantes, et des plus chères, n'ont pas été dotées par la nature de ce caractère de constance et d'immuabilité. D'où des désappointements, parfois des colères et des grincements de dents. Vous achetez, en fleur, un Cattleya Mossiat alba, un C. albissima, un C. candidissima, un C. Wageneri pure white, un Laclia anceps d'une virginale candeur, un Odon- loglossum crispum d'une blancheur laiteuse, d'une blancheur auprès de laquelle la blancheur de la neige elle-même parait grise et sale : l'an d'après le C. Mossiac alha fleurit rosé ou mauve pâle, le Laclia anceps n'a plus rien de virginal, et VOdonloglossum crispum exhibe sur un fond d'un blanc douteux de repoussantes macules que vous contemplez avec horreur et désespoir! On m'a dit que le fameux Pescatorei Veitchii, l'un des joyaux d'une célèbre collection, joyau qui, si je ne me trompe, a été payé zoo guinées, peut-être davantage, a fleuri presque blanc et sans taches, al >rs que précédemment le fond blanc des pétales et des sépales, du labelle lui-même, disparaissait presque pour ainsi dire sous la pourpre éclatante des macules. La loyale, la triomphale beauté de la mer- LE JOURNAL DES ORCHIDEES veille des merveilles avait disparu tout entière. Lugete Vénères Cupidinesque, et quotqitot estis anima venustiorum. Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé ! Qui n'a pas été témoin, qui n'a pas souffert de ces douloureuses dégénéres- cences, de ces effondrements imprévus des plus chères espérances, de ces ruines lamentables et de ces irréparables malheurs? Il n'est pas jusqu'au pres- tigieux Cattleya labiata autitmnalis, alias Warocqueana, lui-même, qui ne nous présente l'exemple de ces hideuses et trop fréquentes variations. J'en appelle à M. Lucien Linden, à son esprit d'observation, à son expérience consommée. N'a-t-il pas vu et constaté que telle variété supérieure de C. labiata aatiimnalis, digne d'être achetée au poids de l'or, n'offrait plus à la seconde ou à la troi- sième floraison que quelque chose de vulgaire et de commun, si tant est qu'une Orchidée, notamment un Cattleya, puisse jamais être commune ou vulgaire? Vous payez parfois un Odontoglossum, un Cattleya, un Laelia, cent, deux cents livres sterling; la variété vaut cette grosse somme d'argent. L'an d'après, c'est à peine si l'amateur le plus fortuné et le plus enthousiaste donnerait vingt ou vingt-cinq francs de ce qui n'est plus qu'une ombre, un reflet, un vague souvenir de la resplendissante beauté acquise à si grands frais. Ces désagréables déformations ne se présentent pas tous les jours, je le veux bien; elles se produisent même rarement, je le sais. Mais elles se manifestent de temps à autre, c'est incontestable. Rien de pareil à redouter avec les Cypripedium. Les merveilleuses variétés que la nature a enfantées ou que l'art a créées, demeurent et demeureront tou- jours des merveilles et garderont toujours leur valeur première ou du moins une valeur considérable. Demandez donc à M. Jules Hve de Gand, un Cypripédiomane émérite, ce que lui a rapporté, ce que lui rapporte encore son admirable Cypripedium Lawrenceanum Hyeanum. Demandez donc à M. Moens de Lede, un autre fervent adorateur des Cypripedium, quel profit il a tiré et tire encore du célèbre Cypripedium x Memoria Moensii, dont feu son père fut l'habile créateur ! Assurément les divisions du C. Lawrenceanum Hyeanum et du C. X Memoria Moensii n'ont plus actuellement la valeur de la première pousse séparée de la plante mère ; mais le nombre de ces divisions a pu devenir considérable, et je parierais bien que leurs heureux possesseurs ne les cèdent pas pour rien ou pour peu de chose. Qu'importe que parfois le prix d'une variété supérieure vienne à baisser quelque peu ou même sensiblement — une baisse sensible de l" AVRIL la valeur des variétés réellement d'élite est chose que l'on voit malheureuse- ment trop rarement si cette baisse ne se produit qu'à la longue et qu'après que le premier propriétaire de ces variétés d'élite a eu tout le temps d'en tirer tout le parti auquel il pouvait légitimement prétendre ! Puisque, incidemment, je viens de parler de la valeur des Cypripedium, quelques mots encore, si VOUS le voulez bien, à ce sujet. Tous les Cypripèdes heureusement, ne sont point d'une valeur inestimable et pour ainsi dire inabor- dable pour les bourses ordinaires. 11 en est. et en très grand nombre, c'est même, -race au ciel, la majorité, qui sont d'un prix fort modeste. On peut se faire une jolie, une grande collection même, sans s'exposer à être traité de prodigue et de dilapidateur du bien familial. Ces Cypripèdes à prix modérés sont encore de fort bon rapport. Je connais un amateur qui, à ses débuts d'Or- chidophile, avait acquis pour la somme énorme de 2 fr. 50 un Cypripedium barbatum, un des plus répandus dans les cultures. C'était une plante d'une bonne demi douzaine de tètes et une variété fort ordinaire. Grâce à d'incessants sectionnements, grâce aussi à une culture d'une intensité bien comprise, mon amateur a réussi à faire produire en quatre ans à ses 2 fr. 50 une somme de 1 Bo francs que lui a payée un grand horticulteur de mes amis, lequel, à n'en pas douter, n'a pas fait ce qu'en termes de bourse on nomme une opération blanche. Tel autre que je pourrais nommer avait payé 30 francs une touffe assez peu volumineuse de Cypripedium Dauthierii. La touffe a crû et multiplié : elle a rapporté en trois ou quatre ans la somme rondelette de 300 francs. L'était, il faut bien en convenir, un capital bien employé. Une autre Orchidée quelconque, Odontoglossum, Cattleva, Lycaste, Coelogyne, Epidendrum ou Oncidium, variété ordinaire s'entend, et d'un prix aussi réduit, aurait-elle dans le même espace de temps fructifie de pareille façon ? La nature est d'une inépuisable fécondité. L'art vient en aide à la nature, t par centaines que l'on compte aujourd'hui, c'est par milliers que l'on comptera demain les variétés de Cypripedium. Tous les jours il s'en découvre ou il s'en crée de nouvelles. Ouvre/ le livre de LlNDBN qui est, ou sera et doit être certainement dans les mains de tout amateur d'Orchidées; vous serez frappé de constater quelle place y occupe l'admirable famille des Cypripedium, place plus importante que celle cpii est consacrée à n'importe quelle autre famille de nos pl.mtcs favorites. Et encore que de variétés dans une seule 1 vpripèdes, le Cypripedium itisigne par exemple' Il en existait jusque tout dernièrement au moins une vingtaine d'espèces bien distinctes. Depuis 24 LE JOURNAL DES ORCHIDEES l'introduction par Linden dans les cultures du C. insigne montanum, il y en a plus du double de nettement tranchées, il y en aura peut-être cent dans quelque temps, et dans ce nombre, que de merveilles, que de merveilles nou- velles qui font pâlir leurs devancières! Que de variétés déjà dans les C. Charles- worthii, et la première floraison de ce Cypripède nouveau date de cette année à peine. J'en ai eu en fleur cette année dans mes serres d'assez jolis ; j'en ai vu de beaux, de très beaux, de splendides même, à L'Horticulture Interna- tionale. J'en ai admiré de superbes chez M. Stepman. Mais ce que j'ai ren- contré de tout à fait incomparable, d'absolument inouï et de suprêmement idéal, une vraie perle, une pure merveille, c'est le Cypripedium Charlesworthii Wambekeanum, que j'ai eu le plaisir de trouver au commencement de mars dernier chez M. Charles Van Wambeke. Exposé au meeting de L'Orchi- déenne le 10 mars dernier, ce Cypripedium Charlesworthii a obtenu un diplôme d'honneur par acclamation. Le pavillon, qui mesure 57 millimètres en hauteur, 71 millimètres en largeur, est d'un rose d'une délicatesse infinie, d'un de ces roses que les petits maîtres du temps jadis auraient désigné par une de ces appellations si délicieusement poétiques dont ils avaient le secret, un rose couleur cuisse de nymphe émue. Les pétales, notablement plus larges que dans la plupart des Charlesworthii, sont aussi sensiblement plus longs, mesurant deux centimètres en largeur et 47 millimètres en longueur, plus proportionnés ainsi au pavillon qu'ils ne le sont d'habitude dans les Charlesworthii, où ils paraissent généralement un peu bien courts et bien étroits. Les pétales du Charlesworthii Wambekeanum, remarquables par leurs dimensions, le sont bien davantage encore par leur coloris, tout à fait extraordinaire, unique, oserai-je dire. Le brun chatoyant des pétales s'illumine en effet vers l'extrémité d'une adorable tache de vingt millimètres de longueur, de dix millimètres de largeur, qui reproduit dans une admirable transparence la couleur rosée du pavillon lui-même. Ce mélange de rose et de brun où la lumière se joue est d'un effet prodigieux et sans pareil, d'une distinction suprême et d'un cachet inoubliable. Heureux le possesseur d'un tel trésor! Que de variétés aussi dans les C. Lawrenceanum, dans les C. Argus, dans les C. villosum, les C. Boxallii, les C. callosum, les C. bellatulum, les C. Curtisii, les C. Rothschildianum, les C. Godefroyae, les C. ciliolare, et dans les hybrides donc, dans les dérivés du C. Spiccrianum, par exemple, les C. X Leeanum, pour n'en citer qu'un seul ! Presque tous se différencient par quelque endroit et rivalisent de grâce et de beauté. I er AVRIL 1895 Il n'est p.is surprenant qu'avec un nombre p<>ur ainsi dire illimité de variétés, 011 puisse arriver à des effets auxquels on ne saurait atteindre avec les plus belles, les plus brillantes Orchidées de familles différentes, non pas même avec les Odontoglossum crispum et les Cattleya, dont les teintes, si riches qu'elles soient, sont a tout prendre plus uniformes que celles des Cvpripedium. Dans vpripedium tous les coloris se rencontrent, souvent se mêlent dans le même sujet dans une harmonie exquise : blanc, vert, rouge, brun, jaune, mauve, violet, noir, nt composées d'après la première méthode, et comme vous le savez, elles sont fort belles; quant à celles de la nouvelle école, vous en connaissez plusieurs, elles présentent aussi beaucoup d'attraits. Moi. Et au point de vue du choix des variétés, quelle est, à votre avis, la plus remarquable des collections de Belgique ? M. Lucien Linden. Vous me posez là une question extrêmement délicate. Cependant je vais y répondre avec mon impartiabilité habituelle. S'il faut nommer la collection qui a subi le plus de sélection, celle dans laquelle on a le plus trié sur le volet les espèces et variétés méritantes en éliminant celles qui étaient inférieures, je crois que ce serait celle de M. Jules Hve, à Gand. La collection plus extensive de Mariemont, qui ne date vraiment que de sept ou huit ans, est certainement plus grandiose dans son ensemble, mais comme variétés elle est restée un peu stationnaire depuis quelque temps. Elle renferme toujours de superbes spécimens de Cattleya, de Vanda, qui seraient difficile- ment égalés ailleurs, de très beaux Odontoglossum et Cypripedium — tout cela demande à être complété, à être mis à date, voudrais-je dire. Moi. Au point de vue de la culture, de l'entretien, ferez-vous une différence ? M. Lucien Linden. Oui certainement; mais M. Jules Hye a toujours été, un cultivateur di primo cartcllo. Il y a quinze ou vingt ans il exposait déjà au Casino des collections de Palmiers, de Dracaena, remarquablement cultivés par lui-même, et il poussait l'amour de ses plantes, avant son mariage, jusqu'à se lever la nuit pour soigner la chaleur de ses serres. C'est un vrai amateur ! Pourtant, je dois dire que sa manière de voir n'est pas tout à fait la mienne : il réserve tous ses soins, toute son attention aux plantes, et les constructions lui paraissent trop secondaires. Ses serres manquent de coup d'œil; l'arran- gement, la mise en scène est trop négligée. A mon avis, les belles plantes, les belles variétés doivent se présenter dans un cadre digne d'elles. Je voudrais voir les Orchidées dans de petits palais, le contenant digne du contenu. Nous avons été très liés, M. Jules Hye et moi, et pendant une quinzaine d'années nous avons vécu en grande amitié, presque comme des frères. A l'époque où j'habitais à côté de chez lui, à Gand, je lui disais franchement mon avis sur ses installations sans le blesser — je dois dire aussi, sans le convaincre. Malheureusement, l'éloignement lui a fait voir les choses d'une 3 2 LE JOURNAL DES ORCHIDEES autre façon, et je dois croire que mes appréciations lui ont paru sévères à côté de celles plus flatteuses des personnes, plus commerçantes et moins douées du culte du beau, qui m'avaient remplacé dans son entourage. Il est tou- jours difficile de faire accepter un conseil, et quand on veut piquer quelqu'un d'amour-propre, il arrive quelquefois que la piqûre est plus profonde qu'on ne voudrait la donner. Je suis toujours persuadé que si M. Jules Hye avait voulu m'écouter, bon cultivateur comme il l'est et connaisseur doué de beau- coup de flair, il aurait pu arriver à se composer des serres dignes d'être com- parées aux plus belles qui existent. Je regrette, autant pour l'Orchidophilie que pour notre amitié, qu'il ait persisté dans une façon de voir différente. Moi. Quelles sont, parmi les plus jeunes collections, celles qui vous pa- raissent donner le plus d'espérances ? M. Lucien Linden. Celle de M. Madoux est certainement la principale, et celle qui attire le plus l'attention des Orchidophiles. C'est une collection de grand avenir. Précisément, elle est conçue d'après les principes dont je viens de vous parler et qui me sont si chers. M. Madoux s'est fait construire des serres superbes, élégantes et pratiques, où tout concourt à produire une bonne culture et un spectacle exquis ; elles peuvent être citées comme un modèle à ce point de vue. En outre, c'est une collection qui a un très grand avenir, parce que M. Madoux, tout en réunissant de très belles variétés, a aussi pensé qu'il était plus passionnant d'en trouver parmi des importations, et il en a rempli plusieurs serres, en les prenant d'ailleurs de divers districts de façon à obtenir des formes différentes. Il possède notamment 15 à 20,000 Odontoglossum cris- pum, provenant de toutes les bonnes régions, et je ne doute pas que d'ici peu il n'ait beaucoup de variétés très remarquables. Il en a fait de même pour les Cattleya et pour certains Cypripedium. C'est certainement l'amateur belge qui a installé sa collection de la façon la plus large et avec le plus d'initiative. Enfin, il a envoyé récemment deux de ses fils en Amérique pour découvrir eux-mêmes de belles Orchidées; ce sont des jeunes gens intelligents, éner- giques, qui ne peuvent manquer d'utiliser très brillamment les conseils et les facilités de toutes sortes que leur père a mis à leur disposition. Moi. M. Van Imschoot appartient, je crois, à une école un peu distincte ? M. Lucien Linden. Oui, et ce n'est qu'en Angleterre que l'on pourrait trouver l'équivalent de ce qu'il a fait. Il est surtout un collectionneur, et comme Sir Trevor Lawrence, par exemple, il s'attache à posséder des Orchidées de I er AVRIL 1895 33 tous les genres peu connus, y compris ce qu'on appelle volontiers dans le monde orchidophile des curiosités botaniques. C'est lui qui possède comme amateur le plus d'espèces en Belgique ; et lorsqu'on voit aux meetings de L'Orchidéenne un Orchidophile exposer une plante très curieuse devant laquelle beaucoup d'amateurs s'arrêtent indécis sur son identité, on peut dire presque à coup sûr qu'elle est exposée par M. Van Imschoot. Moi. N'était-ce pas à MM. Jules Hye et Van Imschoot que vous faisiez allusion récemment, à propos de décorations, en parlant dans les Petites nouvelles de deux amateurs gantois installés, l'un pas loin de la Coupure, l'autre à Mont-St-Amand ? M. Lucien Linden. Je ne vous le cacherai pas, car tout le monde l'a bien compris dans les groupes orchidophiles. Il est évident que les décorations ne devaient pas être attribuées comme à Gand et à Anvers, en vue d'un concours, qui n'a pas toujours grande signification, et qu'il fallait plutôt considérer l'en- semble des faits, tout un passé brillant de récompenses obtenues à divers meetings. En ce qui concerne M. Jules Hye, il a exposé, je crois, à presque tous les meetings de Gand, et bien souvent il a été seul à leur donner quelque éclat. Il a obtenu jusqu'ici les plus remarquables hybrides semés en Belgique. M. A. Van Imschoot, de son côté, a certainement contribué à faire connaître beaucoup d'espèces — sa collection a été souvent très utile à la science — et il a aussi brillamment exposé aux meetings de L'Orchidéenne ainsi qu'à Gand. Il est certain que les distinctions honorifiques, à la suite des dernières Expo- sitions de Gand et d'Anvers, ont été singulièrement distribuées. Quelques-unes ont été unanimement approuvées, mais d'autres sont allées à de véritables parasites de l'horticulture, dont tout le talent consiste à s'introduire dans les commissions organisatrices et à n'exposer que... leur boutonnière insatiable. Je regrette d'être le seul dans la presse horticole belge à avoir compris son véritable rôle en protestant contre de pareilles injustices ; il faudrait pour être décoré avoir fait autre chose qu'avoir assisté à quelques séances et qu'avoir exhibé sa cravate blanche lors des visites du Ministre! Mais, voilà, Messieurs Jules Hye et Van Imschoot sont autre chose que des courtisans et c'est à leur détriment que d'autres, des inconnus en horticulture, ont été décorés. Moi. Vous avez parfaitement raison. Du reste, tout le monde vous a entière- ment approuvé et votre attitude ferme dans diverses questions de ce genre, est très sympathiquement jugée par les vrais amateurs et la grande masse des horticulteurs. 34 LE JOURNAL DES ORCHIDEES M. Lucien Linden. Oui, je le sais, et cela malgré ces parasites qui cherchent à me faire passer pour « un ambitieux et un orgueilleux » — singulier ambitieux, en effet, que celui qui refuse de figurer dans presque toutes les commissions, qui décline le plus souvent les nominations de Membre des Jurys, qui s'abstient de paraître aux banquets et réceptions officiels, qui n'expose que quand il ne peut pas faire autrement et qui évite toutes les occasions de se mettre person- nellement en évidence — qu'on ne voit donc jamais à la chasse aux honneurs, aux décorations ! Je n'ai qu'une ambition, et celle-là me paraît permise, c'est de contribuer à pousser aux progrès des cultures, au développement de l'horticulture et c'est dans ce seul but que je me suis fait publiciste. La seule récompense que j'ambitionne c'est de voir un véritable connaisseur se délecter dans les serres de l'établissement que je dirige... Voilà toute mon ambition et tout mon orgueil et c'est une confession qui va bien embarrasser mes détracteurs habituels ! C'est, en tous cas, une ambition qui ne leur suffirait pas... Moi. Toutes les personnes qui vous ont peu ou prou fréquentées et qui ne vous jugent pas superficiellement, le savent et c'est pourquoi vous pouvez compter sur de profondes amitiés. M. Lucien Linden. Revenons donc à nos collections d'Orchidées. On peut encore citer celle de M. Metdepenningen, qui malheureusement expose moins, et fait moins voir ses Orchidées ; mais sa collection est très belle, et quoique je puisse en parler moins savamment, car je n'ai pas souvent le loisir d'aller à Gand, je puis dire notamment qu'elle renferme de très beaux Odontoglossum. La collection de M. Miteau doit être également mentionnée. Elle rentre plutôt dans le groupe de celles dont je parlais tout à l'heure à propos de la nouvelle école. M. Miteau consacre une partie de ses Orchidées à la culture pour la fleur coupée. Il a d'excellents Odontoglossum, une très belle série de Cypripedium, pour lesquels il professe une passion qu'il explique justement avec beaucoup de talent dans le Journal des Orchidées. Il donne la meilleure preuve de la sincérité de cette passion en cultivant ses Orchidées lui-même, aidé de son fils. Moi. Je ne veux pas abuser de votre complaisance à me renseigner, et je bornerai là, pour cette fois, ma consultation. Je connais, d'ailleurs, et vous avez décrit dans le Journal des Orchidées, les I er AVRIL 1895 35 charmantes collections de M. le D r Capart, de M. Pauwels, d'Anvers ('). M. Lucien Linden. Je pourrais en ajouter quelques-unes de création ou d'extension plus récente et que vous connaissez moins pour cette raison ; celles notamment des Jardins royaux de Laeken, de MM. Rolin, Montefiore, Moens, Van Cauwelaert, Houzeau de Lehaie, Wincqz, du Trieu de Terdonck, chevalier de Wargny, Marquis deWavrin, Huybrechts, de Lom- baerde, Jonen, Barbier, etc. Mais nous aurons l'occasion d'en parler plus largement une autre fois. Moi. Une dernière question, si vous le permettez. Quel est, parmi tous ces amateurs, celui qui cultive le mieux ? M. Lucien Linden. Il serait très difficile de le dire. On cultive à peu près partout suivant les mêmes principes, ceux de l'école belge, qui commencent d'ailleurs à se répandre, et dans presque toutes les collections on cultive très bien, en Belgique, tant chez les amateurs que chez les horticulteurs. C'est sur cette encourageante déclaration que j'ai pris congé de M. Linden, en le remerciant de sa complaisance. Mas de Vallia. PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE L. P. (Italie). — Il nous serait fort difficile de vous dire pourquoi les boutons de votre Cypripe- diian hirsutissimum ne se sont pas épanouis l'an- née dernière, et s'il en sera de même cette année. Ainsi que nous avons eu bien souvent l'occasion de le dire dans ce journal, la non-floraison d'une plante ou l'avortement des boutons peuvent dé- pendre de beaucoup de causes diverses, et il fau- drait connaître en détail la façon dont vos plantes sont cultivées et ont passé la dernière saison de végétation pour pouvoir vous renseigner. Peut- être l'air de la serre est-il vicié par une cause quelconque, ou n'est-il pas assez humide. Nous ne pensons pas que votre climat présente des difficultés spéciales en dehors de la sécheresse relative de l'air, et c'est là que nous serions le plus portés à rechercher la cause de votre échec; mais à part cette sécheresse, rien ne s'oppose à ce que la plupart des Cypripedium réussissent parfaitement en Italie, et nous savons qu'en effet ils y fleurissent ordinairement très bien. EULOPHIELLA ELISABETHAE. — Nous lisons dans un journal étranger que les fleurs de cette Orchidée sont plus petites que celles repré- sentées sur la planche de la Lindenia. C'est une erreur, et lorsque l'espèce est bien cultivée, ses (1) Il me semble que vous oubliez de parler de celle de M. Van Wambeke — qui est souvent trop modeste — mon cher collaborateur? Elle est fort jolie, et mérite assurément d'être citée dans cette liste. L, L, 3 6 LE JOURNAL DES ORCHIDEES fleurs sont plutôt plus grandes ; c'est ce que nous avons remarqué notamment l'année dernière dans les serres de M. Warocqué, à Mariemont, où l'Eulophiella avait produit une superbe grappe de fleurs sensiblement supérieures comme dimension à celles dont la Lindsnia a donné la reproduction. Si les fleurs qui ont été adressées à notre jeune confrère étaient plus petites, c'est qu'elles prove- naient d'une plante peu vigoureuse, probablement d'un petit morceau, comme il en a été beaucoup importé en 1893. Mlle M. P. (France). — Pour remettre votre Vanda malade, nous ne pouvons vous conseiller qu'une chose, c'est de bien l'examiner, et de chercher si la tige est gâtée en quelque endroit, si les racines de la base sont malades, etc. Si vous découvrez un commencement de décom- position à une partie quelconque de la tige, retranchez cette partie, puis rempotez la plante à nouveau ou déposez-la simplement sur du spha- gnum dans un châssis de multiplication, avec une bonne chaleur de fond et beaucoup d'humidité. Vous entr'ouvrirez le châssis de temps en temps pour aérer lorsque le temps sera clair, en ayant soin que la température de la serre soit aBsez élevée. Votre plante ne tardera pas à reprendre et à émettre de nouvelles racines. Il est probable qu'elle aura souffert du froid. DEUX MEETINGS DE < L'ORCHIDEENNE » auront lieu en avril : un le 7 et l'autre le 28 (celui du deuxième dimanche du mois a été avancé de huit jours). L'ABONDANCE DES MATIÈRES nous oblige à remettre au prochain numéro une grande partie de la Petite Correspondance. Nous répondons directement aux lettres pressantes. CVPRIPEDIUM INSIGNE. — M. Thomas Meehan fait remarquer avec raison que cette précieuse espèce convient parfaitement à la cul- ture aux fenêtres. Son habitat natal est dans une ombre épaisse, de sorte que l'obscurité relative de l'appartement lui est plutôt agréable, et comme il fleurit naturellement en hiver il n'a pas besoin d'être forcé pour la floraison. M. Meehan cite une plante qui pousse dans un pot de 20 cen- timètres dans un appartement habité ordinaire, et qui avait sept fleurs l'hiver dernier; ces fleurs commencèrent à s'épanouir au début de décembre, et ont duré en succession jusqu'en février. M. Chapman, jar- exposé à Londres FLEURS SECHEES. dinier chez M. Measures, récemment une collection de fleurs séchées, com- prenant des Cypripedium, Cattleya, Sophronitis, Laelia, etc. D'après ce qu'écrit M. W. Watson au Garden and Forest, ces -fleurs avaient remar- quablement conservé leur coloris, qui était aussi brillant que quand les fleurs étaient vivantes. Le secret de M. Chapman consisterait à faire sécher les fleurs très rapidement dans un four, entre des feuilles de papier buvard. Une fois ex- posées à la lumière, elles perdent un peu de leur éclat, mais cependant il paraît que des fleurs séchées depuis un an n'étaient pas sensiblement fanées. NECROLOGIE. — Nous avons le regret d'ap- prendre le décès de M. George D. Owen, de Rotherham, l'amateur d'Orchidées dont le nom était bien connu non seulement en Angleterre, mais aussi en Belgique, où il avait pris part à plusieurs meetings de L'Orchidéenne. La collection de M. G. D. Owen n'était pas de fondation ancienne, mais elle s'était très rapi- dement accrue ; son propriétaire n'avait pas tardé à devenir un amateur passionné d'Orchidées en les connaissant mieux, et avait enrichi ses serres de beaucoup de variétés d'élite et de semis de grande beauté ; nous citerons notamment le Laelia X Oweniae, qui a été figuré dans la Lin- denia, et que nous avions eu le plaisir de dédier à Madame Owen. L. L. 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'J'J feuilles. 45 c. de baut » 40 forte plante. 23 feuilles, 50 c. de haut . . > 50 très forte plante, 30 feuilles, 80 c. de baut 100 — odoratum Picotianum belle plante, 9 feuilles 25 — quinquevulnerum bonne plante, 8 feuilles » 10 belle plante, 10 feuilles 12 — quinquevulnerum densiflorum bonne plante, 8 feuilles » 15 — suavissimum bonne plante, 10 feuilles » 15 li. 11. plante, 13 feuilles 20 - suavissimum maculatum lionne plante, 12 feuilles 25 — Veitchi bonne plante, 10 feuilles 25 — virens bonne plante, 8 feuilles 8 belle plante, 10 feuilles » 10 — virens Dayanum bonne plante, 8 feuilles. » 10 ACCOLABIUM et VANDA AERIDES virens grandiflorum bonne plante, 8 feuilles Fr. 15 — virens superbum belle plante, 10 feuilles » 15 SACCOLABIUM ampullaceum bonne plante, 5-0 feuilles > 8 belle plante, 12 feuilles > 15 — Blumei bonne plante, 7 feuilles » 8 belle plante, 9 feuilles 10 — Blumei majus très belle plante, 12 feuilles » 12 — giganteum bonne plante, 5-6 feuilles » 10 — - giganteum illustre bonne [liante, 5-6 feuilles » 15 — guttatum bonne plante, 7 feuilles >> 10 belle plante. 9 feuilles » 12 belle plante, 11 feuilles » 15 — retusum bonne plante » 25 VANDA Batemanni bonne plante, 6 feuilles > 15 belle plante. 8 feuilles 20 très belle plante. 10 feuilles 30 — coerulea bonne plante établie, 7-8 feuilles . . . > 6 très belle plante. 20 feuilles 25 — coerulescens bonne plante, 7-8 feuilles 8 — gigantea bonne plante. 7 feuilles. » 25 très belle plante, 18 feuilles * 75 — Kimballiana belle plante, 8-9 feuilles » 10 — Massaïana belle plante, 8 feuilles > 25 — Parishi bonne plante, 4-5 feuilles » 15 — Sanderiana plante établie, 4-5 feuilles 125 — suavis bonne plante, 12 feuilles 15 belle plante, 15 feuilles > 20 très belle plante, 18-20 feuilles ■» 30 — teres très belle plante » 15 — tricolor bonne plante, 10-12 feuilles > 10 belle plante. 14-16 feuilles > 15 très belle plante. 18-20 feuilles . . . . » 25 forte plante, 25-28 feuilles > 40 16 avril 1895 37 PETITES NOTES SUR LES ORCHIDÉES D'AMATEUR BIFRENARIA (LYCASTE) HARRISONIAE. L'époque de floraison de cette espèce est arrivée. Sans être une des Orchidées les plus brillantes, elle est cependant très gracieuse, d'une forme harmonieuse -- les pétales forment une sorte de vasque dressée au-dessus du labelle en bénitier — et d'un coloris charmant, où le labelle pourpre cramoisi contraste avec le blanc d'ivoire des autres segments. Il est remarquable que le parfum de cette espèce varie considérablement d'une plante à l'autre et d'une année à l'autre; mais il est en général très agréable, et comparable à celui d'un fruit mûr. A cultiver en serre tempérée. * * LAELIA RUBESCENS {L. acuminata, L. peduncularis). — Cette espèce est connue sous trois noms différents, ce qui s'explique par les variations de coloris qu'elle présente ; le nom de L. acuminata avait été donné plus spécialement à la forme blanche ou à peine rosée, et ceux de L. peduncularis et L. rubesccm, à la forme rose lilacé ; mais toutes rentrent indiscutablement dans la même espèce. C'est une petite plante mesurant 3 à 5 centimètres de hauteur, à pseudo- bulbes ovoïdes déprimés, qui réussit bien en panier ou en pot, et peut être suspendue près du vitrage ; originaire du Mexique et du Guatemala, elle se cultive en serre tempérée ou tempérée-froide, et demande beaucoup d'humidité et de lumière. Ses fleurs, au nombre de 4 à 7 sur une tige grêle de 25 à 30 centimètres de hauteur, mesurent de 6 à 7 centimètres de diamètre ; elles ont une forme très gracieuse et portent dans la gorge du labelle une grande macule marron pourpré d'un très bel effet. Elle porte dans son pays d'origine le nom de « Fleur de Jésus. » * * * VANDA SU AVIS ET TRICOLOR. -- Ce sont des Orchidées nobles par excellence. On les cultive généralement dans une serre de température trop 3» LE JOURNAL DES ORCHIDEES élevée. J'en ai quelques beaux pieds, en pleine floraison actuellement, et jamais ils n'ont plus de i6° en hiver. * * * CYPRIPEDIUM EXUL (voir fig. 91). — Ce charmant Cypripedium a, dans sa forme et dans son coloris, beaucoup d'analogie avec le C. insigne, et lors de sa première floraison il fut d'abord considéré comme une variété de cette espèce. Toutefois, l'habitat fournit déjà une distinction : le C. in- signe se rencontre à l'état naturel au Népaul, tandis que le C. exul est origi- naire de Siam; c'est même à cause de cette différence de patrie qu'a été choisie le nom de cette dernière espèce. Le feuillage des deux plantes permet également de les distinguer à première vue; celui du C. exul, semi-dressé, a une allure tout à fait différente de celui du C. insigne. Enfin les fleurs, quoi- qu'assez analogues entre elles, sont bien reconnaissables. Le C. exul a les fleurs plus petites, d'un coloris diffé- rent, plus jaune et peu maculé et les macules y sont noires au lieu d'être brun clair comme dans le C. insigne. Le C. exul fleurit plus tard que le C. insigne, au mois de mars. Ce Cypripedium est considéré par beaucoup de cultivateurs comme dur et d'un traitement difficile. On me dit qu'en Angleterre on réussit très mal sa cul- ture. J'en ai cependant une douzaine de pieds, très beaux et qui se montrent, chez moi, de bon caractère. Je les tiens en serre chaude et leur donne beau- coup d'humidité aux racines. * * * MILTONIA (ONCIDIUM) WARSCEWICZI. — Cette espèce n'a pas les fleurs très grandes, ni comparables pour la beauté à celles de ses remarquables Fig. 91. — Cypripedium exul. 16 avril 1895 3g congénères M. vexillaria, M. spectabilis et même M. Roezli; mais elle a les grappes bien fournies, et le coloris de ses rieurs est gracieux et surtout curieux. Nuancées de blanc, de rouge et de brun violacé, elles portent au milieu du labelle une large macule brillante, d'un brun jaunâtre pâle, qui semble être une tache de vernis déposée là par un pinceau fantaisiste. A cultiver en serre tempérée-chaude. Beaucoup d'eau au moment de la pousse. * * * ODONTOGLOSSUM ROSSI. - - Cette espèce atteint, dans ses bonnes formes, à une très grande beauté. Elle a les fleurs très grandes et d'un en- semble de lignes très harmonieux; le labelle, très ample, se détache superbe- ment au milieu des autres segments. Le coloris, si bien contrasté, blanc relevé de gros points rouges et de brun, est extrêmement gracieux. Au point de vue ornemental, c'est une des Orchidées de serre froide qui me paraissent les plus précieuses. J'en ai bien une cinquantaine de plantes en fleurs actuellement et chacune forme presque une variété. La dimension des fleurs et la diversité des coloris est immense. Ce coloris est parfois plus ou moins rouge, parfois le fond est jaunâtre au lieu d'être blanc, et les macules se détachent en brun ; on a alors les variétés rubescens ou Humeanum. J'ai pu admirer ces jours-ci une forme superbe de l'espèce type, adressée au bureau du journal par un amateur anglais; les fleurs étaient d'une grandeur remarquable, et les parties blanches, notamment le labelle, d'un coloris mat absolument pur. * * ONCIDIUM CUCULLATUM. _ Je ne comprends pas comment cette mignonne Orchidée et ses congénères les 0. phalaenopsis et nubïgenum ne sont pas plus répandues. J'ai, chez moi, une plante du cucullatum qui fleurit avec cinq et six tiges chaque année, une variété admirable, que je cultive en panier sans distinction de traitement avec mes Odontoglosstim crispum et c'est certaine- ment une de mes Orchidées préférées. Je comprends la prédilection de M. J. Linden, notre maître à tous, pour cette aimable petite plante et, chaque printemps, lorsqu'il vient visiter ma modeste collection, c'est une de mes grandes satisfactions que de pouvoir constater le plaisir qu'il éprouve devant elle, en la voyant si prospère et si bien fleurie. Mas de Vallia. 40 LE JOURNAL DES ORCHIDEES LA CULTURE DES ORCHIDEES DE SERRE EN PLEIN AIR PENDANT L'ÉTÉ Ce mode de culture est préconisé depuis quelques années par plusieurs ama- teurs qui obtiennent d'assez bons résultats. Désireux de nous rendre compte de cette culture, nous l'avons également tentée sous divers climats, mais avec des résultats bien différents. Nous n'eûmes pas lieu de nous féliciter de notre premier essai, tenté sous le climat de Paris, ces Orchidées n'ayant produit qu'une mauvaise végétation. Nous avions soumis à ce traitement des Laclia anceps, des Epidendrum bicor- _ nutum et vitcllinum, des Cattleya citrina et spcciosissima, des Oncidium crispum, Forbesi et concolor, qui avaient été placés contre un mur, exposé au midi, mais toutes ces plantes étaient bien garanties des rayons solaires par le feuillage touffu d'un fort Ampélopsis Veitchi. Malgré cet échec, nous avons recommencé l'année suivante nos expériences, mais avec d'autres espèces et dans des conditions climatériques bien différentes. Nous avons placé à la fin de mai toute une série d'Odontoglossum de la Co- lombie, aux abords immédiats des sources de la Venoge en Suisse; ces der- nières sont situées au pied du Jura vaudois, à une altitude de 660 mètres au dessus du niveau de la mer et débitent en moyenne par minute, 150 mètres cubes d'eau, à une température égale en toute saison de + 8° à + io° C. Il en résulte que les alentours immédiats jouissent d'une température relativement fraîche. Ces Odontoglossum furent installés à proximité de ces sources, sous un grand noyer, de manière à être exposés à la lumière, tout en étant abrités des rayons solaires. Ils se sont développés d'une façon des plus satisfaisantes, jusqu'au milieu d'octobre, époque où on a dû les rentrer en serre; leurs pousses étaient trapues et plus consistantes que celles des plantes qui étaient restées en serre. Nous avons aussi obtenu un autre résultat satisfaisant sous le climat de Paris. C'était cette fois avec une importation de Laelia autumnalis qui nous arrivait du Mexique au commencement de juillet; faute d'une serre de dispo- nible à ce moment, ils furent déballés et laissés sur leurs caisses en plein air, à l6 AVRIL 1895 41 l'exposition du Nord-Est, où ils ne tardèrent pas à développer de magnifiques pousses et des racines. Ceci nous donna l'idée de les établir sur une couche de fibres de polypode et de les fixer sur des planchettes en pitch-pine. Nous les suspendîmes alors simplement au treillage de la maison aux expositions du Nord-Est, de l'Est, du Sud-Est et du Midi. Les plantes exposées en plein midi eurent leurs jeunes pousses brûlées et même les feuilles développées sur les pseudo-bulbes des années précédentes furent fortement endommagées par l'ac- tion solaire, puis leur végétation s'arrêta, tandis que celles qui furent placées aux trois autres expositions, se développèrent d'une façon des plus satisfaisantes. Sur la fin de septembre, un certain nombre des jeunes pseudobulbes formèrent leurs inflorescences, qui donnèrent en hiver une jolie floraison. Nous avions rentré ces plantes en serre au commencement d'octobre. Le seul inconvénient que nous ayons à signaler est qu'à la suite des copieux bassinages que nous donnions à nos plantes, tous les escargots et limaces du jardin étaient attirés pendant les chaleurs vers ces endroits saturés d'humi- dité et qu'ils se montraient malheureusement trop friands des racines et des jeunes pousses de nos Laelia. Cette culture peut donner donc de bons résultats, si l'on place ses plantes à un endroit où l'on puisse bien les préserver des ravages des mollusques. M. Alfred Bleu, à Paris, qui est un observateur sagace, nous fit constater aussi les excellents résultats qu'il obtint sur de forts spécimens de Laelia brési- liens, suspendus pendant la belle saison sous les arbres de son jardin. Au bout de quelques jours de ce traitement, les racines aériennes qui pendaient hors des paniers, avaient paru se dessécher, mais au bout de deux à trois semaines, des quantités de nouvelles racines sortirent à la base des pseudobulbes. Quant aux pousses qui se sont développées par la suite, elles ont pris un caractère solide et trapu. Mais nous n'avons encore rencontré nulle part une réussite aussi étonnante que celle obtenue au château de Sèment près de Dourdan (Seine-et-Oise), où M. Rémy Chollet cultive si bien la magnifique collection de M. O. Doin. C'est sous une tonnelle, où les plantes étaient exposées une partie de la journée à l'action directe des rayons solaires, qu'un groupe d'environ 120 Or- chidées variées, fut cultivé pendant toute la belle saison. Le parfait état de santé de toutes ces Orchidées, leurs pousses fermes et trapues, avec les nom- breuses inflorescences qui se développaient, ne nous ont laissé aucun doute sur l'avantage de soumettre certaines espèces à ce traitement. 42 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Des Orchidées réputées rebelles à la floraison, telles que les Schomburgkia, Laclia superbiens, majalis et lobata, Odontoglossum coronarium, etc., formaient des inflorescences ou des spathes remarquables. Les Catileya Warocqueana et speciosissima, Laelia anceps, autumnalis et albida, Lycaste variés, Dendrobium nobilc, Odontoglossum grande, etc., ont formé leurs boutons à fleur, sans pour cela que la floraison fut retardée le moins du monde. Les Odontoglossum grande, par exemple, ont développé jusqu'à deux hampes florales de cinq à sept fleurons sur chaque bulbe ; leurs fleurs étaient grandes et particulièrement vernies. Nous aimerions voir ces expériences répétées cette année par divers orchido- philes sous différents climats et nous verrions avec plaisir que leurs résultats fussent communiqués à la rédaction du Journal des Orchidées. Otto Ballie. REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES WARSCEWICZELLA ou ZYGOPETALUM WENDLANDI. — A propos de cette plante, dont je parlais récemment, et qui est figurée dans la Lindenia de ce mois, il me sera permis de remarquer que la nomenclature de M. Pfitzer, qui conserve le genre Warscewiczella comme distinct, est beaucoup plus juste en somme et plus conforme aux tendances horticoles, basées sur l'aspect exté- rieur, que celle de Bentham. Le genre Zygopetalum, dans le Gênera, est un des moins bien ordonnés et comprend certainement des formes hétéroclites. Pour les Warscewiczella en particulier, cette hétérogénéité se traduit par un caractère bien saillant, et qui justement est omis par Bentham; c'est que les Warscewiczella n'ont pas de pseudobulbes. Cependant la diagnose du genre Zygopetalum, dans le Gênera Plantarnm, porte : tiges renflées en pseudo- bulbes ; et dans le paragraphe consacré à la section Warscewiczella, aucune mention n'est faite de cette différence, très importante cependant. Les Warsce- wiczella ont tous d'ailleurs un cachet commun et des analogies remarquables de coloris. * * * CYPRIPEDIUM HYBRIDE DU LUXEMBOURG. — La Lindenia vient de publier la reproduction d'un très élégant hybride obtenu dans la collection l6 AVRIL 1895 43 annexée au Palais du Sénat, à Paris. Cet hybride est dédié à la femme de l'obtenteur, M. Octave Opoix, l'excellent jardinier en chef du jardin du Luxembourg. Le C. X Madame Octave Opoix est issu du C. niveum et d'une variété supé- rieure du C. superciliare. Il rappelle davantage le premier parent dans son aspect général, mais ses fleurs sont plus grandes et portent des stries et des lignes de points pourpres qui révèlent l'influence du C. superciliare. D'après les renseignements fournis par M. Opoix, les graines furent semées en février 1886, et la première floraison se produisit en août 1893. * * * CYPRIPEDIUM x RENÉ JOLIBOIS. - - Ce semis rappelle le nom de feu M. Jolibois, le cultivateur qui a précédé M. Opoix au Luxembourg. Il est issu du C. insigne et du C. x Harrisianum ; il a fleuri pour la première fois en décembre 1891. Sa fleur est remarquablement grande et bien étoffée, elle mesure à peu près 12 centimètres du sabot au pavillon; ses pétales ont 73 centimètres de longueur et 34 millimètres de largeur à l'endroit le plus large. Le pavillon, vert jaunâtre clair, avec une large bordure blanche, est couvert de nombreuses macules brun pourpré disposées en lignes, et à peu près confluentes à la base et le long de la nervure médiane. Cet organe est d'un beau coloris. Les pétales, rappelant beaucoup ceux du C. villosum par leur forme et leur position, sont cependant notablement plus larges que dans cette espèce. Ils sont d'un brun vernissé, plus foncé sur la moitié longitudinale supé- rieure et le labelle, très massif, est d'un rose brunâtre. Il est à remarquer que d'autres hybrides sont déjà connus, issus des mêmes parents. Chaque fois qu'un hybride est mis au monde maintenant dans le genre Cypripedium, son obtenteur peut se donner la satisfaction de choisir sur le calendrier orchidophile entre deux ou trois noms (parfois davantage) déjà attribués à des produits du même croisement. Or, dans le cas actuel, il y a le C. X Thibautianum et le C. X œnanthum, et celui-ci déjà plus que célèbre; mais tous deux sont bien différents du nouvel hybride. Le C. x Galatea, que je ne connais pas de vue, paraît lui ressembler davantage d'après les descriptions, mais être moins remarquable et moins grand. * * * 44 LE JOURNAL DES ORCHIDEES CYPRIPEDIUM x MADAME ELISÉE DESCOMBES. — Cet autre hy- bride, provenant de la même collection que le précédent, a été également adressé à notre directeur par M. Octave Opoix, avec l'indication qu'il a fleuri pour la première fois en février 1892, ayant été semé en novembre 1S85. Il est issu du C. villosnm et du C. Spiccrianum, et c'est une bonne forme moyenne de C. X Lathamianum. * * * LAELIA GLAUCA. — Cette espèce, de même que le L. Digbyana qui a partagé toutes ses vicissitudes, a été décrite par Lindley sous le nom de Brassavola glauca. Elle a été classée par Reichenbach, dans le genre Bletia avec tous les Laelia, de sorte qu'il est permis de dire que Reichenbach avait fait le premier la réforme qui a été ultérieurement consacrée par Bentham, lequel a donné à la plante le nom de L. glauca. Son port et sa fleur, en effet, sont bien ceux d'un Laelia. La fleur, sans être glauque (c'est aux feuilles que s'applique cet adjectif) est un peu terne, mais elle est très grande, et d'un parfum excellent. Max Garnier. l'aération des serres (Suite, voir p. 12) Ainsi que je le disais en terminant le précédent article, tant qu'un orga- nisme est sain, les moisissures ne peuvent pas s'y établir; la vie elle-même, à l'état de santé, constitue la protection contre ses attaques. Pour que les bactéries ou les cryptogames puissent s'introduire et se développer, il faut une lésion qui leur ouvre la porte; et quand on remarque sur les feuilles d'une plante l'apparition des symptômes de la moisissure, on peut être certain que cette plante était atteinte depuis quelque temps déjà. On attribue ordinairement ces lésions aux gouttes d'eau qui tombent du vitrage des serres. M. Reichenheim admet cette explication. En outre il fait remarquer que les feuilles souffrent également lorsqu'elles restent assez long- temps en contact avec le vitrage humide et froid; toutefois ce dernier cas me semble devoir être assez rare si le jardinier s'occupe un peu de sa serre. M. Reichenheim estime que les mêmes lésions peuvent être produites par l6 AVRIL 1895 45 les gouttelettes que la circulation de la sève fait parfois poindre au sommet des feuilles lorsque la transpiration par les organes n'est pas assez active pour éliminer suffisamment du liquide absorbé par les racines. Je dois dire que je ne partage pas cette manière de voir ; en admettant qu'il se produise de ces gouttelettes sur les feuilles d'Orchidées (je n'en ai jamais vu sur les feuilles, mais assez fréquemment sur les boutons et les tiges florales) il me paraît bien difficile, vu leur petitesse, qu'elles puissent faire du tort aux tissus épidermiques, d'autant plus qu'elles ne subsistent pas longtemps. Lorsque la transpiration, pour une cause quelconque, est ralentie aux extré- mités, à la surface, et que le liquide nourricier affluant des racines se trouve comprimé, par suite, dans les vaisseaux, le contre-coup de cet état de choses ne tarde pas à se faire sentir dans toutes les parties de la plante, et les racines cessent d'absorber. Par suite, l'équilibre, un instant rompu, se rétablit, et il ne peut en être autrement, car dans tout organisme vivant, les forces vitales, en tenant compte d'une certaine élasticité de fonctionnement, doivent toujours rester en équilibre entre elles, ou si cet équilibre est détruit d'une façon prolongée, l'organisme périt. Les gouttelettes dont il s'agit ne se renouvellent donc pas, et comme elles n'atteignent jamais un volume très appréciable, et ne s'étalent pas sur la feuille, avec laquelle leur point de contact est très peu étendu, je ne crois pas qu'elles puissent avoir une importance réelle dans la désorganisation du tissu. En revanche, une cause qui, à mon avis, doit souvent jouer un grand rôle, comme le dit M. Reichenheim, c'est l'excès d'humidité dans les serres; et l'étude publiée ici même, il y a un an environ, sur les cryptogames qui attaquent les feuilles, me paraît de nature à confirmer et a compléter cette affirmation. « Il semble, dit M. Reichenheim, que ce soit uniquement une affaire d'ex- périence que de déterminer la quantité d'humidité atmosphérique qu'une Orchidée peut supporter d'une façon durable sans inconvénient, et en d'autres termes, les jardiniers ne l'apprennent qu'en constatant le mal produit. « Désirant posséder sur ce point quelques données utiles, j'ai adopté le mode expérimental, et dans ce but j'ai fait des expériences avec quelques Orchidées; c'étaient, d'abord un Dendrobium Wardianum, qui était en fleurs et avait une forte pousse, un Cypripedium villosum en pousse, un Cattleya Perci- valiana, qui était encore en repos, mais avait deux bourgeons, un Cattleya 46 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Trianae, qui était en repos, et un Odontoglossum triumphans qui avait des bou- tons et une pousse déjà à moitié développée. Toutes ces plantes étaient bien pourvues de racines, et irréprochables dans leur feuillage. L'expérience a commencé en février dans une serre-fenêtre munie d'un chauffage. « Sur le fond de cette serre repose sur des pieds un réservoir à eau clos en cuivre, servant d'appareil de chauffage, et qui est disposé de telle façon que l'air peut circuler tout autour; l'eau chaude circule dans deux tuyaux (de départ et de retour) reliés à une chaudière située près de là et qui est chauffée par une flamme de gaz que l'on peut régler à volonté. A cinq centimètres au-dessus du réservoir est placée une grille, qui supporte une plaque de métal ; sur celle-ci se trouve une couche de mousse, puis une couche de sable, et ces deux couches ensemble ont une épaisseur de douze centimètres. « Dans l'espace clos où se trouve le réservoir d'eau chaude, débouchent à la partie la plus basse trois tuyaux de deux pouces qui amènent l'air frais au-dessous du chauffage ; six tuyaux de deux pouces traversent la plaque de métal, la mousse et le sable, pour laisser pénétrer l'air chaud dans la serre (qui a environ 1/2 mètre cube); leur ouverture est réglée au moyen de clapets mobiles. Au-dessus du réservoir se trouvent des caisses à eau plates, sur lesquelles l'air échauffé doit passer avant de pénétrer dans la serre par les tuyaux. « Dans le vitrage même sont ménagées neuf ouvertures de ventilation de deux pouces, placées en haut, sur les côtés et en bas. « Cette serre d'appartement se trouvait dans une pièce ayant jour et nuit une température de 12 à 15 R. (15 à 18 3 / 4 C.) Le chauffage à eau sert donc uniquement à assurer la circulation constante d'air pur, chauffé et très chargé d'humidité, introduit dans la pièce par les ventilateurs; c'est donc un chauf- fage de ventilation. « Les plantes se trouvaient déjà depuis quatorze jours dans cette petite serre lorsque j'ai commencé l'expérience, et elles étaient en excellent état, quoique la température fut beaucoup trop élevée pour les Odontoglossum. « Il fallait instituer l'expérience de telle façon que la température de la serre fût maintenue entre 12 et 14 R. (15 et 17 J / 2 C.) et l'humidité très près de 100 °/ ; celle-ci était indiquée par un hygromètre vérifié au préalable. La dernière condition ne put être réalisée, parce qu'on ne parvint pas à empêcher absolument l'introduction de l'air sec de l'appartement. L'hygro- mètre varia entre 93 et 99 °/ . l6 AVRIL 1895 47 « Avant le commencement de l'expérience, les plantes furent arrosées selon leurs besoins, et le sable complètement humecté. Il n'était pas possible qu'il y eût des chûtes de gouttes d'eau, ni même un abaissement un peu marqué de la température de la serre, car on maintenait sensiblement la même tempéra- ture à l'intérieur et à l'extérieur; ce n'est que quand on ouvrait une fenêtre de la chambre, que la paroi vitrée située près de la fenêtre ouverte était un peu refroidie. La température du fond était de 16 à 18 R. (22 ' / 2 C.) dans la couche de sable supérieure. Les plantes étaient posées sur des pots renversés. « L'expérience commença à midi ; le lendemain matin les deux boutons du Cattleya étaient tombés, et un liquide aqueux suintait par les plaies de la tige florale. Le jour suivant, la plupart des feuilles étaient humides, surtout sur les Odontoglossum, et de la façon la moins marquée sur les Cattleya. L'expé- rience dura huit jours. Le résultat fut que toutes les fleurs et les boutons pourrirent et tombèrent, et que toutes les plantes présentèrent plus ou moins de taches de moisissure sur la surface, aux pointes ou sur les bords, exacte- ment semblables à celles qu'on observe dans les serres; replacées dans des conditions plus favorables, elles n'ont pas paru souffrir davantage de l'expé- rience, sauf l'Odontoglossum, qui avait eu les pseudobulbes et les racines attaqués aussi par la moisissure, et qui ne tarda pas à mourir. (Sera continué.) Comte DE MOKAN. ETUDES DE BOTANIQUE ÉLÉMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES (Suite, voir p. 387) IV. Acineta. — Ce genre fut décrit dans le volume de 1843 du Botanical Register. Nous avons dit plus haut que Lindley l'établit aux dépens de certains Peristeria; il en tira le nom du mot grec akinêtos, qui signifie immobile et rappelle l'absence d'articulation au labelle. Les deux espèces retranchés par Lindley des Peristeria pour constituer ce genre sont les P. Barkeri Batem. et P. Humboldtii Lindl. (1843), qui devinrent donc ses Acineta Barkeri et A. Humboldtii ; mais il est à remarquer que bien longtemps auparavant, en 181 5, cette dernière espèce avait déjà été nommée 48 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES par Kunth, Anguloa superba; c'est pourquoi Reichenbach crut devoir restituer à cette plante son nom spécifique primitif, et il lui imposa en 1863 le nom d'^L superba. C'est donc cette dernière dénomination qui est correcte, quoique celle de Lindley soit encore fréquemment employée. Les botanistes modernes sont d'accord avec Lindley pour réunir à ce genre le Nvippcrgia, de Charles Morren, décrit en 184g dans le cinquième volume des Annales de la Société d'Agriculture et de Botanique de Gand. On connaît aujourd'hui une dizaine d'espèces d'Acineta, disséminées dans l'Amérique tropicale, depuis le sud du Mexique jusqu'au Venezuela et à la république de l'Equateur. Pour se rendre compte de l'organisation florale dans ce genre, on peut ana- lyser les fleurs de l'A. superba, à fleurs de couleur très foncée, disposées en grappes pendantes. Voici les caractères du genre : « Sépales à peu près de même longueur, larges, assez épais, à la fin étalés, « les latéraux plus larges que le postérieur et brièvement soudés entre eux à « la base. Pétales assez semblables aux sépales, mais plus petits. Labelle « charnu, continu avec la base du gynostème, à onglet étroit et marginé, à « lobe médian continu ou articulé, infléchi, concave, indivis ou profondément « trilobé, à disque portant souvent des appendices ou des callosités. Gynos- « tème dressé, un peu arqué vers l'intérieur, parfois assez allongé, sans pied, « souvent muni de deux petites ailes antérieures dans sa partie supérieure. « Anthère terminale, en forme d'opercule, très convexe, uniloculaire ou im- « parfaitement biloculaire, souvent munie antérieurement de deux dents « saillantes; deux pollinies cireuses, étroitement oblongues, réunies à un réti- « nacle dilaté par un pédicelle aplati et oblong. — Herbes épiphytes, à pseudo- « bulbes charnus, surmontés d'un petit nombre de feuilles ou même d'une « seule. Feuilles amples, plissées-veinées, rétrécies en pétiole à la base. « Grappes simples, robustes, dressées ou pendantes, radicales. Fleurs remar- « quables, brièvement pédicellées, munies de petites bractées. » Ce genre est voisin du Peristeria, dont il a tout à fait le port ; comme celui-ci, il se distingue facilement des genres précédents, entre autres par ses sépales latéraux soudés entre eux dans leur partie inférieure. Il diffère du Peristeria sur- tout par ses fleurs, qui, lorsqu'elles sont bien développées, ont le périanthe étalé, au lieu de conserver la forme globuleuse; par le labelle à onglet plus étroit; par le gynostème dépourvu de pied et souvent plus allongé; enfin par ses pol- linies qui ont un pédicelle, au lieu d'être insérées directement sur le rétinacle. l6 AVRIL 1895 49 V. Catasetum. — Ce genre, si curieux à la fois au point de vue historique, morphologique, physiologique et ornemental, fut décrit en 1822 par le botaniste français Louis-Claude Richard, dans le Synopsis Plantarum de Kunth, ouvrage consacré à la description sommaire des principales plantes nouvelles récoltées par les célèbres voyageurs Humboldt et Bonpland. Son nom dérive du mot grec kata, qui veut dire sur, et du mot latin seta, qui signifie soie, allusion aux deux longues soies que porte antérieurement le gynostème dans les deux espèces décrites par Richard, le C. macrocarpum et le C. maculatum. Le nom Catasetum étant tiré de deux langues différentes, constituant ce que l'on nomme un nom hybride, est irrégulier; c'est pour cette raison que le comte de Hoffmannsegg a cru devoir le changer en Catachaetum ('), mais cette modification n'a pas été admise par les auteurs postérieurs. Les sept Catasetum connus jusqu'en 1832 avaient tous, comme les deux espèces primitives décrites par Richard, le labelle très épais et charnu, fort ventru et dirigé en haut, avec le gynostème allongé, muni en avant de deux longues soies pendantes. Dans le volume de cette année 1832 du Botanical Register, Lindley décrivit deux autres plantes originaires de la province de Rio de Janeiro et remarquables, la première par le gynostème semblable à (1) Nous avons trouvé cette modification dans un opuscule rarissime, qui n'est pas cité dans le Gênera de Bentham et Hooker et que l'administration du Musée botanique de Berlin a bien voulu mettre à notre disposition ; il est intitulé : « Verzeichniss der Orchidcen im Gràfl. Hoffmannseggischen Garten zu Drcsden, nebst ihren Werthen, den Besclircibungcn der darunter befindlichen neuen Arten, und einigen allgemeincn Bemerhmgen iiber ilire sowohl praktische mie thcoretische Behandlung fiir 1843. » C'est une petite brochure comprenant 64 pages numérotées, précédées du titre et d'un feuillet non paginé conte- nant la table des matières et Yerrata, A la page 38, on lit : « Catachaetum Nob. — Rchb. Rep. Hort. Syn., p. 142, not. — Catasetum Auct. (maie!); puis vient la liste des Catachaetum suivants : C. ciliare, C. Claveringii, C. floribitndum, C. lituratum « Nob. ! » C. purum, C. semiapertum, C. squalidum « Nob. ! » A la page 45, on trouve une note justifiant le changement de Catasetum en Catachaetum, suivie de la description du Catachaetum lituratum « Nob. Icon. ined., » puis page 46, celle du C. squalidum « Nob. Icon. ined., » deux espèces que Reichenbach a rapportées au Catasetum luridum Lindl., mais sans renseigner où elles avaient été décrites. Dans le même ouvrage, on trouve encore les changements suivants aux noms génériques : page 38, Angrecum, au lieu cYAngraccum; p. 44, Amalias, pour Amalia, nom que Reichenbach père avait cru devoir substituer à Laclia; p. 49, Gomezia, au lieu de Gomeza; p. 53, Gongoras, remplaçant Gongora ; enfin p. 54, le genre Lcucostachys est établi pour le Goodyera procera. Les pages 44 à 62 contiennent la description de 30 espèces considérées comme nouvelles et rapportées aux genres Catachaetum, Cattleya, Cirrhaea, Cymbidium, Epideudrum, Gomezia, Gongoras, Leptotes, Maxillaria, Oncidium, Ornithidium, Sophronitis, Stelis et Zygopetalum, 5° LE JOURNAL DES ORCHIDEES celui des Catasetum, mais ayant un labelle plan, mince et dirigé en bas; l'autre ayant au contraire le labelle des Catasetum, dirigé vers le haut aussi, mais encore bien plus épais, avec un gynostème très court, dépourvu de filaments. Pour la première de ces plantes, il établit le genre Myanthus, et pour la seconde, le genre Monachanthus. (Sera coutume.) A. CoGNIAUX. PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE ODONTOGLOSSUM GELÉS. — Une abonnée (F. C.) nous demande ce qu'elle doit faire de ses Odontoglossum dont les jeunes pousses ont été gelées. Nous ne voyons qu'une chose à faire, c'est d'attendre, en soignant bien les plantes, mais sans les chauffer trop (ce qui ne serait pas un remède), qu'elles produisent d'autres pousses pour remplacer celles qui ont péri. Les arrière- yeux s'ouvriront probablement et il ne restera d'autre trace de l'accident qu'un retard de quel- ques semaines ou peut-être quelques mois. Mal- heureusement, si les plantes n'ont pas d'autres yeux, nous ne voyons pas de moyen de remédier au mal, et il ne restera qu'à les remplacer. Notons à ce propos un passage intéressant de la lettre de notre abonnée, relativement aux effets du froid : « Par suite d'un accident survenu au chauffage, il a gelé 3 degrés dans la serre. Les Masdevallia et les Odontoglossum Rossi majiis n'ont pas souffert. » LES CYPRIPEDIUM QUI JOUENT. — Le Gardeners' Chronicle publie une gravure repré- sentant un sport curieux de Cypripedium qui a fleuri dans la collection de M. F. Wigan, de Sheen. Il s'agit d'une forme de C. )< Dauthieri, issu du croisement du C. barbatum avec le C. vil- losum. Or la fleur qui a fait son apparition chez M. Wigan est mi-partie barbatum, mi-partie villosum. Elle est séparée par une ligne longitu- dinale en deux moitiés égales; la moitié de droite est un C. barbatum, celle de gauche un C. villosum. Non seulement les sépales, les pétales et le sabot, mais aussi le staminode, l'ovaire et la bractée présentent ce double caractère. Il y a donc dans ce cas une combinaison instable desdeux parents, qui tendent à se dissocier. Le C. X Dauthieri est d'ailleurs particulière- ment sujet à présenter des variations et des irré- gularités de coloris curieuses; mais celle-ci est très remarquable à cause de sa régularité. M. EDOUARD RAND, de Para, nous écrivait récemment une lettre dont nous extrayons les passages suivants : « En ce qui concerne votre bel ouvrage Les Orchidées exotiques et leur culture en Europe, je l'ai lu avec la plus grande attention et j'en suis très vivement satisfait (very much pleased with itj. C'est de beaucoup l'ouvrage le plus complet sur les Orchidées qui ait été publié. Je suis aussi très sensible à l'amabilité avec laquelle vous m'avez cité en plusieurs endroits; mais il y a une chose qui me préoccupe. Dans la liste des ouvrages écrits antérieurement sur les Orchidées, vous ne mentionnez pas mon livre « Orchids, » publié en 1876 (ij. Il est certain que les progrès de la culture et de l'introduction des Orchidées ont été si grands depuis sa publication, qu'il n'est plus utile actuellement que comme référence, (1) J'avouerai franchement à mon excellent correspon- dant que j'avais égaré l'exemplaire qu'il avait eu l'ama- bilité de m'adresser, et que quand j'ai voulu citer son livre dans ma liste, j'avais dû laisser provisoirement en blanc la date de sa publication et les renseignements nécessaires. N'ayant pas pu obtenir les renseignements en temps utile (car l'impression devait être menée activement, et beaucoup de souscripteurs me pressaient de publier mon ouvrage), j'ai dû renoncer à compléter la brève indication qui figurait sur l'épreuve, et par conséquent à mentionner le livre de M. Rand, à mon grand regret. 16 AVRIL 1895 51 mais à l'époque de sa publication c'était l'ouvrage le plus complet qui eût jamais paru, et un grand progrès sur les publications précédentes. Il avait été écrit sur le conseil du professeur Gray, et j'ai des lettres du D r Reichenbach et d'autres personnes qui en font de très grands éloges. Il a eu une très grande vente et se vend encore. C'est un livre de 475 pages, et il contient des données qui étaient publiées alors pour la première fois, et qui ont été copiées depuis lors par d'autres auteurs. Je viens de voir les Catasetum figurés dans la Lindenia; j'avais lu précédemment les descrip- tions de plusieurs d'entre eux dans le Journal des Orchidées, et il me semblait presque impossible qu'ils fussent aussi beaux que la description ; mais maintenant que j'ai vu les planches, j'ai changé d'avis sur ce point. Il n'y a qu'un ad- jectif anglais qui puisse les qualifier, et c'est « magnificent! » Rien de pareil n'a jamais été vu, et il est difficile d'imaginer qu'ils puissent être surpassés dans l'avenir. Vous avez eu une bonne fortune tout à fait merveilleuse en les découvrant. Vous nous aviez donné d'abord le C. Bungerothi, et maintenant ceux-ci! J'ai quelques articles presque prêts pour le Journal des Orchidées, l'un contenant quelques notes sur les Coryanthes et l'utilité du liquide qui tombe en gouttes dans le seau, un autre sur la saison de floraison des Orchidées au cours des années successives ; je les finirai et vous les en- verrai bientôt. » Nota. — Je prends acte avec plaisir — et mes abonnés penseront certainement de même — de la bonne promesse contenue dans ce dernier paragraphe. FLEURS SOUDEES. — Parmi les Orchidées exposées au 56 e Meeting de L'Orchidéenne, le 10 mars dernier, figurait un Odontoglossum Riickeri très richement fleuri, et qui présentait une curieuse particularité : L'une de ses grappes portait, vers son milieu, quatre fleurons consé- cutifs formés chacun de deux fleurs soudées et fondues ensemble, dans lesquels étaient présents tous les organes au complet, et normalement constitués. Ce qui était particulièrement singulier dans le cas dont il s'agit, c'est qu'il n'y avait pas de vides dans le racème, malgré l'anomalie survenue dans le développement. En général, lorsque deux fleurs d'une grappe se soudent ensemble, la place qui devait être occupée par l'une des deux reste vacante, et la fleur double est plus espacée des autres qu'à l'ordinaire. Ce phénomène aurait dû être d'autant plus apparent qu'ici c'étaient quatre fleurs qui manquaient à leur place ; néanmoins, les pédicelles étaient régulièrement alternés sur l'axe floral et très rapprochés, comme dans le cas normal. ENCORE LES NOMS LATINS. — Nous avons reçu la lettre suivante : « Faut-il adjectiver les noms, oui ou non ? Si on adjective, on aura : Triana, Trianaeus. . . Trianaei et Roezl, Roezlius . . Roezlii Si l'on n'adjective pas, on aura : Triana Trianae Roezl, Roezlus . . . Roezli. Mais c'est l'un ou l'autre, et Trianae ne peut pas se concilier avec Roezlii. Je vous avoue que l'un me plaît autant que l'autre, et je n'en fais pas une question de doctrine ; mais ce que je voudrais, c'est une règle unique, pour éviter la fâcheuse in- cohérence. Que Messieurs les Docteurs veuillent bien opter! » * * * BEAUCOUP D'ABONNÉS me chargent de féliciter notre excellent collaborateur, M. Miteau, de son superbe article sur les Cypripedium. Voilà qui est fait, et ce avec grand plaisir. M. Miteau prépare actuellement un article tout aussi intéressant sur les Coelogyne, un genre dont il réussit particulièrement bien la culture ; elles sont superbes à Jette St-Pierre, les Coe- logyne. PLUSIEURS ABONNES veulent bien témoi- gner au Journal des Orchidées le plaisir que leur a produit la dernière interview et en demandent de « nouvelles pour Vavenir... » « Notre cher petit Journal est très vivant, « m'écrit l'un d'eux, et je goûte infiniment le « genre d'information adopté. Vous devriez vous « laisser interviewer plus souvent sur toutes sortes « de questions, principalement sur les cultures et les « faits intéressants du monde orchidéen. Combien « notre journal est différent des autres et comme « il s'éloigne de l'ancien jeu. des articles souvent « allongés outre mesure de la presse horticole telle « qu'elle est établie, presque partout ailleurs sur « le continent, depuis 50 ans. C'est toujours la « même façon d'attaquer un article et de le lâcher, « sans que le lecteur en retienne quelque chose ou « que l'horticulture en profite. « Le Journal des Orchidées, lui, est toujours « jeune et bien qu'il ne s'occupe que d'une famille « il trouve toujours à dire du nouveau ou une « manière nouvelle d'accommoder les restes... l'an- « cien, veux-je dire. Bravo au « Journal des « Orchidées » et qu'il poursuive de même la route « écliirêe qu'il s'est si brillamment tracée! Bravo * donc à son Directeur, à ses savants Collabora- « teurs et à ses brillants Causeurs et merci à vous « tous de tout le plaisir qu'il nous procure. » Très flatteur, ô combien, pour le Journal des Orchidées mais peu aimable pour les confrères et consœurs, le correspondant ci-dessus! Nous ne demandons pas mieux que de nous laisser interviewer, chaque fois que nous pense- rons que les questions et les réponses puissent 52 LE JOURNAL DES ORCHIDEES intéresser nos lecteurs. Mais, à une condition cependant, c'est que les intervieweurs veuillent bien consentir à devenir quelquefois des inter- viewés. Ce genre d'informations n'a d'intérêt que par la diversité des personnes compétentes que l'on fait causer. CYPRIPEDIUM HYBRIDE MERE GI- GOGNE. — Un amateur belge a exposé récemment onze Cypripedium hybrides de noms variés.... issus tous du croisement C. Spice- rianum X C. Sallieri Hyeanum. Si nous ne nous trompons pas, il en existait déjà au moins deux ayant la même origine ; total, treize noms diffé- rents donnés à un même semis. Cela promet des catalogues volumineux pour l'avenir, si l'expo- sant dont nous parlons trouve quelques imitateurs. BIBLIOGRAPHIE. — Flora Brasiliensis, fasc. 115. Orchidées, II, par M. ALFRED CoGNIAUX. — 1 vol. gr. in-folio, de 3Z2 pages, avec 41 planches. Fked. Fleischer, à Leipzig. Le fascicule qui vient de paraître est le second consacré aux Orchidées dans la Elore du Brésil, cet ouvrage considérable que tous nos lecteurs connaissent au moins de réputation. Nous avons déjà dit, à l'occasion de la publication du premier fascicule, avec quelle clarté méthodique est établi le plan général de la classification des Orchidées dans cet ouvrage, qui fait le plus grand honneur à notre éminent collaborateur M. A. CoGNIAUX ; de même que dans le premier fascicule, les docu- ments utilisés sont extrêmement riches; les types authentiques des auteurs sont cités dans la plupart des cas; de même, la dispersion des différentes espèces est beaucoup plus détaillée que dans tous les ouvrages antérieurs, grâce à la richesse des matériaux dont a pu disposer M. CoGNIAUX; ainsi, pour citer un exemple, M. Cogniaux indique pour le Stenorrhynchus orchiaides un grand nombre de localités (53) dont 5 ou 6 seulement avaient été signalées jusqu'ici. En outre, à l'appui de chaque citation d'une localité, le lecteur trouve l'indica- tion du collecteur qui y a trouvé la plante et le numéro qu'elle porte dans son herbier, ce qui facilite notablement les études ; enfin, lorsque l'espèce est nouvelle, l'ouvrage indique dans quels herbiers elle se trouve, ce qui permet de retrouver ultérieurement le type de l'espèce. Le nouveau fascicule contient la fin de la tribu des Néottiinées, les Liparidinées et les Polysta- chiinées, comprenant 15 genres avec 175 espèces. Les planches, exécutées et gravées avec un soin et une précision des plus remarquables, repré- sentent 77 espèces et 2 variétés. Parmi les genres décrits dans ce volume, le plus connu des collectionneurs est le genre Ga- leandra; M. Cogniaux donne le synopsis de 20 espèces; à noter le transfert du G. d'Escra- gnolleana de Reichenbach comme synonyme du G. lacustris Barb. Rodr. VANDA TRICOLOR VAR. HOVEAE. — Nous avons reçu de M. Ballant, de Bordeaux, une fleur de Vanda qui ne peut être assimilée qu'à cette superbe variété. C'est une des formes les plus élégantes du V. tricolor, d'un coloris charmant et très distinct. LE BANQUET ANNUEL DE « L'ORCHI- DÉENNE » est fixé au 28 avril, à la suite des travaux du jury du prochain Meeting, et aura lieu au Grand Hôtel, à Bruxelles. C'est le docteur Capart (un maître organisateur) qui a bien voulu se charger de son organisation et c'est chez lui, 5, rut tt'E^mont, qu'on souscrit. Est-il besoin de dire que ce sera une fête absolument réussie? Ayant comme organisateur le Dr Capart et comme convives lesOrchidéens, en douter serait absurde. L. L. ^P%l^ fëJÊÊIÊÈit^ ^ x ^ mm ^ Médailles ^"^ y^&-^ ^^^^\. t^^^^y^^^^^^A^I^ >*£* § LE CATALOGUE GÉNÉRAL DES GltAINES ET y ^/^^^^pi^^^^^^^T^^/^T^^^r^y^^^X^^^^^^ ^ ' " &»v. autresartici.es, 120 pages, sous ricbe couver- (S-^-/'^dr > f^§0^^<^^2LJ8^^^~^^'2^^^^y^&f^^^ ya^^^ C ) lin- illustré ie jravures contient 1» La V / ^/fc, Ib$£& re^\<* \:L~ - ' ' — ■ ^-i y*~^^ t fr3 v ~"-^ > '"*^ — / liste 1rs Nouveautés intéressantes. 2o La liste lÀTlBS/fflj ifgM 1 JBi ^ B aialT ' jA* ■tf&*'ist'^yr Jfi. lat ' ^ti'^J^Bty^ '''" G*""''"" ''" Légumes. ■ La liste des Vrai m* n 2n' I 'fcj^^afflflei ICTi MB /H fiBi |B ! Im ! W 39 aSy! -/ de fleuri. 4" La liste des Graines pour prairies ^ JÀ a\W ^Ba Ê ^^^SÊ J^^-^^^ ^^-^^~^S—^ : ^S-^^^^*^'i '' /"■'""■"*■ Cks SONT DE Ç^^^l^VH Iffl V^vIFr ^^j f ~ g^g^V^_ ^ f BW7jFrm L WJM.»i h r. .^ag l^ N TOUTES LES EXPLICATIONS UTILES. 5<* La li te des ®«V^^^!w^^ rQi DFE3F-'*' A Cil C rolleeliom La listi des Oh(i7.ï et instruments '5>\?' ^9 Hcfl N^ ^5^ "tnt. & rILo horticoles, etc., etc. C'rsl rrrlaiiieuielit la plus *_ E t ' ^ -K- o i«r ■ ' Il 5 CATALOGUES PAR AN IE. MEUITIER; & G IE AGENTS GÉNÉRAUX DU SYNDICAT DES VITICULTEURS BELGES S4, rue des Paroissiens, Bruxelles. Spécialités de RAISINS, FRAISES, TOMATES, PÊCHES ET PRIMEURS FLEURS COUPÉES D ORCHIDÉES, Roses, Œillets, Anthurium, etc. Expédition journalière à toutes les époques de l'année et en tous pays Prix et renseignements sur demande. Usines SCHLŒSING Frères. — Marseille Médaille d'or. Exposition Universelle Paris 18S9. 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II guent les plantes de la chlorose et excite la végétation. Enfin, mélangé au fumier, il le débarrasse des vers et parasites de toutes sortes. Notre soufre doit être employé le matin à la rosée DEMANDEZ LA BROCHURE EXPLICATIVE Un sachet échantillon de 5 kilos fr 3 20 Un sac de 25 kilos . . » 6 75 Un sac de 50 kilos .'.".'" » 13 » f quai Un sac de 100 kilos ... , oc , > Par 1.000 kilos et au-dessus ..'..'.'. '. '. *. '. '. » £i. 50 O'O k°s Anver8 - Soufflet spécial pour l'emploi du Soufre précipité SCHLŒSING » 5.50 ' Dépositaire général pour la Belgique et la Hollande M. Théodore VON WERNICH, 6', rue des Beggards, Anvers USINE A VAPEUR SPÉCIALEMENT MONTÉE POUR LES CONSTRUCTIONS HORTICOLES Fondée en 1876. J.-B. COURT. 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Chimaera. y feuilles, belle plante . . . » Backhouseana, 10 feuil., belle pi » Roezli. S feuilles, belle plante . » Wallisi, 6 feuilles, belle plante civilis, 15 feuilles, belle plante .... coccinea. 6 feuilles, belle plante .... coriacea, 12 feuilles, belle plante corniculata, 8 feuilles, belle plante . Davisi. 10 feuilles, belle plante .... Dayana. G feuilles, belle plante .... Epnippium, 5 feuilles, belle plante . Erythrochoete, 8 feuilles, belle plante . Estradae, 10 feuilles, belle plante . . . floribunda, 6 feuilles, belle plante . Gaskelliana. ."> feuilles, belle plante . Harryana. 8 feuilles, belle plante . » 12 feuilles, belle plante . 15 feuilles, belle plante . délecta, 6 feuilles, belle plante magnifiea. 5 feuilles, belle plante superba, 6 feuilles, belle plante flammea, 6 feuilles, belle plante ignea superba, 6 feuilles, belle pi macrantha, 8 feuilles, belle plante > splendens, 10 feuilles, belle plante > carnea, 6 feuilles, belle plante . violacea, S feuilles, belle plante grandiflora, 10 feuilles, belle pi. » amethystina. 6 feuilles, belle pi. Lowi, 7 feuilles, belle plante » Victoria, 6 feuilles, belle plante » coerulescens, 8 feuilles, belle pi. » conspicua, 10 feuilles, belle plan Denisoni, 8 feuilles, belle plante fastuosa, 6 feuilles, belle plante » excelsior, 6 feuilles, belle plante » purpurea, 8 feuilles, belle plante striata, 5 feuilles, belle plante délecta superba, 6 feuil., belle pi. » lilacina, 8 feuilles, belle plante » aurantiaca, 6 feuilles, belle plante atro-purpurea. 8 feuilles, belle pi. ignea, 10 feuilles, belle plante » rosea, 6 feuilles, belle plante Fr. 8 5 » 12 » 25 > 10 > 10 » 5 5 » 25 25 - 40 10 » 10 » 20 » 40 •> 5 » 12 » 5 20 10 20 10 30 5 8 10 25 20 50 25 100 20 15 75 20 15 75 50 25 8 50 15 100 30 20 20 40 25 100 30 20 15 Harryana gloriosa, 8 feuilles, belle plante salmonea, 6 feuilles, belle plante » elongata, 10 feuilles, belle plante rosea striata, 6 feuill., b le pi. » atro-sanguinea, 5 feuill., b' e pi. » luteo oeulata. 8 feuill., b le pi. atro-violacea, 6 feuill., b la pi. » lineata. 8 feuilles, belle plante > illustris, 8 feuilles, belle plante » triumphans, 8 feuilles, belle pi. » versicolor. 10 feuill., belle plante > rosea picta, 6 feuill., belle plante » chrysotoxa, 8 feuill., belle plante » Leopoldi. 10 feuilles, belle plante » Kegeljani, 6 feuilles, belle plante » lacta, 8 feuilles, belle plante . » carnea striata, 8 feuill., b le pi. » meteor, 6 feuilles, belle plante » flambeau, 6 feuilles, belle plante hieroglyphica, 10 feuilles, belle plante Houtteana. 12 feuilles, belle plante. . . ignea, 12 feuilles, belle plante .... » Boddaerti, 6 feuilles, belle plante . » grandiflora. 8 feuilles, belle plante » Massangeana. 6 feuilles, belle plante infracta, 10 feuilles, belle plante ionocharis. 6 feuilles, belle plante . leontoglossa, 5 feuilles, belle plante Lindeni, 10 feuilles, belle plante grandiflora, 8 feuilles, belle plante ludibunda, 6 feuilles, belle plante . maculata, 6 feuilles, belle plante . melanopus, 8 feuilles, belle plante . militaris, 5 feuilles, belle plante. Mooreana, 6 feuilles, belle plante . Nycterina, 8 feuilles, belle plante . pachyantha, 6 feuilles, belle plante Parlatoreana, 5 feuilles, belle plante . peristeria, 6 feuilles, belle plante . platyglossa, G feuilles, belle plante . radiosa, 8 feuilles, belle plante .... Roezli, 5 feuilles, belle plante .... rosea, 5 feuilles, belle plante Schlimi. 10 feuilles, belle plante .... severa, 6 feuilles, belle plante .... Shuttleworthi, 7 feuilles, belle plante . simula, 10 feuilles, belle plante .... spectrum, 6 feuilles, belle plante triangularis, 10 feuilles, belle plante . tridactylites. 10 feuilles, belle plante . Veitchiana, G feuilles, belle plante . » 12 feuilles, belle plante > grandiflora, 8 feuilles, b le pi. Wagneriana, 10 feuilles, belle plante . "Wallisi, 8 feuilles, belle plante . . , . I er MAI 1895 53 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES LXXXV. — Les Coryanthes et leur légende Quelques-unes des espèces qui composent le genre Coryanthes sont bien connues de la plupart des cultivateurs d'Orchidées, mais toutes sont de culture un peu difficile, car les plantes importées vivent et parfois fleurissent pendant quelque temps, mais elles perdent peu à peu de leur vigueur et il est rare qu'elles durent plus d'un petit nombre d'années. Aussi a-t-on rarement l'occa- sion dans les cultures d'étudier le but de la conformation des différentes parties de la fleur, et il y a peu de personnes qui se soient trouvées à même d'observer les plantes à l'état naturel. Les fleurs sont grandes et d'aspect singulier; on ne peut guère dire qu'elles soient belles, mais elles sont certainement très curieuses. Leur coloris, ordinai- rement terne, est cependant très varié et les dessins, les marbrures qu'il pré- sente, ont un grand attrait. D'autre part, il y a des espèces qui ont les fleurs jaune d'or, et d'autres dans lesquelles le blanc domine. Quoique certaines espèces produisent leurs fleurs en grappe dressée, la plupart sont pendantes, et toutes ont une structure si singulière qu'elles attirent tou- jours l'attention, et que les Coryanthes sont toujours cités comme exemple d'Orchidées de forme bizarre. La partie la plus frappante de ces fleurs est un grand seau suspendu; au- dessus du seau, des deux côtés de la colonne, se trouvent deux appendices charnus analogues à des cornes, d'où un liquide commence à suinter goutte à goutte aussitôt que la fleur s'épanouit. Ce liquide tombe lentement dans le seau jusqu'à ce que celui-ci soit presque rempli; l'écoulement du liquide dure à peu près trois jours et cesse environ six heures avant que la fleur commence à se faner. La plupart des auteurs qui se sont occupés des Coryanthes appellent ce liquide du « miel, » et disent — sans aucun fondement à ce qu'il nous semble — qu'il est destiné à attirer les insectes qui fécondent les fleurs. Habitant une région où les Coryanthes ne sont pas rares, et où deux espèces 54 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES au moins croissent dans les bois dans notre voisinage immédiat; cultivant plusieurs autres espèces, dont quelques-unes probablement n'ont pas encore été décrites, de la région de l'Amazone; ayant également cultivé le C. wacrantha, nous nous proposons d'exposer les résultats d'une série d'observations que nous avons poursuivies pendant une période d'au moins dix années. Et d'abord, disons que le liquide qui suinte des cornes de la colonne dans le seau, n'est pas du miel, au sens propre du mot. C'est de l'eau qui a un goût douceâtre, et dont la douceur varie d'une espèce à l'autre, et souvent même d'une fleur à l'autre dans la même espèce, et varie même un peu avec l'état d'humidité de l'atmosphère au moment où la fleur s'épanouit. Ce liquide est clair, limpide, jamais visqueux et très rarement tout à fait poisseux; il est toujours absolument dépourvu d'odeur, autant que nous avons pu le constater. Si c'était un miel liquide, il ne pourrait guère manquer de s'assimiler le parfum puissant que la fleur exhale. Nous avançons ce fait après avoir goûté le liquide produit par des centaines de fleurs, tant à l'état sauvage que dans les cultures de nos jardins, au cours d'une période de plusieurs années. En second lieu, il est absolument inexact, d'après nos observations, que ce prétendu miel serve à attirer les insectes qui fécondent les fleurs, comme on le dit si souvent. Les fleurs de Coryanthes sont fécondées par une abeille d'un vert brillant, de moyenne grandeur, qui prend son vol dans le jour, et dont le nom scientifique est, je crois, Euglossa aurata. Les fleurs commencent à exhaler leur parfum pénétrant quelques heures après leur épanouissement, et dès que ce parfum se répand, très rarement avant, les abeilles en question viennent en grand nombre voltiger auprès de la fleur ; nous en avons quelque- fois compté cinquante autour d'une seule grappe de fleurs, et lorsque la plante se trouve en plein soleil, le coup d'œil est très brillant. Nous avons observé ces abeilles autour des fleurs pendant des heures entières, et nous n'en avons jamais vu une goûter le liquide contenu dans le seau, ni même entrer volon- tairement dans le seau. Toute leur attention se porte sur la partie supérieure de la fleur. De plus, nous n'avons jamais vu aucun insecte d'une espèce quel- conque boire le liquide, quoique nous ayons quelquefois trouvé, le matin, certains cancrelas nocturnes noyés dans le seau et que nous ayons également rencontré à l'occasion de petites mouches noires, mortes dans le liquide; mais nous sommes porté à croire que ces insectes, attirés par le parfum, étaient venus sur la fleur, et là, suffoqués par son intensité, étaient tombés dans le seau où ils s'étaient novés. I er MAI 1895 55 Tels sont les faits. Maintenant, il reste à se demander à quoi sert ce liquide, car nous pensons que cette curieuse combinaison de la nature doit avoir quelque utilité. Il est toujours beaucoup plus facile de démolir une théorie admise que d'en édifier une nouvelle, et nous nous trouvons en face de ce dilemme : d'une part, nous croyons, et toutes les observations semblent démontrer, que le liquide contenu dans le seau ne sert pas à attirer les insectes; d'autre part, nous devons absolument renoncer à dire à quoi et de quelle façon il pourrait servir; de sorte que cette curieuse production de la nature est encore actuellement un mystère. Mais nous ne sommes pas au bout des légendes que les auteurs ont racontées au sujet des Coryanthes. Ed. S. Rand. (Sera continué.) L AERATION DES SERRES (Suite, voir page 44) Les expériences ont ensuite été continuées avec d'autres Orchidées, et aussi avec des degrés moindres d'humidité. La conclusion qu'on peut tirer de l'en- semble des résultats est celle-ci : lorsque le degré de saturation était de So °/ , aucune des plantes soumises aux expériences n'a présenté de signes de moisis- sure, ni de gouttelettes de liquide sur ses organes, tandis que ces deux phéno- mènes se produisaient plus ou moins promptement sur toutes lorsque le degré de saturation dépassait 93 %. Seul, un Phalaenopsis Schilleriana resta absolu- ment indemne, ce qui confirma le principe, tiré de l'expérience, que ces Orchidées supportent une atmosphère extrêmement humide. « Je sais parfaitement, dit M. Reichênheim, que des expériences comme celle que je décris ne peuvent nullement prétendre à une exactitude d'une valeur scientifique, quand ce ne serait déjà que par cette raison, que les condi- tions d'éclairage sont toujours défectueuses dans une serre d'appartement, et que précisément l'éclairage, comme je l'ai déjà dit, exerce une influence directe sur la transpiration. Néanmoins elles suffisent pour se faire une idée approximative du degré de saturation de l'air qui peut nuire aux Orchidées, et en fait, j'ai pu observer que quand l'état hygrométrique de l'air est maintenu 56 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES autant que possible à So °/o pendant le jour dans les serres, les Orchidées de tous les compartiments se comportaient bien, même en été pendant la période de la plus grande activité. Cela semble être en contradiction avec les conditions d'existence qu'ont les Orchidées à l'état naturel, où l'on sait que la période de végétation coïncide avec la saison des pluies des pays tropicaux. A cette époque, la pluie tombe pendant des mois avec une force que nous ne pouvons observer qu'exceptionnellement dans les grandes tempêtes; la terre, les plantes, l'air, sont saturés d'humidité. Mais l'air est violemment agité, chaque goutte de pluie emporte de l'air avec elle, et la végétation est ainsi baignée non pas seulement d'eau, mais d'air constamment renouvelé. Puis il s'agit de plantes vivant à l'état de nature, qui sont accoutumées depuis de longues générations aux conditions climatériques de leur patrie, et dont les racines ne sont pas emprisonnées dans un compost mort et un récipient étroit, en un mot des plantes qui ne peuvent être comparées à celles qui végètent chez nous en captivité et dans des conditions différentes de la nature. » Je suis d'accord avec M. Reichenheim sur bien des points, et je reconnais que ce qui précède est parfaitement exact; cependant je crois devoir faire ici une légère observation. II est extrêmement difficile, à mon avis, d'établir des règles aussi générales, s'appliquant à des plantes soit de la même espèce, soit d'espèces ou de genres différents, qui ne se trouvent pas dans les mêmes conditions ou n'ont pas le même tempérament. Considérons en effet les Orchidées, si différentes entre elles comme structure et comme genre de vie. L'une est terrestre, et réclame beaucoup d'humidité; une autre a des pseudobulbes très volumineux, et a besoin d'un repos prolongé; une autre a les pseudobulbes grêles ou n'en a pas, et par suite, ne peut pas supporter une grande privation d'eau. L'une a des racines très abondantes et actives, et absorbe l'eau rapidement, de sorte qu'elle doit avoir un compost très fréquemment humecté; une autre possède peu de racines, et ces racines s'étendent dans l'air, et par suite elle doit trouver surtout dans l'atmosphère l'humidité dont elle a besoin. Comment formuler une règle générale? C'est sur- tout une question de tact, et c'est en cela que consiste le talent, l'art du jardinier. L'état de développement d'une plante fournit une nouvelle cause de différen- ciation, et cela dans une même espèce. Un Odontoglossiun crispum en bouton ne sera pas traité de la même façon qu'un O. crispum qui vient d'entrer en I er MAI 1895 57 Et je remarquerai, en outre, que la règle à établir ne peut pas être simple, parce qu'elle doit gouverner deux éléments variables. Nous savons, en effet, que la quantité d'humidité contenue dans l'air peut et doit être plus ou moins grande selon que les arrosages sont plus ou moins abondants. L'inconvénient capital que M. Reichenheim trouve, comme on l'a vu plus haut, à la saturation de l'air de la serre, c'est qu'elle s'oppose à la transpiration et produit par suite un engorgement des canaux de la plante par les sucs qui ne peuvent s'évaporer. Mais si, en même temps qu'on arrose beaucoup, on diminue l'humidité atmosphérique, ou si, le degré hygrométrique de l'atmosphère étant élevé, on réduit les arrosages, la plante ne sera pas incommodée. Elle ne souffre que quand on lui donne à la fois des arrosages copieux et une atmosphère saturée d'humidité, et c'est évidemment là un abus à déconseiller. Mais cet abus est bien moins fréquent que M. Reichenheim ne paraît le croire. En général, sur le continent, l'atmosphère des serres est plutôt trop sèche que trop humide. Pour la saturer d'humidité, il faut asperger les sen- tiers et les tablettes très souvent, ce qui exige beaucoup de temps et de main- d'œuvre ; la plupart des jardiniers pèchent par excès contraire. Sans doute, pendant la fin de l'automne et l'hiver, il arrivera parfois que l'atmosphère des serres sera saturée d'humidité, la ventilation étant suspendue et l'abaissement de la température rendant aussi cette saturation plus facile ; mais la grande majorité des Orchidées entrent en repos à cette époque et reçoivent peu d'arrosages directs, de sorte qu'elles ne souffriront guère. * * * « Pour pouvoir déterminer exactement l'humidité de l'air, continue M. Rei- chenheim, on se sert d'un hygromètre. Il est nécessaire de vérifier au début, et aussi de temps en temps par la suite, s'il indique exactement les degrés élevés de l'état hygrométrique, car ordinairement cette exactitude ne se main- tient pas bien. On arrive en peu de temps à sentir approximativement le degré de saturation de l'air, exactement comme on sent la température, et plus facile- ment dans les compartiments chauds que dans les compartiments froids. On constatera alors qu'une humidité relative de plus de 90 %, spécialement dans la serre chaude, n'est pas agréable pour les poumons. » (Sera continué.) Comte DE MORAN. 58 LE JOURNAL DES ORCHIDEES LAELIA ANCEPS DAWSONI Dans son premier numéro, il y a cinq ans (déjà !), le Journal des Orchidées consacrait un article aux variétés blanches du Laelia anceps, c'est-à-dire aux quai 25 » / Anvers 24.50 0/0 k°s \ 5.50 Dépositaire général pour la Belgique et la Hollande M. 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ANONYME) — BRUXELLES UN CATTLEYA NOUVEAU PORTANT 21 GRANDES FLEURS SUR UNE HAMPE ff^F a ' Une inflorescence entière séchée est exposée dans nos bureaux MISE AU COMMERCE A PARTIR DU 15 MAI 1895 De la plus merveilleuse introduction nouvelle d'Orchidées de ces derniers temps CATTLEYA FLORIBUNDA linden Nous avons l'immense et très compréhensible satisfaction d'annoncer aux orchidophiles que nous ne pouvons résister à leurs sollicitations et que nous nous décidons à mettre en vente immédiatement, c'est à dire à partir du 15 mai prochain, le CATTLEYA FLORIBUNDA que nous avions pensé au premier abord, ne mettre en vente qu'en fleurs, qu'après réputation faite — mais, c'eût été en effet « faire attendre et languir les orchidophiles trop longtemps » pour nous servir de l'expression de l'un d'eux et nous comprenons cette impatience ! Le CATTLEYA FLORIBUNDA parait être un hybride naturel entre le Cattleya maxima et quelque variété de Cattleya labidta; ses fleurs sont relativement grandes, aux segments et labelle larges et sont portées sur des hampes très fortes, au nombre de 15 à 21 sur un bulbe et presque chaque nouveau bulbe fleurit ! De sorte qu'il n'est pas rare de voir des plantes, même comparativement faibles, porter une centaine de fleurs ! ! ! Les fleurs du CATTLEYA FLORIBUNDA sont d'un brillant coloris carmin foncé, pour la plupart, et il se trouvera dans l'importation beaucoup de variétés et même beaucoup de blanches, à en juger par les fleurs séchées que nous possédons. Les anciennes tiges florales portées par les plantes introduites, ainsi que les fleurs séchées, démontrent qu'aucune autre espèce ne peut lui être comparée comme floribondité extrême et intensité magnifique des coloris. Les plantes sont extrêmement vigoureuses et se sont établies avec une rapidité incroj-able: introduites le 30 décembre dernier, elles paraissent déjà, aujourd'hui, établies depuis longtemps et sont merveilleuse- ment enracinées avec de fortes pousses, plusieurs déjà en spathes. Quoique cette splendide Orchidée nous ait coûté beaucoup de peine et d'argent à faire collecter et qu'elle ne l'ait été que grâce à l'intrépidité et au zèle de notre fameux collecteur M. Edouard Klaboch nous sommes heureux de la mettre au commerce a un prix relativement très bas, qui en permettra l'acqui- sition à tous les amateurs et sa diffusion rapide dans les collections : 1° Bonne jeune plante semi-établie 25 francs. Les 3 70 » Les 6 130 » 2° Belle plante choisie semii-établie 50 > Les 3 140 » Les 6 280 i£f "«C* Belle plante semi-établie en spathe 75 et 125 francs. ' FORTS SPÉCIME.NS, PRIX PAR CORRESPONDANCE. 16 MAI 1S95 69 PETITES NOTES SUR LES ORCHIDÉES D'AMATEUR COCHLIODA NÔTZLIANA. — Cette superbe Orchidée est vivement ad- mirée toutes les fois qu'elle figure aux expositions. Ses grappes bien fournies semblent ne pas présenter d'interruption, tant les fleurs ont une forme com- pacte et pleine; elles forment une large tache d'un coloris éclatant et chaud, presque unique dans la famille des Orchidées, et qui fait admirablement res- sortir le blanc pur des Odontoglossum crispum, ses voisins de la serre froide. Il existe dans le coloris du Cochlioda Nôtzliana quelques légères variations; le vermillon puissant qui en forme le fond est plus ou moins nuancé de carmin dans certaines formes. Les deux modèles pouvaient être comparés au dernier meeting de L'Orchidéenne, où ils étaient exposés par MM. Warocqué et G. Miteau ; la plante de ce dernier amateur, tirait davantage sur le carmin, tandis que celle de M. Warocqué se rapprochait du vermillon pur. Toutes deux ont reçu des Certificats de mérite de i re classe. * * * CYPRIPEDIUM CALLOSUM (voir fig. 93). -- J'ai toujours eu pour cette espèce, devenue si vite populaire, une prédilection spéciale au point de vue de l'hybridation; et si les efforts des semeurs doivent tendre, comme je le pense, à rechercher dans chaque espèce les caractères les plus remarquables pour les combiner entre eux et se rapprocher ainsi de la perfection, le C. callosum est un des premiers qu'ils doivent choisir pour avoir des produits à pavillon ample et superbe. Le C. Lawrenceanum , auquel il ressemble à ce point de vue, a les pétales moins larges et le sépale dorsal moins grand. Le C. barbatum, qui appartient aussi au même groupe, est notablement plus petit dans toutes ses parties, mais il a une qualité que le C. callosum ne possède pas au même degré, à savoir un coloris très foncé, se rapprochant parfois du noir. M. G. Miteau, l'élégant Cypripediophile qui exposait dernièrement si bien dans ce journal les mérites des Cypripedium, n'a pas manqué de citer en bonne place le C. callosum; toutefois je regretterais presque qu'il ait cru devoir pj„_ 93. — Cypripeâium callosiait. 16 MAI 1S95 71 ajouter, en un endroit, le nom variétal de giganteum. Ne semble-t-il pas que tout C. callosum ordinaire pourrait s'appeler giganteum ? * * * ADA AURANTIACA. — Lorsque cette Orchidée est cultivée en fort spé- cimen et bien fleurie, elle offre un attrait extrême. D'abord elle change un peu les habitudes des Orchidophiles, par la forme si distincte de ses fleurs et leur disposition en grappe d'une courbe harmonieuse. Puis le coloris vermillon orangé de ses fleurs est également très distinct et très beau. C'est une plante très florifère, et le superbe spécimen exposé au 59 e meeting de L'Orchidéenne par M. Knight, de Laeken, était couvert de tiges florales. Il est malheureusement rare de voir des touffes aussi belles et aussi bien cultivées de cette espèce. Sa culture ne présente pas de difficultés. Je traite cette plante exactement comme mes Odontoglossum froids, et j'obtiens des résultats très satisfaisants. La seule différence, c'est qu'elle me semble devoir être ombrée en été un peu plus que les Odontoglossum. Elle n'a pas de pseudobulbes, et c'est pourquoi elle craint un peu plus la sécheresse que les autres Orchidées alpines, quoique celles-ci ne demandent pas non plus un repos proprement dit. * * * MASDEV ALLIA BELLA. — Voici un nom qui est bien porté. Cette espèce en effet est à mon avis une des plus belles du genre, quoiqu'elle n'ait pas un coloris brillant et aussi vif que celui des M. Lindeni, M. Harryana, etc. Son feuillage, notablement plus ample et plus élevé que dans la plupart des autres Masdevallia, est élégant et d'un beau vert clair; ses fleurs dressées au-dessus, très nombreuses et de grande taille, ont une allure très distincte; elles sont assez charnues, et forment un sac très ouvert. Ces caractères la font rentrer dans ce que Reichenbach appelait irrévérencieusement le groupe des Sacco- labiatae (ou Saccilabiatae). J'avoue que je préfère le nom de bella. Les sépales sont intérieurement d'un jaune d'ocre, ornés de lignes de points brun pourpré, et extérieurement pourpre foncé. Ils ont les prolongements fili- formes moins longs que dans la plupart des autres espèces. Le labelle en forme d'écaillé est blanc pur. Cette espèce, assez vigoureuse, se cultive en pot, en serre froide. Elle doit être rempotée assez souvent à cause de la rapidité de sa croissance, et peut être fréquemment divisée. * * * 72 LE JOURNAL DES ORCHIDEES SPATHOGLOTTIS AUGUSTORUM. - Cette espèce est l'une des Orchi- dées de serre chaude les plus faciles à cultiver et les plus vigoureuses. Elle croît avec une grande rapidité, réclame peu de soins, à part des arrosages abondants, et produit de très belles grappes de fleurs. Ces fleurs, très élégantes de forme, peuvent être comparées à celles de certains Phalaenopsis, du P. Luddemanniana par exemple ; elles ont le labelle gracieusement découpé, et les segments oblongs, d'une belle forme régulière. Le coloris général est un rose tendre, relevé de rose brunâtre sur le labelle. Cette Orchidée ne demande pas une atmosphère aussi étouffée que celle qui convient aux Pha- laenopsis. * * * CATTLEYA SKINNERI. — M. O. Doin, de Paris, adresse au journal une fleur d'un bon modèle de cette espèce. Les pétales et sépales sont d'un rose lilacé très vif, et les premiers sont d'une belle ampleur. Le labelle n'est pas particulièrement foncé. De superbes spécimens de ce beau Cattleya, très florifère quand il est bien cultivé, ont été exposés aux récents meetings de L'Orchidéenne. * * * ODONTOGLOSSUM :■; WILCKEANUM. — Ce superbe hybride, qui, comme on le sait, a été à la fois introduit des pays d'origine et reproduit artificielle- ment dans les serres, possède une grande élégance de formes et de coloris. M. O. Doin en a envoyé ces jours-ci au bureau du journal une très gracieuse forme à peu près identique à celle qu'on désigne souvent sous le nom d'O. Wil- ckcanum atireum. Les sépales et les pétales sont à peu près intermédiaires par leur forme entre YO. crispum et VO. luteo-purpureum, longs et assez larges, avec la pointe récurvée ; les pétales notamment sont oblongs aigus, laciniés sur les bords. Le coloris de fond est un jaune clair, sur lequel se détachent deux ou trois grosses macules marron sur chacun des sépales, et deux gros points marron sur chaque pétale. Le labelle, un peu étroit, est jaune d'or vif sur toute la moitié basale; la partie antérieure plus claire porte une macule marron. Quoique cette fleur soit un peu moins étoffée que celles de certains O. Wilckea- num, elle est extrêmement agréable. M. Doin a également envoyé une fleur de Laelia superbiens rentrant dans le type ordinaire, et d'une bonne grandeur ; sa plante portait un bouquet de quatorze fleurs, produisant un effet très ornemental. Mas de Vallia. 16 MAI 1895 73 REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES CATASETUM QUADRICOLOR Cogn. — Fleurs de la dimension d'un C. macrocarpum de moyenne taille, en grappe dressée assez dense. Sépales un peu charnus inférieurement, d'un vert gai ou un peu pâle, largement lancéolés, distinctement acuminés, assez concaves, les latéraux obliques. Pétales assez divergents, un peu convexes, obovales-oblongs, brièvement acuminés, assez obliques, d'un blanc jaunâtre, avec de nombreuses macules d'un brun pourpre, petites et distinctes dans la partie supérieure, plus grosses et confluentes dans la moitié inférieure. Labelle d'un jaune orangé sur les deux faces dans la moitié antérieure, d'un pourpre foncé un peu violacé en dedans et d'un jaune verdâtre un peu pourpré en dehors dans la moitié postérieure; il est entièrement concave et forme une poche pro fonde dont le fond est obtus et placé à peine en dessous delà partie centrale; à partir du fond, il va en s'élargissant régulièrement jusqu'au sommet des lobes latéraux; les bords ne présentent aucune découpure, mais par places ils sont imper ceptiblement denticulés ; la partie postérieure des lobes latéraux est assez mince, mais tout le reste est épais et charnu, surtout la partie antérieure, qui va en s'épaississant depuis le fond de la poche jusque quelques millimètres en dessous du sommet, où l'épaisseur atteint 4 millimètres, alors le sommet se réfléchit brusquement à angle droit et se termine en pointe obtuse. La colonne a la forme et les dimensions de celle du C. macrocarpum, sauf que le bec terminal est peut-être un peu moins long; sa moitié supérieure est d'un blanc jaunâtre, l'inférieure d'un pourpre foncé un peu violacé. — Cette plante présente des caractères assez étranges : son labelle entier la ferait, au premier abord, prendre pour une variété du C. maculatum; mais il est bien plus charnu que dans cette espèce, surtout à la partie antérieure, où son épais- seur dépasse même celle que l'on observe d'ordinaire dans le C. macrocarpum. Nous sommes assez porté à la considérer comme un hybride entre ces deux espèces, et il se pourrait que notre C. macrocarpum var. aurantiacum, ainsi que la variété unidentatum de Mutel, aient la même origine. — A fleuri vers le milieu de janvier dans les serres de L'Horticulture Internationale. * * * 74 LE JOURNAL DES ORCHIDEES CYRTOPODIUM FLAVESCENS Cogn. -- Pseudobulbes fusiformes-allon- gés, très peu comprimés, d'un vert vif, marqués d'un grand nombre d'anneaux bruns, alternativement un peu obliques à droite et à gauche, longs de 22 à 45 centimètres sur 14 à 16 centimètres de circonférence. Feuilles non encore développées au moment de la floraison. Scape robuste, d'un beau vert, obscuré- ment anguleux, haut de i m io, chargé de nombreuses bractées ovales-lancéolées, acuminées, longues de 5 centimètres, les quatre inférieures brunes et appri- mées, les autres d'un jaune vif nuancé de verdâtre et étalées ; son quart supé- rieur forme une panicule étroite, multiflore, seulement un peu rameuse dans la partie inférieure. Fleurs larges de 3 */ a à 4 centimètres. Sépales bien étalés, membraneux, ovales, aigus au sommet, presque plans, d'un jaune un peu verdâtre. Pétales très étalés, un peu charnus, largement ovales, à sommet arrondi et à peine apiculé, d'un jaune pâle à peine teinté de vert supérieure- ment. Labelle notablement plus court que les sépales et les pétales, assez charnu, articule au sommet du pied, d'un beau jaune citron, presque deux fois plus large que long quand il est étalé, profondément trilobé; lobes latéraux dressés, obliquement arrondis; lobe terminal réfléchi à angle droit avec la partie inférieure, presque plan, largement arrondi-réniforme, à sommet un peu échancré ; disque portant un callus verruculeux entre les deux lobes laté- raux, et à la base de ceux-ci plusieurs petits tubercules. Colonne droite, blan- châtre inférieurement ainsi que le pied, d'un vert pâle supérieurement. Anthère nniloculaire, d'un brun jaunâtre, munie d'une crête verte. Deux pollinies creusées d'un sillon profond. Cette belle espèce, qui se rapproche assez des C. Andcrsoni et C. cardiochi- lum, a été introduite de la Guyane vénézuélienne par L'Horticulture Inter- nationale et a fleuri dans ses serres vers le milieu du mois d'avril dernier. Deux des fleurs de l'inflorescence que nous avons étudiée présentaient la particularité que l'un de leurs pétales était soudé par son bord antérieur avec la colonne, jusqu'au sommet de celle-ci. A. Cogniaux. FEUILLES TACHEES. — Des feuilles tachées de Cypripedium ayant été soumises récemment à l'examen aux Jardins Royaux de Kew, voici la réponse qui a été faite à ce sujet. Elle nous paraît intéres- sante à citer. « Les champignons et bactéries manquent dans tous les échantillons, et la maladie est entièrement physiologique ; elle est causée par le phénomène suivant : la substance de la feuille devient saturée d'eau en certaines parties. Il en résulte la formation de nombreux globules d'huile, suivie de la dégéné- rescence des corpuscules de la chorophylle et des contenus des cellules. La maladie est causée par un excès d'activité des racines par rapport à celle des feuilles. Moins d'humidité aux racines, et une bonne circulation avec une atmosphère pas trop humide, voilà le remède. » 16 MAI 1895 75 LA DUREE DE LA FLORAISON Un abonné nous pose la question suivante : « Pendant combien de temps peut-on laisser fleurir une Orchidée sans que cela nuise à la plante ? « En général, à de très rares exceptions près, les fleurs d'Orchidées durent fort longtemps, quelquefois des mois entiers. Souvent les amateurs désireux de jouir de leurs fleurs, quelquefois attendues longtemps avec impatience, hésitent à les couper avant leur défloraison complète. N'y a-t-il pas d'inconvénient ? De plus, quelles sont les plantes qui en souffriraient davantage ? Et enfin, si réellement on ne doit pas attendre la défloraison complète pour couper, à quelle durée doit-on limiter les fleurs de chaque groupe ? Ainsi une fleur de Phalacnopsis devra-t-elle être coupée plus tôt que celle d'un Cypripediuin, celle d'un Odontoglossum plus tôt aussi, etc.? » La question ainsi posée est difficile à résoudre en termes généraux, parce que tout dépend de l'état des plantes que l'on considère. Il faut bien se pénétrer d'une chose : c'est que les Orchidées, à l'état normal dans les conditions d'une végétation saine et bien équilibrée, doivent bien fleurir et bien pousser, sans que la floraison prolongée nuise à la végétation, et réci- proquement, sans que la végétation nuise à la floraison. Car tout se tient dans la vie organique, et les diverses fonctions doivent rester entre elles en parfait équilibre. Lorsque l'une des fonctions prend un développement exagéré, et accapare un excès des forces de l'organisme, l'équilibre se trouve rompu. Il appartient alors au cultivateur d'y remédier, et pour pouvoir le faire à propos, il doit être à même de juger l'état de la plante, de discerner à temps s'il y a réellement dérèglement des fonctions, et désordre. Il peut y avoir intérêt, dans certains cas, à retrancher un ou plusieurs bour- geons sur un Cattleya, par exemple, lorsque celui-ci développe trop de pousses, parce que la plante n'ayant pas la vigueur nécessaire pour bien les nourrir toutes, elles resteraient chétives ; il vaut mieux avoir deux ou trois pousses vigoureuses, et capables de donner par la suite une belle floraison, que cinq ou six relativement faibles, qui ne fleurissent pas ou fleurissent peu, et ne sont pas 76 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES non plus capables, à leur tour, de former des pousses convenables pour leur succéder. De même, lorsque la floraison risque d'épuiser une plante, il peut être utile de la supprimer avant son achèvement. Mais ce n'est que dans le cas où la plante n'a pas la force de la supporter. Ceci ne se présente d'une façon générale qu'à l'état d'exception, et l'on ne peut pas en faire une règle pour telle ou telle espèce. Il n'y a pas à vrai dire une Orchidée qui fleurisse ordinairement trop, et risque de s'épuiser par ce fait. Cela peut arriver occasionnellement, et dans ce cas, il est prudent de supprimer la floraison, soit au début, soit au bout d'un certain temps. Mais il faut aussi et surtout se rendre compte de l'erreur de traitement qui a provoqué ce résultat, et y remédier. Car si la plante a donné trop de fleurs, c'est que la végétation n'avait pas pu se développer pleinement, ou si les organes végétatifs étaient trop faibles et avaient besoin de profiter des forces nutritives, détournées de la floraison, c'est encore l'indice d'un mauvais état de santé. Les Cypripedium ont une floraison vigoureuse, et qui se prolonge très long- temps. Cependant leur végétation n'en souffre nullement, et il n'a jamais paru nécessaire de couper les fleurs pour ménager les forces des plantes. Ils pro- duisent même des graines sans effort apparent. De même, certains Masdevallia, beaucoup de Lycaste, les Platyclinis, beau- coup d'Oncidium, une foule d'Orchidées appartenant à presque tous les genres, produisent des fleurs en nombre relativement très considérable, sans que leur végétation s'en ressente le moins du monde. Les Phalaenopsis sont peut-être les seules Orchidées dont la floraison ait parfois besoin d'être abrégée, et cela tient probablement à cette circonstance qu'ils n'atteignent jamais dans les cultures la même vigueur qu'à l'état naturel. Le P. Schillcriana, surtout, produit souvent des grappes chargées d'un grand nombre de fleurs, qui durent longtemps, et qu'on a peut-être intérêt à couper avant le terme. Il est d'ailleurs à noter que ces plantes n'ont pas de réserves emmagasinées. Il est bien certain que la floraison n'est pas toujours un signe de santé vigou- reuse, qu'elle peut dans certains cas absorber aux dépens de la végétation toutes les forces de la plante; c'est ce qui se produit parfois sur des Orchidées très chétives, de petits morceaux d'importation, ou des plantes malades et à peu près épuisées. De telles plantes peuvent donner, soit une pousse, soit une tige florale, mais étant donné leur faiblesse, il est presque impossible qu'elles pro- l6 MAI 1895 77 duisent les deux. Il faut donc que le jardinier ou l'amateur choisisse, et le choix ne peut être douteux; car si la plante fleurit, sa floraison ne laissera rien derrière elle, et l'Orchidée mourra très probablement ensuite ; tandis que si c'est une pousse qui se développe au lieu de la floraison, la plante continuera à vivre; la première pousse sera suivie d'une autre plus vigoureuse, si le traite- ment qui lui est donné est convenable, et peu à peu la végétation s'affermira. En résumé, ce n'est pas d'après le genre ou l'espèce que l'on doit se régler pour décider, d'une façon générale, si l'on laissera la floraison s'achever ou si on la retranchera prématurément. C'est l'état de chaque plante qu'il faut consi- dérer. Si la végétation est chétive et les pseudobulbes ridés, il sera bon de couper les fleurs; si au contraire une Orchidée, fût-ce un Phalaenopsis, est très vigou- reuse, il n'y a pas d'inconvénient à ce qu'elle produise une abondante floraison et la conserve jusqu'au bout. Le tout est donc une question de tact du jardinier. De même qu'un médecin doit connaître le tempérament de son malade pour pouvoir le soigner effica- cement, de même le cultivateur seul est à même d'apprécier ce qu'il doit faire pour chacune de ses plantes, parce qu'il sait comment elle a vécu, comment elle a été traitée, si elle est surmenée ou si elle est en bonne santé, parce qu'il sait, en un mot, ce qu'il est en droit de lui demander normalement et ce qui excéde- rait ses forces. L. L. TRAVAUX DE SAISON Nous sommes arrivés maintenant à l'une des époques de l'année où les serres d'Orchidées offrent le plus d'éclat. Les Cattleya, Laelia, Odontoglossum, Miltonia, Cochlioda, Cymbidium,Cypripedium, etc., rivalisent de magnificence. Beaucoup d'amateurs mettent à profit cette abondance de fleurs pour orner leurs appartements, en y plaçant quelques belles touffes d'Orchidées, ou trans- portent les plantes fleuries dans une serre plus fraîche pour prolonger leur floraison et faire une exposition de leurs principaux trésors. Il faut avoir soin, dans ce cas, de ménager la transition. Une Orchidée de serre chaude peut bien passer quelques semaines en serre tempérée, et une de serre tempérée en serre froide, mais le changement ne doit pas être trop brusque, si l'on veut LE JOURNAL DES ORCHIDEES que les plantes n'en soient pas incommodées. Il faut les habituer progressive- ment à l'abaissement de température. D'autre part, il faut aérer peu en pareil cas, pour éviter la sécheresse de l'air. Pour les plantes qui sont mises dans l'appartement, et qui se trouvent dans une atmosphère assez sèche, il faut diminuer les arrosements; la végétation est ainsi ralentie, et la plante subit un léger repos. Il faut aussi éviter avec soin tout ce qui peut vicier l'air, le gaz d'éclairage, la fumée de tabac, etc. Serre froide. — Le chauffage est à peu près supprimé maintenant, même pendant la nuit, à moins de chûtes brusques du thermomètre. Les serres doivent être ombrées dès que les rayons directs du soleil y arrivent ; si l'on emploie des lattis pour cet usage, il restera dans la serre une clarté très suffisante; les plantes ne doivent pas être placées dans l'obscurité absolue. Toutes les Orchidées alpines sont en pleine végétation ; elles doivent recevoir beaucoup d'eau aux racines, et en trouver aussi beaucoup dans l'atmosphère. Elles doivent aussi avoir beaucoup d'air, et les ventilateurs seront maintenus ouverts à peu près tout le jour, sauf lorsque le vent sera très vif. Dans la serre tempérée-froide, les Anguloa et Lycaste sont en fleurs pour la plupart, et la végétation se développe activement. Quelques arrosages à l'engrais, à intervalles espacés, la favoriseront beaucoup. Les côtes de tabac doivent être renouvelées lorsqu'elles ont été complète- ment lavées par l'eau, ce qui se produit plus vite en cette saison. Les insectes commencent d'ailleurs à pulluler, et les jeunes pousses, les tiges florales en voie d'éclosion, doivent être soigneusement protégées. Serre tempérée. — Les Cattleya qui ont fini de fleurir vont commencer à pousser vigoureusement, et l'eau ne devra pas leur être ménagée. Les C. Men- deli, C. Mossiae, C. Skinneri, C. Lawrcnceana, Laelia purpurata, seront laissés en demi repos quelques jours encore après la floraison, et lorsque leurs yeux entreront en activité, on leur donnera à leur tour des arrosages abondants. Les ventilateurs peuvent être ouverts plusieurs heures dans la journée; la nuit il sera encore nécessaire de continuer un peu de chauffage. Les plantes doivent être placées aussi près que possible du vitrage, de façon à bien profiter du jour ; mais il sera prudent de tenir les abris tout prêts à être mis en place si l'on voit que les feuilles commencent à chauffer. La propreté des pots exige beaucoup de soins ; à cette époque surtout où les arrosages sont abondants et où les racines se développent beaucoup, il est nécessaire d'enlever les dépôts de l'eau, ou les moisissures qui pourraient l6 MAI 1895 79 apparaître à l'extérieur des pots. Le drainage doit être aussi en bon état, afin que l'air circule facilement dans le compost. Le vitrage extérieur des serres doit être lavé dès que l'on s'aperçoit que la poussière s'y amasse, ce qui se produit souvent après les pluies. Rien ne doit intercepter la clarté, si nécessaire à la végétation. Les feuilles de certaines espèces doivent être également lavées de temps en temps; il faut procéder à cette opération avec beaucoup de précaution. On lave les feuilles avec une éponge fine, en les soutenant d'une main, afin de ne pas les froisser, et on les sèche le mieux possible pour éviter le refroidisse- ment que produirait l'évaporation de l'eau. Les jardiniers novices sont quelquefois embarrassés de savoir s'ils doivent arroser une plante ou non. Si le compost devient sec et blanc à la surface, il n'y a pas de doute, car à cette époque de l'année le compost ne doit jamais être sec; mais il y a des degrés intermédiaires, et parfois le jardinier ne se rappelle plus exactement quand il a arrosé une Orchidée donnée. „ Il y a un moyen très simple de se renseigner, c'est de prendre le pot dans sa main; le poids seul indique si le compost contient de l'eau. Avec un peu d'expérience, on sent également si les parois du pot sont humides ou non. L. L. LES GRANDES INTRODUCTIONS Cattleya floribunda Lind. Ce nouveau Cattleya qui vient d'être introduit à L'Horticulture Inter- nationale grâce au zèle persévérant de M. J. Linden et à l'intrépidité du collecteur M. Edouard Klaboch, peut être considéré comme une forme inter- médiaire entre le C. maxima et une des variétés de C. labiata, peut-être même un hybride naturel de cette origine. L'annonce de sa mise au commerce, le 15 mai prochain, est certainement appelée à faire sensation dans le monde orchidophile, et son apparition dans les cultures sera le digne pendant de celle du Cattleya labiata autumnalis (alias Warocqueana). La floribondité, la richesse de cette superbe Orchidée lui assurent le premier rang dans le genre. J'ai pu, avec beaucoup d'amateurs, admirer à Bruxelles 8o LE JOURNAL DES ORCHIDÉES un bouquet séché expédié par le collecteur ; ce bouquet ne comprend pas moins de 21 fleurs, très élégamment groupées au sommet d'une tige de moyenne longueur. Quelle autre espèce pourrait être comparée à celle-là? Le C. floribunda occupe d'ailleurs à tous les points de vue une place bien distincte dans le genre. Il a un cachet tout particulier; ses fleurs, très grandes, ont une allure qui tranche avec celles des formes du groupe labiata; au point de vue du coloris, il est assez varié pour satisfaire à tous les goûts ; il existe deux formes principales, l'une rose tendre, avec le labelle veiné de rouge, l'autre rose ardent, avec le labelle couvert d'un réseau de veines pourprées. Ces deux formes étaient envoyées ensemble à l'état sec par le collecteur, et si les avis peuvent être partagés quant à la supériorité de l'une ou de l'autre, j'avoue que les deux me paraissent superbes, et se font admirablement valoir réciproquement. L'époque de floraison du C. floribunda lui donne encore plus de prix ; sa floraison coïncide en effet avec celle du C. labiata, et les amateurs se rappellent assurément combien leurs serres étaient tristes en octobre, novembre et dé- cembre avant la réintroduction de ce magnifique Cattleya. Les plantes impor- tées en décembre dernier ont fait preuve d'une vigueur de croissance très remarquable, et ont formé de superbes bulbes qui annoncent déjà une pro- chaine floraison. Max Garnier. 59 me MEETING DE « L ORCHIDEENNE » Le 59 mc meeting, tenu le 28 avril dans les galeries de L'Horticulture Internationale, a été d'une richesse et d'un éclat incomparables, et de l'avis de tous, c'est le plus beau qui ait eu lieu depuis la fondation de la Société. Les amateurs belges ont merveilleusement fêté cette époque privilégiée de l'année où, précédant le renouveau des jardins, les Orchidées déploient leurs trésors avec une prodigalité exceptionnelle. Le nombre des apports était si considérable que l'on avait dû renoncer à exposer les plantes isolément, et se résoudre à les grouper en massifs, occupant de larges banquettes sur toute la longueur du premier grand jardin d'hiver. Si cette disposition exigeait de la part du Jury un peu plus de temps et 16 MAI 1895 81 d'attention pour examiner chaque Orchidée en détail, il faut constater en revanche que le coup d'œil formé par cet ensemble était splendide; il a excité la plus vive admiration chez tous les visiteurs, qui étaient extrêmement nombreux. Le Jury était composé de MM. Alexis Varjenevsky, Président, Ch. De Bosschere, Secrétaire, Comte de Bousies, G. Warocqué, J. Linden, F. Kegeljan, F. Pauwels, Ch. Van Wambeke, Ém. Rodigas, D r Capart, du Trieu de Terdonck, Huybrechts, G. Miteau, de Lombaerde, Chevalier de Wargny, D r Van Cauwelaert, A. Wincqz et Ch. Vasseur. Le Banquet annuel qui a suivi la réunion du Jury a été une fête admirable- ment réussie et laissera, comme celui de l'année dernière, un souvenir impéris- sable chez tous les Orchidéens présents, et ils étaient très nombreux. C'est par acclamations sympathiques qu'une proposition, faite au dessert, de décerner au D r Capart un « Certificat de mérite pour l'excellente organisation de ce banquet » a été votée à l'unanimité. PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE QUESTIONS COMMERCIALES. — CON- SEIL UTILE. — Je sais que beaucoup de concurrents de L'Horticulture Internatio- nale, grands et petits, pour attirer à eux ou retenir, les acheteurs d'Orchidées, aiment à dire que l'Établissement que je dirige est obligé « à cause de ses grands frais n de vendre beaucoup plus cher que chez eux... C'est là une erreur manifeste et il est de mon devoir d'en convaincre mes abonnés. Il est utile, autant dans l'intérêt même des amateurs d'Orchidées que dans le nôtre, de dire et répéter souvent au besoin, que pas une maison d'horticulture NE VEND ET NE PEUT VENDRE A MEILLEUR marché que nous. Il n'y a en Europe qu'une demi-douzaine de maisons d'horticulture qui introduisent directe- ment, et toutes les autres sont donc obligées d'acheter leurs (>Iautes de deuxième main et souvent de troisième et de quatrième. L'Horticulture Interna" .onale vend ses plantes de première main, directement aux amateurs — donc avec un seul prélèvement de bénéfice, et combien minime! Ensuite, pas un seul établissement de son éten- due , ayant son immense stock de plantes en culture, n'est exploité à meilleur marché et nous allons le prouver : Mis en comparaison par exemple avec sa prin- cipale concurrente, une maison d'importation anglaise, ses frais d'exploitation sont de 1/3 (un tiers!) moins élevés — et tout le monde peut comparer s'il n'y a pas plus d'ordre, de propreté, et si les plantes ne sont pas mieux cultivées chez nous qu'à l'établissement anglais. Nous n'avons à L'Horticulture Interna- tionale que le personnel strictement nécessaire (21 jardiniers) et pas de luxe d'employés supé- rieurs — ce qui est indispensable, rien de plus. Mais ce personnel est choisi, dévoué, et le direc- teur sait qu'il peut compter sur tous ses hommes comme sur lui-même, et cela, c'est immense. 82 LE JOURNAL DES ORCHIDEES La simplicité des serres , ses installations pratiques , son chauffage économique , l'esprit d'ordre et de propreté, et disons-le aussi , les connaissances approfondies de culture font qu'à L'Horticulture Internationale les frais d'entretien et de production par plante reviennent au prix le plus bas de l'horticulture marchande. Cela est incontestable. Ce que L'Horticul- ture Internationale a fait depuis sa fonda- tion avec son petit capital le prouve surabondem- ment. Qu'un connaisseur appréciateur visite ses installations et ses stock, et qu'il dise si tout cela ne représente pas plusieurs fois son capital effectif. 11 est certain qu'un établissement mal tenu, oùles plantes sont mal cultivées, sans les soins néces- saires, mal enracinées, ne peut progresser — et les progrès de L'Horticulture Internatio- nale sont trop manifestes pour qu'il soit utile d'insister. J'ai dit, dernièrement, quels étaient les résultats financiers brillants de L'HORTICULTURE INTER- NATIONALE. J'ai dit que pendant ses sept ans d'existence cette Société avait distribué pendant deux ans 5 °/o et pendant cinq ans 10 °; o de divi- dende à ses actionnaires. J'ajoute aujourd'hui que L'Horticulture In- ternationale est extrêmement prudente. Ainsi, quoique le précédent exercice (1894) ait été le meilleur de tous comme ventes et comme augmen- tation de la valeur des plantes (à aucune époque nos serres n'ont possédé un stock de plantes aussi merveilleux ni aussi étendu qu'actuellement), l'assemblée générale d'avril dernier a, sur la pro- position de son directeur, décidé de ne distribuer, cette année, qu'un dividende de 7 1 2 ° o afin de créer vin fonds de prévision en vue des frais excep- tionnels d'explorations que la Société s'impose, cette année, pour doter l'horticulture ^introduc- tions nouvelles encore plus importantes que précé- demment et qui seront le couronnement de la carrière d'introducteur de mon excellent père, qui n'a jamais déployé plus d'énergie dans ce but et dont la verte et travailleuse vieillesse est si admirable... le demande pardon à mes lecteurs de leur parler ainsi de choses de ménage, presqu'intimes, mais n'est-ce pas de bonne guerre que de répondre par des arguments aussi solides, aussi irréfutables, aux incessants exposés contraires de nos aimables con- currents, tant belges qu'étrangers? Je sais trop — et j'ai donné assez de preuves, je pense, de mes efforts pour répandre la culture de mes préférées — que le bon marché est le principal artisan de la diffusion des Orchidées pour avoir la maladresse de vendre à des prix plus élevés qu'ailleurs. Ce serait donc contraire à tous mes principes. Je suis persuadé au contraire que nos prix sont de 50 °/ inférieurs à ceux de tous nos concurrents, pour plantes de même force et de même qualité. J'ajoute que je ne veux pas vendre de vieux morceaux ou des plantes divisées outre mesure et qui ne peuvent pas prospérer ! Tout ce qui sort de nos serres doit être de première qualité. Et j'ajoute que tous les Orchidophiles sont intéres- sés à voir L'Horticulture Internationale faire de bonnes affaires — plus elle en fait, plus elle peut mettre d'argent à la disposition de ses explorations, introduire de belles plantes et en doter leurs serres. C'est ce que leur grande majo- rité sait et c'est ce qui explique en partie pour- quoi nous avons une si nombreuse et si fidèle clientèle. Les orchidophiles ne nous sont pas ingrats ! Ce sont surtout les belles variétés, qu'on vend ailleurs à des prix insensés, qui peuvent être obte- nues à L'Horticulture Internationale à un prix beaucoup inférieur et c'est surtout pour elles que l'écart est immense. Ailleurs une grande variété est une rareté, à L'Horticulture In- ternationale les importations mises en culture sont colossales et il est tout naturel que de nom- breuses variétés supérieures doivent se montrer en plus grand nombre. Beaucoup d'amateurs se trouveront donc bien, avant d'acquérir ailleurs de grandes variétés, de venir les comparer avec celles que nous avons en fleurs et ils trouveront toujours chez nous aussi beau à bien moindre prix. Ceci n'est pas une réclame, ainsi que d'aucuns pourraient se l'imaginer, mais un conseil utile que j'adresse aux Orchidophiles aussi soigneux de leur bourse que de leurs cultures. L'EXPOSITION INTERNATIONALE D'HORTICULTURE qui se tiendra à Paris dans les magnifiques Jardins des Tuileries, du 22 au 28 mai prochain, s'annonce comme devant avoir un grand succès. Nombreuses sont déjà les demandes d'admis- sion d'exposants tant Français qu'étrangers, ce qui n'a pas lieu d'étonner, si on veut bien se rappeler que le Jury aura à sa disposition pour plus de 30,000 francs d'objets d'Art et de Mé- dailles offerts par des amateurs zélés et par la Société Nationale d'Horticulture de France, qui ne recule devant ancune dépense pour assurer à son Exposition Décennale de 1895 le même succès que celui obtenu en 1885. Les Membres du Jury nommés par la Société, et appartenant à toutes les nationalités, acceptent leur mission avec enthousiasme et se proposent d'assister, en même temps qu'à l'Exposition, au Congrès International Horticole, qui se tiendra au local de la Société, pendant la durée de l'Expo- sition et qui promet d'être des plus intéressants. * REPOS. — Extrait du compte-rendu de la séance du 28 mars dernier de la Société pour le développement de l'horticulture dans les Etats prussiens : « M. le jardinier en chef X.... expose un grand nombre de fleurs coupées d'Orchidées dont il décrit la culture, notamment : Cattleya Trianae, Cymbidium Lovuianum, Phaius grandifolins, Tri- 16 MAI 1895 chopilia suavis, Dendrobium Devonianum. Ce dernier a été arrosé contrairement à la règle que les Dendrobium doivent être tenus au sec pendant la période de repos, et il a encore donné une flo- raison aussi belle qu'avec l'autre procédé. » Un abonné nous communique cet extrait en nous demandant notre avis. Nous lui conseillerons d'attendre, avant d'imiter cet exemple, d'avoir pu constater comment se comporteront les pousses de la plante en question cette année, et comment elle fleurira l'année prochaine. JE RECOMMANDE CHAUDEMENT à mes amis l'émission du Cattîeya floribunda — ils me sauront gré de cette recommandation plus tard t * * LE PRÉSIDENT DU GROUPE BELGE de l'Horticulture à l'Exposition universelle de Bor- deaux a adressé à M. Hausser, président du Comité d'organisation, le jour de l'ouverture, la dépêche suivante : Nous félicitons Comité organisateur, souhaitons le plus grand succès à cette œuvre grandiose du génie français en exprimant le désir qu'un traité de commerce modifié vienne reserrer les liens com- merciaux et d'amitié qui unissent déjà la Belgique et la France et faisons des -vœux pour la prospérité de votre noble pays. Ce télégramme a été lu au président du Conseil et aux ministres présents à l'ouverture solennelle de l'Exposition. * * CULTURE EN PLEIN AIR. — Nous rece- vons la lettre suivante d'un amateur français : Monsieur le Directeur, « Je lis l'article sur la Culture des Orchi- dées en plein air dans le Journal des Orchidées. « Voilà longtemps que j'expérimente cette mé- thode de culture en été sur les conseils de mon excellent professeur es Orchidées, M. BLEU. J'obtiens des résultats merveilleux ! « A partir du milieu ou de la fin de mai, selon l'état de la température, tous mes Odontoglossum, tous mes Cattîeya, tous mes Cypripedium de serre froide et les autres plantes se rattachant à ces catégories de serre froide et tempérée sont dehors jusqu'en septembre. Mes serres sont situées dans une presqu'île qui n'a guère plus de 20 mètres de largeur; j'habite dans une vallée très fraîche, il y a abondance d'eau de tous côtés; évidemment le climat, quoique froid en hiver, est favorable. Nous avons en toutes saisons, et même en été le soir, beaucoup d'humidité et de fraîcheur. Les Orchidées se trouvent là dans un milieu qui leur convient admirablement. Mes Odontoglossum surtout sont superbes, ils ont fait du reste l'admi- ration du voyageur de L'Horticulture Inter- nationale, dont j'ai eu la visite il y a 2 ans. « Actuellement j'ai un O. luteo-purpurcum portant six rameaux de 0,40 à 0,50 de longueur. Toutes mes plantes fleurissent très régulièrement et avec abondance ; de plus, toutes ont une végé- tation magnifique. Je crois donc pouvoir affirmer que quand on peut réunir les avantages que je signale plus haut, la culture en plein air doit donner d'excellents résulats. « J'oubliais de dire que mes plantes sorties sont placées le long de la rivière, qui à cet endroit forme canal, les unes suspendues, les autres placées sur des bâches pleines d'eau et grillagées; de cette façon j'évite les limaces et autres bêtes nuisibles. E. A. FÊTE JUBILAIRE DE M. RODIGAS. — Notre éminent ami et collaborateur vient d'être l'objet d'une manifestation des plus sympathiques à l'occasion du 35 me anniversaire de son entrée dans l'enseignement de l'Horticulture. Cette belle fête a eu lieu à Gand, le 5 mai dernier. La Galerie des orchidophiles d'un très prochain numéro du Journal des Orchidées publiera le por- trait de M. RoDiGASetdira quels sont les immenses services que le savant professeur a rendu à l'Hor- ticulture. * * * DENDROBIUM BIEN CULTIVÉS. — Le Gardeners' Chronicle signale la floraison, dans la. collection d'Orchidées de Buxted Park (Angle- terre), de plusieurs beaux Dendrobium remarqua- blement cultivés, notamment : un fort spécimen de D. nobile portant près de 4000 fleurs ; un D. dciisiftorum avec 65 thyrses bien fournis ; un D. crassinode avec trois grappes portant 62 fleurs, etc. Le jardinier qui cultive ces plantes est M. Princep, dont nous avons déjà eu l'occasion de signaler ici les expériences si heureuses relative- ment à la taille des Dendrobium. UN CYPRIPEDIUM MALFORME très cu- rieux a fleuri récemment à L'Horticulture Internationale ; nous en avons envoyé la fleur à M. le Dr Masters pour figurer dans son inté- ressante collection tératologique, et voici la des- cription qu'en donne le Gardeners' Chronicle (13 avril) : « M. Lucien Linden a eu l'obligeance de nous envoyer une fleur malformée de Cypripedium cal- losum, présentant d'intéressantes particularités. « M. Linden lui-même remarque que le labelle est imparfaitement développé et partagé en deux segments, dont l'un a plus ou moins le caractère ordinaire, tandis que l'autre ressemble à un des pétales. La colonne porte trois anthères et un staminode. L'une des anthères est légèrement subdivisée. Les anthères ne sont pas disposées symétriquement et les trois lobes du stigmate ne sont pas non plus égaux ; il y en a un grand et deux plus petits. Mais M. Linden n'a pas voulu disséquer la fleur, et nous l'a envoyée intacte. « Après l'avoir disséquée, nous trouvons que 8 4 LE JOURNAL DES ORCHIDEES la description de M. Linden est exacte en sub- stance, mais que certains détails prêtent à une interprétation légèrement différente. L'axe, ou diamètre principal de la fleur, est oblique et non vertical. Le sépale dorsal est normal, les deux inférieurs partiellement disjoints, et l'un beau- coup plus grand que l'autre. Les deux pétales latéraux sont normaux, les deux autres tels qu'ils sont décrits par M. Linden, mais il est douteux si le pétale surnuméraire est une subdivision du labelle ou un pétale séparé. La colonne porte un staminode légèrement dévié de sa position, une étamine latérale (extérieure) imparfaitement développée, une autre semblable parfaitement développée sur l'autre côté, de sorte que les trois étamines extérieures potentielles sont présentes. Des étamines internes (dont deux, comme on sait, sont celles ordinairement développées), deux sont présentes, une latérale ou presque latérale, l'autre antérieure. Le stigmate, que M. Linden décrit comme trilobé, apparaît comme quadrilobé quand on l'examine avec une forte lumière et une loupe ; il se compose d'un grand lobe postérieur, deux plus petits latéraux, et un beaucoup plus petit antérieur. L'ovaire est uniloculaire, avec trois placentas pariétaux comme à l'ordinaire. » L'ORCHID REVIEW. .— A propos de la flo- raison récente de YEulophiella Elisabcthac, un botaniste anglais veut absolument ouvrir une po- lémique et chicaner sur la question de savoir si les fleurs de cette espèce mesurent exactement la lar- geur que nous avons indiquée sur la planche de la Lindenia, ou quelques millimètres de moins. Cette question de microscope parait lui tenir fort à cœur. Chacun voit les choses avec l'envergure d'idées qui lui est propre. Il est regrettable que la floraison de l'Eulo- phiella soit actuellement terminée. Nous nous serions fait un plaisir de faire comparaître devant nous quelques plantes en fleurs, nous nous serions muni d'un vernier, et, avec l'assistance de géo- mètres experts la question aurait pu être tranchée. Il faudra donc attendre à l'année prochaine puisque le témoignage de tous les connaisseurs qui ont vu les fleurs volumineuses de la plante exposée en 1893 à l'Exposition quinquennale de Gand ne suffit pas; et si notre honorable confrère le désire, nous pourrons préparer d'ici là une collection d'appréciations et de dénominations, sorties de sa plume, qui auraient grand besoin d'être révisées par la même occasion. Nous sommes tout prêt à trancher la question par expertise et à faire amende honorable si le millimètre supplémentaire y est. Mais le botaniste anglais voudra-t-il se sou- mettre à cet arrêt contradictoire? Nous n'osons pas espérer qu'il admette jamais le jugement d'autrui, voire même celui d'une vis micromé- trique. Quand on prétend succéder au grand pro- fesseur de Hambourg, se croire infaillible, c'est déjà lui ressembler! Et commettre des erreurs. ma foi, c'est encore lui ressembler. Il y a bien des façons de copier les gens. C'est ce que disait fort bien le Calino drôle- ment esquissé par Alphonse Allais : « Moi, je suis un homme dans le genre de Louis XIV : j'ai failli attendre. » * * * EXPOSITION DE BORDEAUX. — Au mo- ment où paraîtront ces lignes Vexposition belge à Bordeaux sera sur le point de s'ouvrir et les huit wagons ainsi que les nombreux colis isolés de plantes expédiés de Bruxelles et de Gand seront déjà déballés... Je serai à Bordeaux (Hôtel de France) du 16 au 20 mai et serai heureux de faire la connais- sance personnelle de ceux de mes lecteurs qui voudront bien m'y rencontrer. J'aurai le plaisir de leur présenter mes amis et excellents collaborateurs MM. Van Wambeke et Van Imschoot, les éminents orchidophiles; Ch. De Bosschère, le publiciste et conférencier si distingué ; Romain De Smet, l'horticulteur gan- tois bien connu, ainsi que M. A. Dallemagne, le sympathique amateur français, qui a bien voulu nous accompagner. * UNE MANIFESTATION EN L'HONNEUR DE M. L. LUBBERS, chef de cultures au Jar- din Botanique de l'Etat à Bruxelles, à l'occasion du 25 e anniversaire de son entrée en fonctions, se prépare pour le dimanche 23 juin prochain et sera suivie d'un Banquet offert au jubilaire. On lui remettra également une œuvre d'art et un album contenant les portraits des souscripteurs. Des divergences de vues, nées accidentelle- ment il y a cinq ans, et qui paraissent subsister ailleurs alors que je les ai oubliées depuis long- temps, m'empêcheront personnellement d'assister à cette fête offerte à l'ancien élève et chef de culture de l'établissement Linden, entré au Jar- din Botanique, il y a 25 ans, avec l'appui et la recommandation de mon père ; mais je reconnais bien volontiers qu'il a rempli ses fonctions avec un talent et une obligeance envers les visiteurs qui n'ont jamais fait regretter à M. J. LINDEN la responsabilité, que mon père avait prise en le patronant. Je l'ai dit bien souvent, je n'ai de rancunes pour personne. Le choc des idées, les batailles du journalisme, qui poussent plus qu'on ne pense au progrès de l'horticulture, ne devraient pas laisser de traces entre galants hommes et qu'est-ce que l'individualité en matière de progrès? Malheureusement, on potine beaucoup en hor- ticulture et tant d'oisifs ont le talent d'envenimer ou d'éterniser des querelles de plume qui devraient mourir sur le seuil de la chambre de travail. Ceci dit, je ne puis que recommander à mes lec- teurs la manifestation qui se prépare en l'honneur de M. Lubbers et les engager à envoyer nom- breux leur adhésion au secrétaire du Comité d'organisation, M. Th. Durand, au Jardin Botanique à Bruxelles. L. L. 143 Prix d'honneur et Médailles Le Catalogue Général des Graines et autres articles, 120 pages, £ous riche couver- ture, illustré de 200 gravures, contient lo La liste des Nouveautés intésessantes. 2» La liste des Graines de Légumes. 3° La liste des Graines de fleurs. 4" La liste des Graines pour prairies et pelouses. Ces listes sont accompagnées de toutes les explications utiles. 5e La liste des Oignons à fleurs. 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SOMMAIRE DU 126 rae NUMERO Causerie sur les Orchidées 85 Les hybrides et leurs noms S T Appareils enregistreurs 90 Études de botanique élémentaire sur les Orchidées. 92 Petites nouvelles et petite correspondance ... 97 L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOLD. — BRUXELLES UN CATTLEYA NOUVEAU PORTANT 21 GRANDES FLEURS SUR UNE HAMPE Une inflorescence entière séchée est exposée dans nos bureaux MISE AU COMMERCE DEPUIS LE 15 MAI 1895 De la plus merveilleuse introduction nouvelle d'Orchidées de ces derniers temps CATTLEYA FLORIBUNDA linden Nous avons l'immense et très compréhensible satisfaction d'annoncer aux orchidophiles que nous ne pouvons résister à leurs sollicitations et que nous nous décidons a mettre en vente immédiatement, c'est a dire à partir du 15 mai prochain, le CATTLEYA FLORIBUNDA que nous avions pensé au premier abord, ne mettre en vente qu'en fleurs, qu'après réputation faite — mais, c'eût été en effet « faire attendre et languir les orchidophiles trop longtemps pour nous servir de l'expression de l'un d'eux et nous comprenons cette impatience! Le CATTLEYA FLORIBUNDA parait être un hybride naturel entre le Cattleya maxima et quelque variété de Cattleya labiata; ses fleurs sont relativement grandes, aux segments et labelle larges et sont Sortées sur des hampes très fortes, au nombre de 15 à 21 sur un bulbe et presque chaque nouveau bulbe eurit ! De sorte qu'il n'est pas rare de voir des plantes, même comparativement faibles, porter une centaine de fleurs ! ! ! Les fleurs du CATTLEYA FLORIBUNDA sont d'un brillant coloris carmin foncé, pour la plupart, et il se trouvera dans l'importation beaucoup de variétés et même beaucoup de blanches, à en juger par les fleurs séchées que nous possédons. Les anciennes tiges florales portées par les plantes introduites, ainsi que les fleurs séchées. démontrent qu'aucune autre espèce ne peut lui être comparée comme floribondité extrême et intensité magnifique des coloris. Les plantes sont extrêmement vigoureuses et se sont établies avec une rapidité incroyable; introduites le 30 décembre dernier, elles paraissent déjà, aujourd'hui, établies depuis longtemps et sont merveilleuse- ment enracinées avec de fortes pousses, plusieurs déjà en spathes. Quoique cette splendide Orchidée nous ait coûté beaucoup de peine et d'argent à faire collecter et qu'elle ne l'ait été que grâce à l'intrépidité et au zèle de notre fameux collecteur M. Epouakd Klabocu nous sommes heureux de la mettre un commerce à un prix relativement très bas, qui en permettra l'acqui- sition a tous les amateurs et sa diffusion rapide dans les collections : 1° Bonne jeune plante semi-établie 25 francs. Les 8 70 » Les 6 130 2° Belle plante choisie semi-établie 50 > Les 3 140 » Les 280 Belle plante semi-établie en spathe 75 et 125 francs. ' J*_Sms FORTS SPÉCIMENS, PRIX PAR CORRESPONDANCE. 1" JUIN l8 95 85 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES Les Coryanthes et leur légende Les Coryanthes, à l'état naturel, développent une quantité considérable de racines; c'est d'ailleurs en général une chose surprenante de voir la masse de racines que les Orchidées produisent à l'état sauvage, en comparaison de celles que les mêmes espèces émettent dans les cultures. Les Coryanthes croissent généralement sur les fourches formées par les branches d'arbres, et leurs myriades de racines s'enroulent en formant une masse sphérique, au sommet de laquelle, ou parfois sur les côtés de laquelle s'élève la masse des pseudobulbes et des feuilles; quant aux fleurs, comme le pédoncule de la grappe n'est généralement pas très long, elles se trouvent sur le côté du paquet de racines. Nous avons vu de ces touffes si énormes qu'elles auraient formé une bonne charge pour un homme, mais en général elles n'ont pas 30 centimètres de diamètre. Les Coryanthes ne sont pas les seules Orchidées dont les racines se déve- loppent de cette façon; on observe le même phénomène dans certaines espèces de Catasetum et quelques autres genres. Ces masses sphériques de racines sont généralement le refuge de la formica do fogo, ou fourmi brûlante; lorsque l'on secoue violemment la plante, ces insectes sortent de tous côtés par milliers, et les collecteurs d'Orchidées en gardent généralement un souvenir cuisant, car lorsque ces fourmis s'établissent quelque part il est très difficile de les déloger, et il est certain que leur nom n'est que trop mérité. * * Voilà les faits qu'on peut observer à l'état naturel. Voyons maintenant la légende que l'on a édifiée sur cette base. Nous remarquons que l'on a cité ces masses dé racines habitées par des fourmis comme un exemple frappant des merveilleuses adaptations réciproques 86 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES de la vie végétale et animale, et l'on a brodé sur ce texte beaucoup de char- mantes histoires pour montrer comment la plante fournit un asile aux insectes et les fourmis, à leur tour, veillent sur les jeunes pousses et les boutons floraux de la plante, pour les protéger contre les cancrelas rapaces ou les limaces maraudeuses. Tout cela forme une légende très gracieuse, mais malheureuse- ment il ne s'y trouve pas un mot de vérité. D'abord le premier point à rectifier, c'est que le nid des fourmis est établi sur la branche fourchue avant la plante, car ces fourmis choisissent souvent une place de ce genre. La fourmilière est formée de lamelles minces d'une substance qui rappelle un peu le papier des nids de guêpes, mais qui est plus terreuse. Il est très probable que les graines des Coryanthes germent bien sur ces fourmilières, où elles trouvent une place qui leur convient et ne tardent pas à pousser. La jeune plante se développe rapidement, et en peu de temps les racines enveloppent la fourmilière. Puis la plante grandit, les fourmis se reproduisent et la four- milière s'étend dans la masse des racines. Si les fourmilières se rencontrent très souvent dans les touffes de Coryanthes, il n'est cependant pas rare de trouver des plantes qui ne sont pas habitées par des fourmis. D'autre part, la plupart du temps les fourmis ne sortent pas à moins que la plante ne soit secouée très violemment ; lorsqu'on coupe les branches avec un couteau ou avec une hache et qu'elles sont par suite violemment agitées, les fourmis s'élancent au dehors par myriades, prêtes à défendre leur asile, mais nous avons quelquefois détaché les branches avec une petite scie très bien aiguisée et enlevé la plante sans déranger les fourmis. En outre, on peut parfaitement promener la main sur la plante sans danger, pourvu qu'on le fasse avec quelques précautions, et les cancrelas et limaces peuvent se promener sur toute la masse des racines sans être inquiétés par les fourmis ; nous sommes même porté à croire que souvent ils établissent, eux aussi, leur domicile dans la touffe et cohabitent avec les fourmis en bonne amitié, mais non à l'intérieur de la fourmilière. Il est très fréquent de voir des boutons floraux entièrement détruits par les insectes sur les plantes mêmes qui renferment des fourmilières. Il faut ajouter encore que les fourmis brûlantes n'attaquent pas les insectes vivants lorsque ceux-ci ne les dérangent pas, et qu'elles ne s'en nourrissent pas. Mais si l'on dépose un insecte mort près d'une fourmilière, son cadavre sera I er JUIN 1895 87 rapidement couvert de fourmis, dépecé, s'il est grand, ou transporté tout entier à l'intérieur de la fourmilière s'il est petit. Voilà la vérité sur les légendes concernant les Coryanthes. La tâche que nous avons entreprise est peut-être ingrate, car les histoires que l'on raconte sont très séduisantes, et le monde n'est pas toujours reconnaissant envers les personnes qui dissipent ses illusions, mais la vérité nous oblige à rétablir les faits tels qu'ils sont et que nous les avons constatés au cours de plusieurs années d'observation. Para (Brésil), mars 1895. EDWARD S. RAND. LES HYBRIDES ET LEURS NOMS Diverses tentatives ont été faites depuis peu de temps pour dresser une nomenclature des hybrides d'Orchidées, nomenclature dont le besoin se fait, sans aucun doute, vivement sentir. Le nombre des hybrides croît de jour en jour avec une rapidité effrayante; la mémoire la plus solide aurait peine à retenir leurs noms, si même cette fâche n'était pas rendue presque impossible par l'abondance des synonymes. Combien de semis reçoivent des noms diffé- rents dans les différents pays et souvent même plusieurs noms dans chaque pays ! Une note publiée dans le Gardencrs 1 Chronicle par l'auteur d'un des Cata- logues d'hybrides parus récemment, M. H. J. Chapman, fournit de cette confu- sion une démonstration topique et certains passages en sont intéressants à citer: « La publication de la liste française de Cypripedium hybrides me sera très utile, et sans doute aussi à beaucoup d'autres personnes, écrit TM. Chapman Mais d'après ce que je vois, la plus grande partie des hybrides ayant des noms nouveaux sont issus des mêmes parents que d'autres nommés antérieurement dans ce pays et en Amérique. Le second sur la liste est nommé M" e Nancy ■Descombes ; ce croisement a été figuré dans le Gardeners' Chronicle au commen- cement de l'année dernière sous le nom de C. X Gravesae et a été obtenu en Amérique. En ce qui concerne le croisement barbatnm x Hookerae, nous avons obtenu le C. x marmorophyllnm il y a des années; pour l'hybride Harrisia- nnui x insigne et variétés, nous avions le C. x oenanthtim, dont le premier 88 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES exemplaire a reçu un Certificat de i re classe le 16 septembre 187g, exposé par MM. Veitch, qui nommèrent environ six variétés dans leur premier lot de semis. Dans la liste française, on ne nous présente pas moins de neuf noms distincts, dont huit sont des mêmes parents et à tous les points de vue ils ne peuvent pas différer matériellement du C. X oenanthum. Le semis C. Harrisia- num X Spicerianum, qui nous a donné le C. X Pitchcrianttm, figure sous quatre noms nouveaux au moins. Avec villosum X Spicerianum nous avons eu Bcllona et Lathamianum invcrsum il y a quelques années. « Mais un croisement où il me semble qu'il faut employer le microscope pour trouver les différences, c'est celui entre barbatum et Warncrianiiiu, qui reçoit le nom à'Olivetense. Quels caractères distincts peut-on obtenir, en croisant deux variétés de la même espèce, qui justifient un nom à part? Cela dépasse mon entendement. Je crois que si l'on doit donner un nom différent à toutes les plantes issues d'une même capsule, parce que l'une a quelques petites taches de plus ou de moins que ses sœurs, il nous faudra bientôt tout votre journal pour pouvoir imprimer les listes de semis de Cypripedium... » Je dois dire que je ne partage pas entièrement, sur certains points, la façon de voir de M. Chapman. Il ne suffit pas, à mon avis, que deux hybrides soient issus du même croisement pour qu'ils doivent porter le même nom, et l'obten- teur me paraît assez autorisé à donner un nom différent à un produit bien distinct. C'est ce qui arrive assez souvent, spécialement dans les Cypripedium. Dans le groupe de la progéniture du C. Harrisianum x insigne, par exemple, j'ai observé des formes absolument distinctes du C. x oenanthum et qu'on aurait peine à croire issues des mêmes parents. Je trouve parfaitement admissible que l'on distingue ces formes par des noms différents, pour les besoins de l'horticulture et la commodité des ama- teurs. Il convient, à mon avis, d'apporter dans la nomenclature des hybrides un esprit tout autre que dans celle des espèces. Celles-ci, qui appartiennent au domaine de la science botanique, doivent être soigneusement déterminées, classifiées et désignées par un seul et même nom dans tous les pays. Mais les hybrides, qui naissent chaque jour en grand nombre et n'offrent rien de fixe, et. qui sont souvent oubliés au bout de quelques années ou remplacés à leur tour par une génération nouvelle, peuvent recevoir sans inconvénient des noms de fantaisie dans lesquels chaque amateur prend plaisir à placer un hommage à ses amis ou à des personnages éminents. JUIN 1895 89 La plupart du temps, jusqu'ici, chaque hybride n'est représenté que par un très petit nombre d'exemplaires et ne sort pas d'un cercle restreint. Si cepen- dant un semis offre des qualités supérieures qui lui assurent la célébrité et la propagation dans un grand nombre de collections, il n'y aura pas de confusion à craindre, elle disparaîtra d'elle-même. L'hybride arrivera à la réputation sous un certain nom — vraisemblablement le plus justifié — et les autres tomberont rapidement dans l'oubli. Aussi bien, le moment approche où l'on devra renoncer, dans la pratique courante de l'horticulture, à tenir une comptabilité exacte des parents et des « courants » des divers hybrides; cela commencera par les Cypripedium, pour gagner peu à peu toute la famille. Seuls les connaisseurs doués d'une mémoire exceptionnelle et d'un flair prodigieux, pourront conserver à peu près exacte- ment, pendant quelque temps encore, le fil de la tradition qui reliera les divers groupes aux espèces originelles. Le public se contentera facilement de noms de fantaisie appliqués aux formes les plus distinctes. Il pourra même fort bien arriver, à ce titre, que deux hybrides issus de la même capsule de graines reçoivent des appellations différentes, alors que deux autres issus d'origines différentes seront classés sous le même nom. N'avons-nous pas vu, par exemple, un certain hybride de M. Bleu donner des fleurs identiques au C. Curtisi? * * * Ces changements s'opéreront d'eux-mêmes quand ils seront mûrs, et il ne servirait à rien de vouloir les empêcher, non plus que de les introduire avant le temps ; c'est la coutume qui règne en pareille matière. Jusque là, nous trouvons une utilité incontestable aux listes qui nous four- nissent les noms des hybrides en regard de leur origine. Seulement, il faut avouer qu'elles deviennent déjà très difficiles à établir. Il me semble qu'une liste de cette sorte, pour rendre de grands services, devrait offrir trois classifications différentes : d'abord les noms donnés aux semis, par ordre alphabétique, avec leurs origines ; puis les noms des porte- pollen, et enfin les noms des porte-graines, également par ordre alphabétique. Voilà, n'est-il pas vrai, une liste qui serait fort longue. Du moins aurait-elle le mérite d'être claire, et c'est le principal. Un amateur désireux de se livrer à l'hybridation, et ayant choisi une première plante, espèce ou hybride, n'aurait qu'à prendre son catalogue pour y trouver tous les croisements auxquels cette plante aurait déjà servi ; il pourrait alors disposer de renseignements complets go LE JOURNAL DES ORCHIDEES pour savoir quelle autre congénère il faut prendre pour obtenir un beau résultat, ou lesquelles il faut éviter s'il préfère produire du nouveau. Je ne cacherai pas d'ailleurs qu'il y aurait, à mon avis, un autre progrès à faire : ce serait de supprimer la distinction entre porte-graine et porte-pollen. Quelle en est, en somme l'utilité? Cette distinction se comprenait jadis, quand les hybrides étaient encore très peu nombreux, et que la moindre différence méritait d'être notée. Mais aujourd'hui ce serait compliquer énormément les choses que de s'arrêter à ces petites différences. On voudrait imposer un nom unique à deux semis très distincts, par la raison qu'ils sont sortis de la même capsule de graines et imposer deux noms différents à deux semis identiques, sous prétexte que les parents n'ont pas été croisés dans les mêmes conditions ! Cela me paraît une pure chinoiserie. Le seul principe admissible désormais, je le répète, c'est de se conformer à l'évidence sensible, de se plier aux commodités du public, c'est-à-dire de donner des noms différents aux formes différentes et de laisser au besoin donner le même nom à des formes d'ori- gines différentes, si elles sont semblables entre elles. G. Rivois. APPAREILS ENREGISTREURS Le Journal des Orchidées a parlé occasionnellement, dans de récents articles, de deux catégories d'appareils automatiques qui peuvent être utilisés avec profit dans l'horticulture, l'un pour signaler l'élévation ou l'abaissement excessif de la température dans les serres, l'autre pour régler à volonté le chauffage par le gaz. Quelques abonnés nous ayant demandé des renseignements à ce sujet, nous allons indiquer les principes généraux du fonctionnement de ces appareils, plutôt qu'en expliquer le détail, qui peut être indéfiniment varié, comme on le verra. L'appareil qui sert à contrôler la température des serres fonctionne par l'électricité ; il se compose essentiellement d'un thermomètre muni d'un index métallique, grâce auquel il est relié à une sonnerie électrique. On place l'index en face du degré voulu, exactement comme on prépare un réveil-matin; lorsque I er JUIN 1895 91 le thermomètre atteint ce degré, le courant s'établit et fait fonctionner la sonnerie. Il va sans dire que l'on peut établir cette sonnerie à tel endroit qu'on veut, et ce sera en général dans la chambre du jardinier, du chauffeur ou de l'ama- teur même. On est ainsi prévenu lorsqu'il est nécessaire de fermer une vanne, ou d'activer le chauffage, ou de rallumer un foyer qui s'est éteint. C'est surtout pour la nuit que ces appareils rendent de grands services, car une fois qu'ils sont installés dans les serres, on peut dormir tranquille, certain d'être averti s'il se passe quelque chose d'anormal. Il existe aussi des dispositions différentes, dans lesquelles est utilisé l'appa- reil thermo-électrique dont le principe est dû à Melloni ; on sait qu'il s'établit dans cet appareil un courant électrique dès que la température s'élève, et l'on peut obtenir une délicatesse plus ou moins grande, de façon à signaler même une très légère élévation. Passons au second appareil, celui destiné à régler l'arrivée du gaz lorsqu'il est utilisé pour le chauffage du thermosiphon. Le dispositif adopté le plus souvent en pareil cas peut être décrit comme un thermomètre surmonté d'une petite cuvette ouverte, sur laquelle nage un flotteur. Selon que la dilatation du liquide, produite par la chaleur, fait monter ou baisser la surface dans la cuvette, le flotteur monte ou descend aussi, et ses mouvements ont pour effet d'augmenter ou de diminuer l'ouverture d'un robinet placé sur le parcours du tuyau à gaz; pour cela, le flotteur est relié à un bras de levier qui s'articule avec le robineti On conçoit qu'il est facile de régler l'appareil de façon à laisser la tempéra- ture s'élever jusqu'à tel ou tel degré. Il suffit pour cela de faire varier la lon- gueur du bras du levier, ou de le fixer à un niveau plus ou moins haut sur le flotteur. Le liquide qui convient le mieux pour remplir cette espèce de thermomètre est le mercure, d'abord parce qu'il ne s'évapore pas et garde un niveau constant, et aussi parce que sa densité étant très grande, on peut y faire surnager un flotteur assez lourd, et l'on obtient une poussée très forte qui fait manœuvrer très facilement le levier et le robinet. Il est évident que là aussi, l'on peut employer l'électricité, de façon à obtenir le même résultat. Cette fée bienfaisante et toute puissante se prête à des utili- sations infiniment variées, et devra jouer dans l'avenir un rôle immense dans toute l'organisation de la vie matérielle de l'homme. Pour nous en tenir aux g2 LE JOURNAL DES ORCHIDEES serres, il serait assurément facile, dans une grande installation, de l'employer à ouvrir les ventilateurs automatiquement lorsque le thermomètre extérieur dépasserait un certain chiffre, et à les fermer, inversement, au-dessous d'une certaine température, et encore à humidifier l'atmosphère d'une serre lorsque l'hygromètre tomberait au-dessous d'un degré donné, en faisant ouvrir alors le robinet d'un tuyau percé de trous par où l'eau jaillirait sur ou sous les tablettes. D r G. von Heerdt. ÉTUDES DE BOTANIQUE ELEMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES [Suite, voir p. 47) Il y avait donc ainsi trois genres considérés comme bien distincts et dont personne ne songeait à contester la valeur, lorsqu'en 1837, Schomburgk annonça qu'il avait observé, dans la Guyane, des plantes qui portaient à la fois des fleurs de ces différents genres. Il trouva même un épi qui portait à côté l'une de l'autre des fleurs de Myanthus et de Monachanthus, épi conservé encore aujourd'hui en alcool dans les collections de la Société Linnéenne de Londres. Depuis cette époque, des faits semblables ont été fréquemment observés dans les cultures. On n'en trouvait pas d'explication plausible et ils étaient de nature à bouleverser toutes les idées admises sur la classification et la délimi- tation des genres, lorsqu'en 1862, Darwin démontra qu'ils étaient simplement le résultat de différences sexuelles. Pour lui, la même espèce avait pour fleur mâle un Catasetum, pour fleur femelle un Monachanthus, et pour fleur herma- phrodite un Myanthus. M. Rolfe a rectifié en 1889 un léger détail de cette explication : pour lui, le Myanthus n'est pas la forme hermaphrodite des deux autres, mais bien la fleur mâle d'une espèce différente. Toutefois si la rectification de M. Rolfe paraît exacte en ce qui concerne les espèces étudiées par Darwin, nous devons faire remarquer que M. Barbosa Rodriguez a décrit en 1877 une espèce nommée par lui C. heteranthum (Nov. Gen. et Spec, I, p. 127), espèce qu'il reconnaît lui-même (loc. cit., p. 205), comme étant identique au C. Gnomus Lind. et Rchb. f., et qui produit des I er JUIN 1895 93 grappes florales de trois formes bien tranchées, qu'il considère comme les formes Catasetum, Monachanthus et Myanthus de cette espèce. Il déclare même avoir observé les trois sortes de grappes naissant sur le même individu. Nous avons entre les mains les aquarelles exécutées par lui qui représentent ces trois formes, et nous en donnerons la copie dans la Flora Brasiliensis. Pour compléter ces détails sur les formes sexuelles des Catasetum, ajoutons que quelques espèces sont considérées comme hermaphrodites. M. Rolfe a créé pour elles sa section Pseudo-Catasetum, dans laquelle il range les C. cassi- deum Lind. et Rchb. f., C. discolor Lindl. et C. longifolium Lindl. Il reste à établir avec certitude que ces trois espèces sont bien réellement hermaphrodites. Pour le C. discolor au moins, il n'en est rien, puisque M. Bar- bosa Rodrigues en a observé les deux formes sexuelles dans le bassin du Rio- Negro (voir Vellosia, I, p. 126), tantôt portées sur des pieds différents, tantôt naissant de la base du même pseudobulbe. Nous possédons son dessin qui repré- sente ce dernier cas, et nous le publierons aussi en son temps dans la Flora Brasiliensis. Que doit-on faire du genre Clowesia, décrit par M. Lindley en 1843 dans le Botanical Register ? Bentham le place, avec doute il est vrai, dans la sous- tribu des Maxillariées, au voisinage des Schlimia et des Scuticaria; tandis que M. Pfitzer en fait simplement un synonyme des Catasetum. Les caractères qui lui sont assignés se rapprochent tellement de ceux de certaines espèces de Catasetum, et notamment du C. scurra Rchb. f. , que nous sommes tout dis- posé à adopter cette dernière manière de voir. On se procurera assez facilement des fleurs pour reconnaître les caractères distinctifs de ce genre ; mais ce sera presque certainement des fleurs mâles seulement, car les fleurs femelles sont très rares dans les cultures et ne s'y montrent guère qu'accidentellement. En faisant abstraction des cas excep- tionnels, voici ces caractères : « Fleurs dioïques (accidentellement monoïques) très rarement hermaphro- « dites ou polygames-trimorphes. Sépales et pétales libres, souvent presque « égaux; parfois tous larges, épais, connivents en globe; d'autres fois tous « étroits, le sépale postérieur étant connivent avec les pétales ; dans d'autres « cas tous, ou au moins les sépales latéraux sont étalés ou réfléchis. Labelle « charnu, sessile à la base du gynostème, extrêmement variable : assez mince « ou très épais, étroit ou très large, souvent très concave mais parfois plan « ou plus ou moins convexe, à bords entiers ou plus ou moins découpés et 94 LE JOURNAL DES ORCHIDEES « parfois longuement frangés. Gynostème dressé, charnu, non prolongé en « pied; dans les fleurs mâles, il est le plus souvent allongé, muni antérieure- « ment sous le stigmate de deux longues soies plus ou moins réfléchies, à cli- « nandre prolongé postérieurement en un long bec dressé et aigu, à stigmate « imparfait; dans les fleurs femelles, il est souvent très court et plus épais, « sans soies ni bec et à stigmate parfait. Anthère terminale en forme d'oper- « cule, à une seule loge ou à deux loges imparfaites ; dans les fleurs mâles, « elle est munie d'une langue pointe dorsale qui s'appuie contre le bec du « clinandre; quatre pollinies cireuses, superposées par paires, oblongues, rat- « tachées à un rétinacle grand et épais par un pédicelle comprimé, allongé et « étroit; dans les fleurs femelles, l'anthère est beaucoup plus petite et les pol- ( linies sont imparfaitement développées. — Herbes terrestres ou épiphytes, à <■ tiges courtes, portant plusieurs fleurs, se renflant bientôt en pseudobulbes « ovoïdes ou fusiformes. Feuilles amples, plissées-veinées. Scapes naissant de « la base des pseudobulbes, simples, dressés ou pendants. Fleurs remarquables, « en grappes plus ou moins fournies, à labelle tourné tantôt vers le haut, « tantôt vers le bas. » Le genre Catasetum, du moins dans ses formes typiques, est très facile à distinguer de tous ceux que nous avons étudiés précédemment, par ses fleurs dioïques, et surtout par les deux longues soies réfléchies dont est armé le gynostème. Il comprend au moins soixante espèces, répandues dans toute l'Amérique tropicale, depuis le Brésil jusqu'au Mexique. VI. Mokmodes. — Le nom générique Mormodes dérive du mot grec mormô, qui signifie spectre, par allusion à la forme étrange des fleurs de ce curieux genre. Il fut établi par Lindlev en 1S36 (Introduction to the natural system of Botany, 2 me édit., p. 446 et Botanicul Résister, vol. XXII, tab. 1861), pour une espèce croissant aux environs de Panama, le M. atropurpiireum, qui paraît bien l'are aujourd'hui dans les cultures. Peu de temps après, le botaniste allemand Klotzsch créa aussi le genre Cyclosia (in Otto et Dietrich, Allgcm. Gartenz., 1838, p. 305), pour une plante mexicaine à belles fleurs jaunes toutes mouchetées de rouge pourpre, qu'il nomma C. maculata, mais qui fut reconnue comme étant identique au Mormodes pardinum, décrit à peu près en même temps par Bateman. Le genre Cyclosia est donc un simple synonyme de Mormodes. On connaît actuellement de vingt à vingt-cinq espèces de ce genre ; elles sont disséminées dans l'Amérique tropicale, depuis le Mexique jusqu'à la Colombie, I" JUIN 1895 95 la région de l'Amazone et les Guyanes ; l'une d'elles atteint même la province de Minas Geraes, dans le Brésil méridional. Outre les espèces déjà mentionnées plus haut, citons encore parmi les plus intéressantes et pouvant très bien être employées pour l'étude des caractères génériques : le M. Buccinator, à rieurs de couleur très variable, souvent jaunes ponctuées de cramoisi ; le M. Colossus, le géant du genre, à fleurs où domine le rose et le jaune; le M. luxatum (rapporté par Bentham aux Catasetum), à grandes fleurs jaunes, très odorantes ; le M. Ocannae, à fleurs qui rappellent celles du M. pardinum, mais beaucoup plus grandes ; le M. Uncia, à très grandes fleurs, également jaunes tachetées de rouge. Le genre a pour caractères : « Sépales presque égaux, libres, étalés ou réfléchis, rarement connivents, sou- < salera » pas : M. H. Martinet, 167, boulevard S' Germain, à Paris. Je le recom- mande chaudement à ceux de mes lecteurs qui auraient des travaux à faire exécuter dans leurs propriétés. M. Martinet, rédacteur en chef du Jardin, s'est en très peu d'années placé à la tête des architectes-paysagistes français. G. S., France. — Voici notre opinion sur les fleurs que vous nous avez adressées : i° Le Cattleya Mossiae est grand et d'un coloris assez vif; il a les pétales d'une bonne ampleur. Ses fleurs étaient un peu fanées et froissées en arrivant, mais on pouvait cependant se rendre compte de ce qu'elles avaient été, et cela paraît être une bonne variété. 2° Le Cattleya Aclandiae rentre dans la forme sabnonea, qui a été figuré dans la Lindenia, mais sa fleur est petite pour ce groupe; nous en avons vu qui étaient sensiblement le double de celle-là. C'est, comme vous l'aurez constaté, une variété beaucoup plus attrayante que le type, grâce à son coloris de fond rouge saumoné vif. Le C. Aclan- diae ordinaire a les sépales et les pétales verdâtres sous les macules brunes. 30 Oncidinm sar codes, forme assez grande d'un coloris clair. 40 II est à peu près certain (quoiqu'on puisse difficilement juger ces plantes d'après la fleur seule) que l'Epidendrum est l'£. ionosinnm, nom qui signifie : à odeur de violette. Cette odeur, très agréable, était encore bien sensible trois ou quatre jours après que nous avions reçu votre envoi. D'après la description que nous vous avons donnée dans notre lettre des organes végétatifs, vous aurez pu facilement juger si votre plante est bien celle que nous pensons; nous ne croyons pas qu'il puisse y avoir doute. ODONTOGLOSSUM DIMORPHE. — Le Gardening World, de Londres, signale un cas singulier de dimorphisme dans un Odontoglossum Andersoniannm , qui a fleuri récemment en Angle- terre. La tige florale de cette plante portait deux fleurs, entièrement jaunes, y compris la colonne, alors que les autres fleurs étaient, comme à l'ordi- naire, blanc crème avec des macules rouges. FLORAISON EXCEPTIONNELLE. — On remarque que le Cattleya Lawrcnccana a fleuri cette année mieux et plus généralement que d'ha- bitude. Il arrive ainsi de temps en temps que certaines Orchidées qui passent pour difficiles LE JOURNAL DES ORCHIDEES donnent un peu partout une excellente floraison. Ne serait-il pas intéressant de rechercher dans les conditions climatériques la cause de ces diffé- rences ? Le phénomène particulier qu'on peut remarquer dans l'année 1894-95, c'est la rigueur de l'hiver, et surtout sa tardivité. Il n'est pas impossible que ce soient les froids de février et mars qui aient modifié la culture, en prolongeant le repos ou tout au moins en le retardant. Il serait utile, pour élucider ce point, de connaître les observations faites par un certain nombre de cultivateurs. VENTE D'ORCHIDÉES. — La vente des Orchidées de la fameuse collection de Selwood, Rotherham, a eu lieu récemment à la suite du décès de leur propriétaire, M. G. D. OWEN. Cette collection, bien choisie, mais peu nombreuse encore, car elle était de formation assez récente, a réalisé une somme totale de 95,100 francs. Parmi les plantes qui ont atteint les plus hauts chiffres, citons : Cattleya Hardyana, 520 fr. ; diverses variétés de C. X Hardyana, entre autres la variété Lindeni et la variété Lucianï, 3650 fr., 1S75 fr., 468 fr., 1095 fr-' 10 4 ù fr - ! Odontoglos- sum Pescatorei Lindeniae. 682,50 fr. ; Cattleya labiata alba, 1910 fr. ; Cattleya Gaskelliana alba, 787 fr. ; C. Mossiae Reineekeana. 992 fr. ; C. Skin- n,ri alba. 525 fr. ; C. Massaiana, C. Loddigcsi Measuresiana, 551 fr. ; C. Mrs Astor, 824 fr. ; C. Mossiae Wageneriana, 1050 fr.; C. Lord Roth- schild, 840 fr.; C. Mossiae alba, 1443 fr.; C. Men- deli Blunti, 1470 fr.; C. labiata Countess Fitz- william, 1260 fr.; C. Gaskelliana alba, 824 fr. ; C. Aliciae, 840 fr. ; Laelia praestans alba. 990 fr. ; Laelia elegans Turneri, 490 fr. ; Odontoglossum Wattianum, 1312 fr. ; 0. Pescatorei Schrôderae, 450 fr. ; O. elegans, O. crispum Stevensi, 890 fr. ; 0. crispum Oweniamim, 525 fr. ; Cymbidium ebur- luinii et Lowianum, 525 fr., etc. L'ILLUSTRATION HORTICOLE publie. dans son numéro d'aujourd'hui, un article sur les Vanda iricolor et suavis, accompagné de deux belles gravures représentant une fleur de chacune de ces Orchidées. LES SERRES DE L'HORTICULTURE IN- TERNATIONALE sont admirablement fleuries en ce moment. C'est la grande époque des CattUya Mossiae, Mendeli et des Laelia purpu- rata et il y a actuellement une multitude de variétés supérieures épanouies: c'est un spectacle imposant et unique en Europe. LA SOCIETE IMPERIALE ET ROYALE D'HORTICULTURE DE VIENNE a élu récem- ment comme membres correspondants MM. le D r Bataline, de S' Petersbourg, E. A. Car- rière, de Paris, Lucien Linden, de Bruxelles, le Dr Maxwell T. Masters, de Londres et le Dr L. Wittmack, de Berlin. UNE EXPOSITION INTERNATIONALE D'HORTICULTURE se prépare pour l'année prochaine à Genève. Les organisateurs se pro- posent d'y donner une importance spéciale aux nouvelles introductions. Nous en parlerons dans un prochain numéro. Nous espérons que le programme sera rédigé d'une façon plus précise qu'on n'a coutume de le faire jusqu'ici pour ces concours et qu'il ne sera pas possible de voir, comme à l'Exposition inter- nationale de Paris, des variétés accidentelles de semis, achetées en Belgique, de Tillandsia fene- stralis et de Tillandsia tessellata (deux bromé- liacées introduites par nous il y a une vingtaine d'années et étiquetées pour la circonstance, l'une T. Félix Faure!! et l'autre T. Sanderael! en ou- bliant de les rattacher aux types), de Bertolonia marmorata ou des variétés à' Odontoglossum crispum (sous cloches!!!) ainsi que des plantes mises au commerce par nous deux ans auparavant, ou un albinos de l'ancien Cypripediiim eallosum (C. Sandcrae) acheté en France, ou encore les vieux Maranta majestica et Anguloa uniflora rebaptisés et exposés comme plantes nouvelles d'introduction récente!! Quand le jury d'un concours de cette impor- tance est compétent et impartial, il n'y a pas de danger, la collection qui contient des plantes de ce genre ne sera jamais victorieuse, ainsi que cela vient d'arriver à Paris. Mais il y a plus, elle devrait être disqualifiée et l'exposant mis à pied pour quel- ques années. Le second prix ne devrait pas être distribué. Et ce ne sont, ni les colères de l'expo- sant évincé, ni ses intrigues du lendemain, qui pourraient faire modifier le jugement rendu et lui faire attribuer comme « consolation » une médaille d'or quelconque. Mais voilà, on ne rencontre pas tous les jours un jury aussi compétent qu'à Paris, une commission d'organisation ayant du caractère ou un programme de concours sévè- rement libellé... CATTLEYA FLORIBUNDA. -- Plusieurs correspondants nous demandent si ce Cattleya rentre dans la section des C. amethystina, gut- iata, Alexandrae ou iutermedia. Il en est absolu- ment différent. Tout ce qu'il y a de plus différent. Ainsi que nous l'avons dit, ce Cattleya paraît être un hybride naturel entre le C. maxima, dont il a du reste le faciès, et quelque variété du C. la- biata. Nous répéterons, de plus, que c'est une plante de tout premier ordre. L. L. PÊRE^ & FILS Jï.otticiiîleaiivÇ, icàn'ieiAs 16, Rue d'Algérie, 16 r ^ , L -*r o i«r ' I l 143 Prix d'honneur et Médailles Le Catalogue Général des Graines et autres articles, 120 pages, 60US riche couver- ture, illustré de 21)0 gravures, contient 1» La liste des Nouveautés intéressantes. 2» La liste des Graines de Légumes. 3<> La liste des Graines de fleurs. 4n La liste des Graines jqour prairies et pelouses- Ces listes sont accompagnées de toutes les explications utiles. 5p La liste des Oignons ù fleurs. Ko La liste des Plantes de collections. 7» La liste des Outils et instruments horticoles, etc., etc. C'est certainement la plus intéressante des publications de ce genre. 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L'Illustration Horticole est devenue depuis 1894 le JOURNAL POPULAIRE DE L'HORTICULTURE PAR EXCELLENCE et paraît 1res régulièrement le 15 et le ôO de chaque mois Elle est de format grand in-8°, et contient, chaque fois, nue magnifique Planche coloriée, 16 pages de teste et de nombreuses gravures. Le numéro paraissant le 30 du mois est plus spécialement destiné aux plantes de serre : Fougères, Palmiers, Cycadées, Broméliacées, Aroides, Plantes panachées, Plantes décoratives, etc. Le numéro paraissant le 15 du mois s'occupe davantage de la Floriculture, des plantes en pleine terre ou en appartements, et donne les portraits en • planches coloriées ou noires des plus belles nou- veautés de l'année pour garnir les parterres, isoler sur les pelouses ou garnir les appartements. L'Illustration Horticole, journal de tous et pour tous est un journal d'informations et un guide pratique de culture. L' Illustration Horticole, en dehors de sa rédaction très complète (elle s'est assurée le concours des plumes les plus compétentes de l'horticulture), emprunte aux journaux étrangers tous les articles intéressants, de façon à être une encyclopédie de ce qui parait ailleurs en toutes les langues. PRIX DE L'ABONNEMENT : 15 fr. par an, pour toute l'union postale 12 fr. par an (1 fr. par mois) pour les jardiniers seulement Bureaux : 100, rue Belliard, Bruxelles. L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ A\0«i\ME) PARC LÉOPOLD. BRUXELLES GRANDES IMPORTATIONS ARRIVEE» ou ATTENDUES TRÈS PROCHAINEMENT DE Laelia elegans et purpurata Laelia Dayana — Sophronitis grandiflora Cattleya Warocqueana (labiata) Oncidium Forbesi — Oncidium sareodes Cattleya Mendeli — Cattleya Trianae Odontoglossum crispum et hastilabium Cattleya Mossiae — Cattleya Schilleriana Cattleya Dowiana — Cattleya Skinneri Odontoglossum grande et cirrhosum Cattleya gigas — Cattleya Lawrenceana Cattleya aurea — Cattleya Eldorado Cypripedium insigne montanum Odontoglossum Pescatorei et triumphans Cattleya Schroederae et Gaskelliana 8ÊJËT" Phalaenopsis amabilis, Schilleriana •^«TtS Sanderiana et rosea Cymbidium eburneum et Lowi Cattleya eitrina - Laelia aneeps Laelia autumnalis et L. grandis Odontoglossum Cervantesi et Rossi Odontoglossum maculatum et Od. cordatum Vanda Sanderiana — Vanda suavis et trieolor Cypripedium Stonei et Haynaldianum Cypripedium Rothschildianum Cypripedium Wallisi et reticulatum Etc., etc., etc. GROS (par 12, par cent et par mille plantes) ET DÉTAIL ipptiix par coiiPiESP'OisriDA.nsroE -'n£X ■"a ^ 6 me année. 16 JUIN 1895 Numéro 127. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE RÉDIGÉ ZE T FXJBLIÉ LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Hortictjltuke Internationale Secrétaire de L'Oechidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imsehoot, Fr. Desboia, D r G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, Ch.Van Wambeke, A. Bleu, D r Van Cauwelaert, Ch.Vasseur, Comte de Bousies, J. Nôtzli, Cahuzac, D n Capart, James O'Brien, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Truffaut, D. Treyeran, G. Rivoia, H. Correvon, D r Max Reichenheim, A. Dallière, F. Kegeljan, O. Ballif, G. Miteau, R. Johnson, C. Ellner, Ch. de Bosschere, A. Hubert, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, F. délia Porta, G. Diretti, A. van denHeede, A. Wincqz, G . Kittel, Baron de Meylhand, D r Muller, Henri Hermieux, O. Altenhoff, E. Bartel et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de l'Abonnement : 10 francs par an POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 1 er et le 16 «le chaque mois OrV m*.\uo>\i\i: AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Dépositaire pour la. France : M. O. DOIN, Éditeur, 8, Place de l'Odéon-, PARIS. Garni, impr. Euii. Yander Haeghen, TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier; > m tm. < Les annonces paraissant à la fois clans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. 1%. 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FORTS SPÉCIMENS, PRIX PAR CORRESPONDANCE. 16 juin 1895 PETITES NOTES SUR LES ORCHIDÉES D'AMATEUR LAELIA PURPURATA. - - C'est l'un des triomphateurs de la saison, et les comptes-rendus d'expositions, en Angleterre et sur le continent, portent son nom en vedette. Nulle faveur n'est d'ailleurs plus méritée. De magnifiques variétés ont excité partout l'admiration, et l'on ne sait vraiment à laquelle décerner la palme. Comme beauté de port, comme richesse de coloris, comme fioribondité, le L. pur pur cita est l'une des plus exquises Orchidées qui existent. Si l'on veut obtenir une belle et abondante floraison, il faut avoir soin de lui donner un bon repos pendant l'hiver; faute d'observer cette prescription, on aura des bulbes qui partiront en végétation avant d'être bien mûris, et qui ne donneront par conséquent que des pousses faibles et minces. Rien n'est plus triste que l'aspect de ces plantes portant, à côté des pseudobulbes volumineux et robustes produits à l'état naturel, des tiges grêles et courtes, qui n'ont pas la force de se tenir droites. Les pousses formées dans ces conditions ne peuvent naturellement pas fleurir, ou ne donnent que peu de fleurs. * * * BRASSIA KEILIANA. — Cette espèce a une variété qui porte le nom de tristis, ce qui rend assez bien le cachet sombre du coloris, mais ne donne qu'une idée inexacte de l'aspect des fleurs. Les Brassia, avec leurs longs pétales et sépales effilés, et curieusement disloqués vers le haut et vers le bas, font penser à un moulin à vent, ou mieux encore, à un saltimbanque bariolé faisant la roue; la tête est-elle en bas ou en l'air, on ne saurait le dire, on ne voit que des bras et des jambes dressés. On a parfois abusé, pour dénommer des Orchidées, de noms fantaisistes de ce genre : histrio, histrionantha, ludibunda, gnomus, etc. Les Brassia auraient le droit d'en réclamer leur part. Les diverses espèces de Brassia sont assez difficiles à distinguer entre elles. Parfois les pétales et sépales sont plus ou moins longs, le coloris plus ou LE JOURNAL DES ORCHIDEES moins jaune ou vert, les macules brunes plus ou moins fortes. Dans le B. Keiliana, elles recouvrent presque entièrement les segments et il ne reste qu'un peu de jaune vif à la base et au sommet. * * * CATTLEYA LODDIGESI. — Celui-ci n'est pas en fleurs actuellement, ni sur le point de fleurir, car il faut attendre pour cela le mois de septembre ; mais ce qui m'amène à en parler, c'est que je vois mentionné dans un ouvrage anglais qu'il produit trois à quatre fleurs sur chaque grappe. Or, il en donne en réalité davantage, et j'ai vu jusqu'à neuf fleurs sur une même tige. Ceci était assurément exceptionnel, mais tout le monde peut en voir fréquemment cinq ou six. C'est une Orchidée qui n'a pas une bonne réputation. Oh ! il y en a plu- sieurs qui n'ont pas une bonne réputation ; mais il reste à savoir si ce discrédit est mérité. Affaire d'exposition ou de soins; il y a des espèces, considérées en Angleterre comme difficiles à cultiver, et que le jardinier novice réussit parfaitement sur le continent. Le contraire doit exister aussi. Il y a une trentaine d'années, la plupart des amateurs croyaient qu'il était extrêmement difficile de faire lever des graines d'Orchidées. Le problème a été cependant résolu, la tâche est devenue facile pour un grand nombre de genres et très facile pour plusieurs. Ce n'est qu'une question d'expérience. * ■ ■ CATTLEYA DOWIANA ET C. AUREA. - - Ces deux espèces devraient être aussi répandues dans les collections que le C. Mossiae par exemple. Elles sont au moins aussi belles et se cultivent maintenant partout aussi bien. Je ne veux pas dire, bien entendu, qu'elles doivent être traitées de la même façon. Elles réclament un peu plus de chaleur que le C. Mossiae, et un repos beaucoup moins marqué ; le C. aurea semble être presque constamment en activité et une sécheresse prolongée lui serait plus nuisible qu'utile; plusieurs courtes périodes de repos lui valent mieux qu'une longue. * i ONCIDIUM CRISPUM. - - L'époque de floraison de ce bel Oncidium est proche, et si les plantes sont cultivées en pot ou en panier, il sera bon de diminuer maintenant les arrosements pour ralentir la végétation et laisser les grappes florales se développer. Pour celles qui sont sur bloc, on peut continuer 16 juin 1895 103 à les plonger dans l'eau tous les deux ou trois jours (plus ou moins selon la température) tant que les boutons ne se montrent pas. * * * MILTONIA ■; BLEUANA. -- Ce superbe hybride est maintenant en fleurs ou en boutons, et ses fleurs, si amples et si brillamment colorées, font l'un des plus beaux ornements de la serre tempérée-froide. Comme les espèces de la même section, mi-Odontoglossum, mi-Miltonia, il craint les rayons directs du soleil, et son feuillage délicat est vite brûlé si l'on néglige de l'ombrer pendant la belle saison. Les amateurs novices s'alarment quelquefois à tort de la couleur pâle, ou même jaunâtre, des pseudobulbes des Miltonia. 11 n'y a pas lieu de s'en inquiéter; c'est leur couleur naturelle et nullement un indice de mauvaise santé. Le Miltonia x Bleuana, de même que le M. vexillaria qui est l'un de ses parents, est en somme facile à cultiver. Mas de Vallia. REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES PHALAENOPSIS LINDENI Loher. -- Cette nouvelle espèce est dédiée à M. J. Linden par l'explorateur qui l'a découverte, et qui en donne la descrip- tion suivante : « Folia oblonga, albido-argentea, viridi-maculata ; pedunculi purpurei, brac- teis parvis acutis; perigonii phylla exteriora et interiora subaequalia, obovata subclavata, obtusa, albida (versus nervum médium subrosea) ; labelli tripartiti lobi latérales subfalcati, oblongi-obtusi, versus basin interiorem maculis au- rantiacis, scutello vel callo bilobo aurantiaco maculato; lobus intermedius cor- dato-rotundatus breviter acuminatus, striis quinque purpureis, basi albidus, medio superiori amethystinus. » Cette espèce rappelle un peu par son feuillage le P. Schilleriana, mais elle a les feuilles beaucoup plus étroites, à peu près gladiolées; quant aux fleurs, elles se rapprochent beaucoup de celles du P. rosea, mais elles sont beaucoup 104 LE JOURNAL DES ORCHIDEES plus grandes, presque doubles. En outre, elles s'en distinguent par le coloris du labelle, qui a le lobe antérieur améthyste vif avec la base rose pâle; cet organe est sensiblement arrondi, brièvement acuminé, tandis que dans le P. rosca il a la forme d'un losange. M. Loher remarque qu'aucun autre Phalaenopsis ne croît dans l'endroit où se rencontre la nouvelle espèce. * * * MASDEV ALLIA x SHUTTRYANA. -- Le nom de cet hybride, qui sur- prend un peu au premier abord, est destiné à rappeler son origine ; les deux espèces dont il est issu sont en effet le M. Shuttleworthi et le M. Harryana. Nous espérons que les puristes de l'école anglaise, qui dénomment ces deux espèces M. caudata Shuttleworthi et M. coccinca Harryana, n'insisteront pas dans le cas actuel pour faire prévaloir leurs vues ; il serait difficile à des gosiers humains de prononcer le nom complet : M. x caudashuttcocciryana. Ce charmant hybride a les fleurs rouge orangé lavées de jaune d'or; les longues queues des sépales, qui rappellent le M. Shuttleworthi, sont jaune d'or. Cette plante était exposée par Sir Trevor Lawrence à la Temple Show, où elle a obtenu un Certificat de mérite. * * * MASDEVALLIA HARRYANA MINIATA. - Belle variété exposée par Sir Trevor Lawrence à la Temple Show, où elle a reçu un Certificat de mérite. Elle a les fleurs de grande taille, d'un coloris très riche, écarlate intense légèrement nuancé de vermillon. * * CYPRIPEDIUM x GERTRUDE HOLLINGTON. - Ce superbe hybride, dont il a été dit quelques mots dans le dernier numéro du Journal des Orchidées, est issu du C. ciliolare et du C. bellatulum. Le Gardeners Chronicle en publie dans son numéro du 25 juillet une gravure extrêmement bien faite, et qui en donne une idée tout à fait exacte; il le décrit dans les termes suivants : « Parmi les divers Cypripedium de cette section qui ont été exposés jusqu'à présent, on peut hardiment dire que celui-ci est de beaucoup le plus grand, et son mérite supérieur doit être attribué au cachet extraordinaire du C. bella- tulum. Le sépale dorsal ample est blanc crème, avec du vert émeraude au centre, et des lignes de points et de plumes pourpres partant de la base. i6 juin 1895 105 Les pétales larges, ovales, plats, ont des lignes de points pourpres, avec des macules dans l'intervalle; ces lignes et ces macules s'étendent sur toute la surface au-dessus du fond blanc crème. Le labelle, qui est grand, est blanc verdâtre à la face inférieure et rose pourpré à la face supérieure; le staminode est pourpre. Le feuillage est beau, large et vigoureux et témoigne d'une crois- sance robuste. » Le croisement inverse avait été exposé le 26 mars sous le nom de C. X Olenus, et figuré dans le Gardcners' Chronicle du 18 mai. Il est beaucoup moins remarquable, et a quelque analogie avec le C. X conco-lawre. CATTLEYA MENDELI DELLENSIS. — Très belle forme ayant les sépales et pétales rose lilacé, les derniers très larges, le labelle ample et bien étalé, portant une forte macule pourpre foncé, et très frangé sur les bords. Exposée à la Temple Show par M. le baron Schrôder. Certificat de i re classe. CATTLEYA MOSSIAE LADY F. WIGAN. - - Forme très remarquable, d'un coloris tendre exquis. Les sépales et les pétales sont blanc pur; le labelle est presque blanc et ne porte, en dehors de la macule jaune vif de la gorge, que des veines pourprées sur le lobe antérieur. Cette variété, exposée à la Temple Show par Sir F. Wigan, a reçu un Certificat de mérite. Max Garniek. LES EXPOSITIONS D ORCHIDEES Les expositions sont le principal événement de la saison actuelle, et nous ne saurions nous dispenser de donner un compte-rendu des deux floralies où les Orchidées étaient le mieux représentées après l'Exposition belge à Bordeaux, dont nous avons parlé dans le précédent numéro du Journal des Orchidées : Le soixantième Meeting de « L'Orchidéenne » Le soixantième meeting, tenu le g juin, a marqué avec un éclat et une splendeur inoubliables l'apogée de la saison, et nous pourrions dire l'apothéose des Orchidées, car jamais les merveilleuses plantes tropicales n'avaient fourni 106 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES un ensemble aussi imposant et aussi enchanteur. Quelques membres du Jury, connaisseurs de très longue date, rappelaient à cette occasion leurs souvenirs, riches de presque toute l'histoire des Orchidées dans ce pays, et n'y trouvaient rien qui fût comparable à cette exposition, dans laquelle nous citerons sommai- rement : Le superbe groupe de M. Ch. Van Wambeke, comprenant vingt-trois variétés d'élite d'Odontoglossum crispum, trois très forts spécimens de Laclia purpiirata, bien fleuris, dix variétés excellentes de Cattleya Mossiae, dont deux ou trois surtout de premier ordre, trois Cattleya Mendeli, également beaux, Odontoglossum Coradinei, Masdevallia Harryana var. et Epidendrum vitellinum ; Le superbe groupe de M. Madoux, dans lequel on admirait sept variétés tout à fait remarquables à' Odontoglossum crispum, onze variétés également méritantes de Cattleya Mossiae, un beau Laclia purpurata, une variété supé- rieure de C. Mendeli, Y Anguloa x Madouxiana, à grandes fleurs très élégam- ment colorées, un Phalaenopsis Luddcmanniana, bien nuancé, etc.; Un très beau Laelia purpurata, de M. Miteau; Deux formes de Cochlioda Nôtdiana, dont l'une constituant une variété distincte, à labelle entier jaune tirant sur l'orangé; le superbe Cattleya maxima Leopoldi, d'un coloris très vif; un Laclia purpurata, à labelle remarquablement sombre, et de bons Cattleya Mossiae, de M. H. Knight, directeur des serres royales de Laeken; Le charmant groupe de M. A. Van Imschoot, comprenant le Cattleya x Al- berti, à grandes fleurs très attrayantes, un beau Laelia grandis tenebrosa, Cattleya Warncri bien fleuri, deux variétés de Masdevallia Harryana, Odontoglossum polyxanthum var., Miltonia Phalaenopsis, bien fleuri, et une variété ^Odonto- glossum crispum, à fleurs très grandes et bien nuancées; Le lot choisi de M. le D r Capart, où figuraient quatre belles variétés de Cattleya Mendeli, dont une presque blanc pur, une autre à pétales blancs bordés de rose; d'excellents Laelia purpurata, un superbe Cypripcdium x sclligerum majus, à pavillon très grand. Une variété très brillamment colorée de Cattleya Mossiae, de M. Varjenevsky; Deux bonnes variétés d' Odontoglossum crispum, dont l'une bien colorée mais de forme étoilée, l'autre bien formée, mais d'un coloris plus ordinaire, et un bel Odontoglossum Pescatorei bien fleuri, de M. De Craene; Deux très bons Cattleya Mendeli, un Cattleya Mossiae bien coloré, et une charmante variété à' Odontoglossum crispum, à fleurs petites, mais d'un rose i6 juin 1895 107 lilacé tout criblé de points et de petites macules brunes, exposés par M. De Lombaerde; Le groupe considérable de M. Linden, comprenant notamment le Cattleya Mendeli Empereur, magnifique variété, à fleurs très amples et très richement colorées que plusieurs membres du Jury déclaraient le plus beau des C. Mendeli, de belles séries de C. Mossiae et C. Mendeli, de Laelia purpurata, de Miltonia vexillaria; Saccolabium ampullacenm, portant quatre tiges florales; Cypripedium ciliolare var . , Ionopsis paniculata, Dendrobium leucolophotum, Compareltia macro- plectron, Acineta ebumea, un très bel Odontoglossum hybride du groupe Wilckeanum, très maculé, Acacallis cyanea, Cirrhopetalum pulchrum, Galeandra Baueri, Sophronitis sp., N anodes Mantini, Bulbophyllum Dearei et B. anceps, Oncidium holochrysum, Cochlioda Nôtzliana, Mormodes pardinum concolor, Vanda Marriottiana. MM. Linden exposaient en outre, dans le pavillon central de la grande galerie, un splendide groupe de 200 plantes comprenant un spécimen de Thunia Marshalliana, richement fleuri, et une série de merveilleuses variétés de Cattleya Mossiae et Laelia purpurata. Il est vraiment regrettable, ainsi que le remar- quaient beaucoup d'amateurs présents, qu'un pareil groupe ne puisse pas être envoyé dans les mêmes conditions à l'une des grandes expositions que font les pays voisins, soit à Paris, soit à la Temple Show de Londres; ce serait une magnifique démonstration de la richesse de l'horticulture belge, et très proba- blement une surprise pour les amateurs étrangers, auxquels un compte-rendu écrit ne peut apporter qu'une impression bien affaiblie; presque chacune des variétés exposées ici mériterait une description détaillée. Le Jury a décidé par acclamation de décerner la plus haute récompense, avec ses félicitations enthousiastes, à ce « groupe hors ligne. » Le Jury était composé de MM. le D r Vouga, de Saint-Aubin (Suisse), pré- sident ; Em. Rodigas, secrétaire; J. Linden, G. Warocqué, F. Kegeljan, G. Miteau, Ch. VanWambeke, Madoux, D r Capart, du Trieu de Terdonck, de Lombaerde et Ch. Vasseur. La « Temple Show » En Angleterre, le great event de la fin de mai est la Temple Show, organisée par la Société Royale d'Horticulture de Londres. Nous en donnerons un compte-rendu résumé d'après le Gardeners' Ch